Josée-Marie Ouellet, artiste-peintre, à son exposition Somme toute, LA première, aux Jardins Millen. (Photo: Anne Marie Parent, JDV)

En cette Journée internationale du droit des femmes, le Journal des voisins (JDV) vous présente Josée-Marie Ouellet, une artiste qui aime peindre des personnages féminins, mais aussi bien d’autres sujets.

Née en Abitibi et résidente de Cartierville depuis 1999, la jeune retraitée de l’enseignement des 30 dernières années est à son tour l’élève qui apprend de nouvelles techniques. Voici le parcours d’une artiste qui se définit selon trois mots issus de ses initiales: Joie – Mouvements – Ouverture.

«Je partage le même sentiment, la même curiosité comme artiste-peintre que lorsque je suis arrivée à Montréal pour d’abord étudier, y faire carrière puis enseigner le tourisme au collégial», raconte Josée-Marie Ouellet.

Josée-Marie Ouellet dans son atelier, à Cartierville. (Photo: Anne Marie Parent, JDV)

Peindre le monde

Le tourisme l’a amenée à une ouverture sur le monde, à la rencontre d’autres cultures. Que ce soit par l’entremise de son travail, en voyage ou par l’observation de l’univers qui l’entoure, l’artiste pose le même regard curieux. «Je suis fascinée par le monde humain, animal et végétal», s’exclame-t-elle.

Parcourant Ahuntsic-Cartierville, qu’elle trouve particulièrement inspirant, elle capte des scènes de vie quotidienne, mais aussi des paysages. «Je suis amoureuse des parcs-nature de l’Île-de-la-Visitation et du Bois-de-Liesse», déclare Josée-Marie, qui fait aussi de la marche et de la course au parc Frédéric-Back avec le club de course inclusif Les pas en forme.

Elle demande parfois à un parent la permission de peindre un enfant croisé dans un parc, ou à des Ahuntsicois qu’elle trouve admirables, comme la marathonienne Joëlle White et le coureur Erick Philippeaux.

Josée-Marie Ouellet (à l’extrême-droite), avec des participantes du club de course Les pas en forme, devant le Café Racer. (Photo: courtoisie Geneviève Gariépy)

Les deux l’ont accueillie chaleureusement dans le club de Café Course Ahuntsic/Racer Café où elle prend plaisir, le samedi matin, à déguster un bon café après son entraînement. Elle aime bien placoter un peu avec les gens du quartier, grande source d’inspiration pour elle!

NDLR: pour connaître le «Café Racer», voir l’article paru dans le Journal des voisins de septembre 2021 à la page 9.

Sujets inspirants

Ses sujets peuvent être aussi les mains d’un pianiste, des animaux ou des fleurs chez des gens, les visages de personnes photographiées au cours des nombreux voyages d’un ami et ancien collègue de travail, Pierre Mathieu, ou autres images provenant de ses propres coups de cœur. Chaque toile a une histoire sur laquelle l’artiste se plaît à «raconter» la vie de ses protagonistes.

Une geisha consacrant sa vie à la pratique artistique raffinée des arts traditionnels japonais, une Padong, communément appelée femme-girafe, aux anneaux dorés métalliques enserrant son long cou, ou encore une danseuse de flamenco, une ballerine, une harpiste dont «les mouvements ont ce petit quelque chose d’aérien», nous confie Josée-Marie.

Josée-Marie Ouellet dans son atelier, à Cartierville. (Photo: Anne Marie Parent, JDV)

Plusieurs de ses «muses» sont peintes de dos. «Il y a une vie derrière elles, plus que si je les présentais de face. C’est la subtilité de l’imaginaire; on peut ainsi mieux essayer de deviner leur histoire.»

Dans le cadre du club de lecture qu’elle a fondé dans le quartier et qu’elle anime tous les trois mois, Josée-Marie est tombée sur un texte d’Eric-Emmanuel Schmitt qui l’a bouleversée, tellement il résumait ce qu’elle ressent (extrait du livre Lorsque j’étais une œuvre d’art):

«Il y a des êtres qui, de dos, nous promettent un secret. Leur nuque, leurs reins, leurs omoplates ont tellement de présence qu’ils nous remplissent d’appréhension. Lorsqu’ils se retournent, ils nous font vivre un coup de théâtre, avec ses risques: risque que nous soyons enthousiasmés, risque que nous soyons déçus.»
Josée-Marie Ouellet, artiste-peintre, devant quelques tableaux de son exposition Somme toute, LA première, aux Jardins Millen. Elle s’est placée face à ses œuvres, donc dos à la photographe, tout comme ses «muses», qu’elle aime peindre de dos. (Photo: Anne Marie Parent, JDV)

Exposition

L’artiste-peintre exposera plus d’une trentaine de toiles du 8 au 31 mars 2024 à la résidence Les Jardins Millen, située dans le quartier d’Ahuntsic, qui accueille à l’occasion des projets collaboratifs. Le Journal des voisins avait par exemple assisté à une pièce de théâtre intergénérationnel avec des élèves de l’école secondaire Sophie-Barat.

«Le vernissage se fera le 8 mars, de 17 h à 19 h. Je trouvais cette date importante, parce que c’est la Journée internationale des droits des femmes, et j’aime beaucoup peindre les femmes. Je serai ensuite présente le 19 mars, de 15 h à 17 h, pour une rencontre avec le public. Ce sera intéressant d’échanger avec les gens sur ce qu’ils voient ou perçoivent dans mes tableaux, de prendre le temps d’expliquer ma démarche.»

Un des murs de l’exposition Somme toute, LA première, par Josée-Marie Ouellet, artiste-peintre, aux Jardins Millen, du 8 au 31 mars 2024. (Photo: Anne Marie Parent, JDV)

Projets futurs

Josée-Marie caresse le rêve d’accueillir des visiteurs dans son atelier et même d’ouvrir un café-galerie. «Durant la grève des écoles, un ami est venu avec ses deux petits-enfants Adrien et Christophe, âgés respectivement de 5 et 6 ans. Ils sont restés une heure et demie! Parfois ils passaient tout droit devant certaines peintures, ou au contraire ils s’arrêtaient devant d’autres toiles pour en discuter.»

Elle a pu vivre une expérience similaire de portes ouvertes très inspirante lors des Journées de la culture en septembre dernier. Elle a visité Verre Vert, l’atelier de Marie-Odile Lépine, une artiste recycleuse du quartier Ahuntsic.

«C’est ce genre d’activités que je souhaiterais animer à mon atelier un jour», assure-t-elle, parmi d’autres idées qui lui trottent dans la tête, dont celles d’associer son art à divers commerces ou entreprises locales.

Ce texte de la chronique Belle rencontre a été publié dans la version imprimée du Journal des voisins, le Mag papier de février-mars 2024, à la page 24.



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