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Journée mondiale sans tabac

Cesser de fumer au CLSC Ahuntsic

Publié le 31/05/2019
par Jules Couturier

Nathalie Larouche et Denis Blondeau. Photo: JDV, Jules Couturier

On estime à 19 % la proportion de la population d’Ahuntsic-Cartierville qui fume, ce qui correspond à peu de choses près au pourcentage de fumeurs pour l’ensemble de Montréal. Il y a cinq ans, Denis Blondeau, résidant de l’arrondissement, en faisait partie. Ce n’est plus le cas aujourd’hui grâce à sa rencontre avec l’infirmière clinicienne Nathalie Larouche qui travaille au centre d’abandon du tabagisme du CLSC Ahuntsic.

À l’occasion aujourd’hui de la journée mondiale sans tabac, journaldesvoisins.com a rencontré l’infirmière et son ancien patient, réunis pour souligner ses cinq ans de sevrage à lui… et son départ à la retraite à elle!

Une rencontre fortuite

Denis Blondeau souffre de la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC). C’est une maladie dégénérative incurable qui nuit à la capacité de respirer normalement. Quelque 80 % des gens qui ont cette maladie la doivent à leur tabagisme.

À la suite de son diagnostic, il a d’abord été suivi par un pneumologue à l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal. À l’époque, il n’y avait pas d’infirmière assignée au suivi de l’arrêt du tabagisme au centre hospitalier. Le patient a donc été redirigé au CLSC où il a été référé à Mme Larouche.

« C’est à ce moment que j’ai été pris sous les ailes d’un ange », dit-il en riant.

Un pas à la fois

Nathalie Larouche travaillait depuis huit ans et demi au centre d’abandon du tabac du CLSC d’Ahuntsic. Au moment où vous lirez ces lignes, elle aura mis le cap sur la retraite.

Le travail de Mme Larouche consistait à suivre les patients durant leur processus d’arrêt du tabagisme. À chaque rencontre, elle faisat un suivi, elle donnait des conseils. L’important pour elle était de mettre en lumière les bons coups de ses patients et de les encourager. Par exemple, si un patient passe de 25 à 15 cigarettes par jour d’une rencontre à l’autre, il sera félicité même si l’objectif n’est pas encore atteint.

« Certains patients viennent me voir une fois, pour obtenir de l’information, et c’est tout. Il y en a d’autres que je vois plus de 20 fois. C’est variable d’un patient à l’autre », nous disait l’infirmière à l’occasion de son dernier jour de travail au CLSC.

Denis Blondeau et Nathalie Larouche se sont vus pendant huit mois à une fréquence d’une fois par mois.

« Ce que j’aimais dans l’approche de Mme Larouche, c’est son caractère motivationnel. À chaque rencontre, elle m’encourageait et me félicitait pour chacun de mes petits pas », témoignait M. Blondeau.

L’importance du counseling

Nathalie Larouche se dit particulièrement stimulée par les interactions avec les gens. Elle est fière de constater le progrès de ses patients à travers leurs discussions.

« La dépendance à la nicotine n’est pas seulement physique. La dimension psychologique et les habitudes constituent 90 % du problème du tabagisme. Le counseling est la clef de voûte. Il double les chances de réussir à arrêter de fumer », dit-elle.

Selon Séléna Champagne, porte-parole du CIUSSS du Nord-de-l’Île, Nathalie Larouche a aidé 370 personnes à arrêter de fumer au cours de la dernière année au Centre d’abandon du tabagisme d’Ahuntsic et Montréal-Nord.

Et pour ceux et celles que l’idée «d’écraser» intéresserait, sachez que Nathalie Larouche est remplacée par une autre intervenante qui est déjà entrée en poste au CLSC.