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(Photo : Archives JDV)
Scalabrini
Le sort du Centre Scalabrini situé dans l’ancienne église Ste-Rita, rue Sauriol, demeure incertain. (Photo: jdv P. Rachiele)

La situation n’est pas rose pour le Centre Scalabrini de Montréal pour réfugiés et immigrants qui offre divers cours  et services tout en abritant dix personnes dans des chambres servant à l’accueil des réfugiés. Comme journaldesvoisins.com vous l’avait annoncé, l’organisme a été invité à déménager de l’endroit même où son œuvre a commencé il y a 15 ans afin de livrer le lieu stratégique à des promoteurs, dit-on.

Le Centre est fort bien localisé, situé dans l’ancien presbytère de l’Église Sainte-Rita, sur la rue Millen, au coin de Sauriol, à cinq minutes à pied du métro Sauvé.

Et cette belle localisation a de quoi faire saliver des promoteurs anxieux de s’emparer de terrains qui se font rares, surtout à quelques minutes à pied du métro, du parc Ahuntsic  et de la Promenade Fleury.

Le bâtiment (et l’église juste à côté) est la propriété des missionnaires scalabriniens de New-York, depuis 2002.

Le Centre Scalabrini, qui occupe entre autres l’ex-presbytère et loue des espaces (sous-sol de l’église, stationnement) est géré par une équipe dirigée par son fondateur Miguel Arévalo, ex-réfugié du Salvador lors de la guerre civile qui a fait rage entre 1980 et 1992.

L’école Fernand-Seguin (de l’autre côté de la rue) et même l’arrondissement y loue des locaux pour des activités de loisirs.

Or, les missionnaires scalabriniens veulent vendre leur patrimoine. Ils ont, selon M. Arévalo, le droit de mettre un terme au bail avec son équipe avec un avis de 30 jours.

Les missionnaires, admet toutefois M. Arévalo, continuent de soutenir son équipe. Mais pour combien de temps?

« Je reconnais, a-t-il dit, que les Pères nous ont aidés. Mais nous sommes intégrés ici dans Ahuntsic-Cartierville depuis 15 ans, et au sein de la société québécoise, poursuit-il. Nous ne voulons pas recommencer tout ça ailleurs.»

Mais l’endroit suggéré pour un transfert «partiel» est l’église Notre-Dame-de-Pompei, dans l’est de l’arrondissement (dans le giron de Sauvé-St-Michel). De l’espace pour les bureaux, mais sans l’hébergement.

Le Centre doit maintenant mettre les bouchées doubles pour dénicher un autre lieu. Une campagne de financement sera lancée bientôt et des pressions sont exercées sur les politiciens de l’arrondissement.

Des élus de l’arrondissement ont fait parvenir une lettre aux missionnaires scalabriniens de New-York à  ce sujet tout en donnant leur appui aux administrateurs et à l’équipe de gestion qui veut rester sur les lieux.

La conseillère Émilie Thuillier suit de près ce dossier.

« Il ne peut y avoir d’autres choses à cet endroit. On ne peut pas y faire n’importe quoi », a-t-elle affirmé au journaldesvoisins.com au lendemain d’une rencontre à l’arrondissement entre la direction du centre et les élus Émilie Thuillier et Pierre Gagnier, notamment, pour faire le point.

Jusqu’à présent, rien n’a été déposé à l’arrondissement pour exiger des changements de vocation (zonage, usage des lieux, etc.). Mais il n’y a pas de fumée sans feu.

Pour certains, l’endroit (sur Sauriol, entre Durham et Millen) a une valeur patrimoniale et un éventuel promoteur immobilier ne pourra pas faire ce qu’il veut avec les bâtiments et les terrains dont un sert présentement de stationnement payant, le métro Sauvé étant à proximité.

Pour l’organisme, un déménagement ne serait pas chose si simple.

Déjà, parallèlement à ce dossier, il y a celui de Solidarité Ahuntsic qui risque de perdre ses locaux (d’ici 16 mois?), nous a rappelé Mme Thuillier. Journaldesvoisins.com a d’ailleurs brossé récemment un portrait des inquiétudes que vivent les organismes communautaires d’Ahuntsic à l’heure actuelle.

L’organisme parapluie (chapeautant une quinzaine de groupes  communautaires) pourrait être forcé de quitter l’ancienne école qu’elle occupe près du métro Henri-Bourassa pour cause de reprise des lieux par la Commission scolaire de Montréal (CSDM), en quête de locaux alors que sa clientèle augmente sans cesse.

Petite histoire

Pour la petite histoire, sachons que plusieurs personnes ayant pour  mission l’intégration des réfugiés, aidées de la congrégation des Missionnaires scalabriniens, décidaient en 2001 de relancer les activités de l’église Sainte-Rita et son presbytère «abandonnés».

Grâce à du financement obtenu ici et là,  on a pu mettre sur pied une foule d’activités comme implanter un centre informatique, une clinique juridique, un centre de de formation (cours en français, anglais, espagnol et italien) tout en accueillant une dizaine d’immigrantes au centre d’hébergement.

L’organisme communautaire affirme que plus de 2000 personnes immigrantes ont suivi des cours «pour mieux s’intégrer à la société québécoise».


À suivre dans le dossier du Centre Scalabrini:

  • Le rôle du conseil d’administration (laïcs-religieux)
  • Teneur des discussions entre les propriétaires religieux étrangers, des représentants de la Ville, et des promoteurs…


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