(Photo : Julien Gauthier Mongeon)
(Photo : Philippe Rachiele)

Les travaux sur Gouin, entre les rues Verville et Meunier, qui ont commencé après Pâques seront terminés pour septembre. Récemment, des citoyens des environs ont été surpris de constater que des bordures de trottoir en granit poli allaient être installées pour compléter les trottoirs en ciment.      

Consultée par journaldesvoisins.com ainsi que par la conseillère du district d’Ahuntsic, Émilie Thuillier, la Ville-Centre assure que la rue sera reconstruite à l’identique.

Mais à vue de nez, la chaussée semble plus étroite depuis que les bordures de granit ont été installées de chaque côté de la rue. C’est ce que n’ont pas manqué d’observer certains résidants qui ont décidé de prendre des mesures pour en avoir le cœur net.

Des résultats étonnants

C’est après s’être fait dire par les employés du chantier, et par la Ville-centre, que la rue serait reconstruite à l’identique que les résidants sont passés de la parole aux actes. Le doute a alors rapidement laissé place à l’étonnement.

« Nous avons décidé, moi et d’autres voisins, de prendre un mètre à mesurer et de mesurer la largeur de la rue. Nous avons mesuré la largeur de la chaussée entre la bordure de trottoir côté sud et la bordure de trottoir côté nord de la rue. Nous sommes arrivés à une largeur de 6,6 mètres, explique Suzanne Lefebvre, l’une des quelques résidants sceptiques qui ont décidé d’effectuer les mesures. En comparaison, la chaussée qui ne fait pas encore l’objet de travaux (ndlr: plus loin sur Gouin) mesure pour sa part 7,04 mètres. Il y a donc une différence de 17,7 pouces (44 cm) entre la rue en reconstruction et le reste de la rue à l’est de Jeanne-Mance. »

À cette largeur, les plus gros véhicules tels que les ambulances et les autobus qui arrivent en sens contraire vont parfois devoir se frôler.

« Pour emprunter la rue lorsqu’il n’y a pas d’autres véhicules venant dans le sens contraire, il n’y a aucun problème. Par contre, s’il y a une ambulance ainsi qu’un autobus qui se rencontrent, il y a très peu d’espace pour manœuvrer », précise Mme Lefebvre.

D’autres gros véhicules tels que les camions de pompiers passent régulièrement à cette hauteur du boulevard, et ils devront jouer du coude pour pouvoir se frayer un chemin.

Les mesures

Vérification faite auprès d’Urgences-santé, la largeur d’une ambulance est de 2,9 mètres avec les rétroviseurs. Les camions de pompier avec citerne et avec échelles qui empruntent régulièrement le boulevard Gouin Ouest sont d’une largeur de 2,54 mètres, affirme Geneviève Dubé, relationniste aux affaires publiques de la Ville.

Pour les autobus, la largeur est au minimum 2,6 mètres sans les rétroviseurs.

La Ville-Centre reconnaît que la largeur de la rue est bien de 6,6 mètres et soutient que cette distance est suffisante pour permettre la circulation des gros véhicules.

« Concernant les travaux en cours, je confirme que la nouvelle emprise fera 6,6 mètres de large après la fin des travaux, ce qui sera amplement suffisant et sécuritaire pour laisser passer tous les camions du Service de sécurité incendie de Montréal (SIM). Cette largeur répond également au règlement de l’agglomération RCG12-003 – Règlement sur le service de sécurité incendie », explique Mme Dubé.

Conclusion : la rue ne semble pas être refaite à l’identique comme l’ont affirmé les responsables du chantier et la Ville-centre.

Si la Ville soutient que les camions du SIM pourront facilement passer, Mme Lefebvre ainsi que les autres résidants du secteur demeurent sceptiques.

« Nous avons un doute très profond. On nous a tout d’abord dit qu’il n’y aurait pas de changementss’étonne-t-elle. Maintenant que la largeur de la rue est moindre, c’est difficile de croire que les gros véhicules pourront facilement passer. En ce moment, les camions sur le chantier de construction ne peuvent passer sans devoir être guidés. Ce n’est pas rassurant. »

Du ciment ou du granit?

Concernant les bordures de trottoirs en granit qui sont posées sur la nouvelle configuration du boulevard, selon la Ville-centre, bien qu’il soit plus dispendieux que le ciment, le granit dure néanmoins plus longtemps et est réutilisable. Ce sont les raisons évoquées par la Ville pour justifier son utilisation de plus en plus répandue.

« Le léger supplément de coût que représente l’utilisation du granit est rapidement compensé, car une bordure de granit a l’avantage d’être récupérable et réutilisable. De plus, le granit possède une performance supérieure en contexte hivernal lors des opérations de déneigement face aux équipements lourds qui endommagent grandement les bordures standards en béton », explique Natalie Valade, chargée de communication à la Ville de Montréal.

En bref, selon la Ville, la durée de vie plus longue du granit fait en sorte qu’il est plus résistant et coûte moins cher d’entretien que le ciment.

Rencontré par journaldesvoisins.com, un spécialiste en construction soutient que peu de matériaux sont épargnés par les camions de déneigement qui mettent à rude épreuve tant les bordures en ciment que celles en granit.

À titre comparatif, la Ville de Washington paye 45 $ américains par pied linéaire pour ses bordures en granit. Un pied linéaire de ciment coûte près de la moitié du prix, soit 25 $.

Sachant que la capitale américaine ne connaît pas la rigueur de nos hivers, et que, par conséquent, leurs camions de déneigement ne passent pas aussi régulièrement que dans nos rues, il est légitime de se demander s’il vaut la peine de payer plus cher pour l’aspect esthétique du granit.

Consulté par journaldesvoisins.com, un ingénieur qui travaille pour la Ville explique pour sa part que les bordures de granit résistent mieux à l’abrasion et que leurs contours irréguliers font que les dommages causés par les camions de déneigement sont moins apparents.

« Comme les côtés sont irréguliers, on remarque moins les dommages causés et cela préserve l’aspect esthétique du matériau. Et le granit lui-même est un matériau qui dure trois fois plus longtemps que le béton », explique-t-il.

Qui effectue les travaux?

Les bordures de granit ont déjà commencé à être installées, première étape en vue de l’aménagement de la piste cyclable (Photo: Philippe Rachiele)

L’an dernier, un appel d’offres était lancé en vue des travaux à réaliser à l’ouest du boulevard Gouin. Sur le site officiel d’appel d’offres du gouvernement du Québec (SEAO), on apprend que le contrat de 3 176 331,54$ a finalement été décerné à l’entreprise Les Pavages D’Amour Inc, société localisée à Dorval.

Récemment, la Ville mettait fin au contrat de déneigement de l’entreprise qui a connu plusieurs ratés dans l’arrondissement du Sud-Ouest. L’hiver dernier, des bancs publics et des bornes d’incendie ont été endommagés par les camions de déneigement de l’entreprise.

Nature des travaux

Les travaux menés dans cette portion du boulevard Gouin visent à reconstruire les égouts et les aqueducs sur une longueur de 967 mètres. De plus, on prévoit l’ajout d’une conduite d’égout sur une longueur de 160 mètres ainsi que le remplacement de conduites d’eau sur une distance de 560 mètres.

Les entrées charretières (pour que les résidants aient accès à leur «entrée de garage») qui seront aussi faites de granit seront réalisées en usine. « La mise en forme des entrées charretières est réalisée en usine et sa mise en place sur le site ne pose pas de problème de solidité.  Le granit est plus solide que le béton. Pour cette raison, il convient très bien à la réalisation d’une entrée charretière », explique Mme Valade.

(Photo: Philippe Rachiele)

 

 

 

 

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