Manifestants devant l’Hôpital du Sacré-Coeur, vendredi 8 octobre. À gauche du travailleur avec un chandail rouge, on aperçoit Simon Van Vliet, journaliste au JDV, en entrevue avec l’un des membres du syndicat. (Photo: JDV Philippe Rachiele)

Pour la deuxième semaine consécutive, le nombre de nouveaux cas de COVID-19 était en forte baisse dans l’arrondissement, mais les hospitalisations ont encore augmenté.

S’il demeure parmi les arrondissements qui comptent le plus de cas, Ahuntsic-Cartierville est aussi l’arrondissement qui a enregistré le plus fort ralentissement du nombre de nouveaux cas depuis deux semaines, selon le rapport hebdomadaire de la Direction régionale de la santé publique (DRSP).

La circulation du virus en baisse

Avec 69 nouveaux cas confirmés depuis une semaine, le taux d’incidence est plongé à son niveau le plus bas depuis la fin de l’été. À 51,4 cas par 100 000 habitants, il est pratiquement identique au taux qui prévaut dans l’ensemble de la métropole, soit 49,38 cas/100 000.

Bordeaux-Cartierville, Saint-Sulpice-Est et Saint-Sulpice-Ouest affichent des taux d’incidence supérieurs à la moyenne, avec respectivement 81,12; 84,72; et 72,24 cas/100 000. Bordeaux-Cartierville est toutefois le secteur ayant enregistré le plus fort recul du nombre de nouveaux cas dans les deux dernières semaines à Montréal.

Dans l’ensemble de l’arrondissement, le taux de positivité s’élève à 4%. Il demeure donc légèrement supérieur à celui qui prévaut à Montréal (3,7 %), mais poursuit sa tendance à la baisse.

Cette baisse n’est pas attribuable à un ralentissement du dépistage, assure la DRSP.

« Une baisse du nombre de dépistages entraîne naturellement une baisse du taux d’incidence (moins on cherche, moins on trouve), ce qui entraîne habituellement une hausse du taux de positivité. Dans le cas d’Ahuntsic Cartierville, le fait que le taux de positivité soit aussi à la baisse nous laisse croire qu’il y a probablement une réelle baisse de la circulation du virus dans la communauté », fait savoir le porte-parole de la santé publique montréalaise, Jean-Nicolas Aubé.

Cette baisse se reflète notamment dans les écoles de quartier. Le nombre de cas dans les écoles du quartier avait pratiquement fondu de moitié cette semaine, selon les données fournies par le Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM). Au total 16 élèves et un membre du personnel étaient infectés en date du 6 octobre, alors qu’on rapportait une trentaine de cas la semaine dernière.

La majorité des écoles du quartier demeurent encore inscrites sur la liste de la collecte quotidienne du ministère de l’Éducation, mais on rapportait peu de nouveaux cas ou de nouvelles écoles s’ajoutant à la liste cette semaine.

Si la tendance est donc clairement à la baisse au chapitre des nouveaux cas, les hospitalisations ont pour leur part suivi la trajectoire inverse.

Hospitalisations en hausse

Au total, 34 personnes étaient hospitalisées dans les hôpitaux du Nord de l’Île en date du 7 octobre, dont 9 étaient aux soins intensifs. Cette hausse de 30 % par rapport à la semaine dernière est en partie imputable à une éclosion à l’hôpital Jean-Talon, où une dizaine de personnes étaient hospitalisées jeudi en lien avec la COVID-19, selon les statistiques quotidiennes publiées par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS).

Mardi, le rapport sur les éclosions actives de la DRSP faisait état d’une nouvelle éclosion comptant une demi-douzaine de cas dans un centre hospitalier du Nord de l’Île. Une source indique qu’une éclosion s’est effectivement déclarée à Jean-Talon, mais le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Nord-de-l’Île-de-Montréal n’avait pas confirmé l’information au moment de publier.

Les importantes éclosions en milieux de vie et de soins pour aînés qui s’étaient déclarées le mois dernier semblent être en voie de se résorber. Il n’y avait plus aucun cas actif au manoir Gouin en date du 7 octobre, mais les données du MSSS indiquent que pas moins de six décès sont liés à cette éclosion.

Au CHLSD Notre-Dame-de-la-Merci, on ne comptait plus qu’une poignée de cas actifs et aucun décès n’a été déclaré en lien avec l’éclosion qui s’était déclarée dans la résidence à la mi-septembre.

« Maintenant, les patients qui sont atteints de COVID ne seront plus déplacés », indique Jean-François Dubé, président du Syndicat des travailleuses et travailleurs du CIUSSS (STT-CIUSSS-NIM) en entrevue au JDV.

Vaccination obligatoire : les syndicats inquiets

En marge d’une conférence de presse du ministre de la Santé, Christian Dubé, tenue à Sacré-Cœur vendredi (ndlr: voir notre texte sur l’inauguration du nouveau centre de traumatologie et de l’unité mère-enfant la semaine prochaine), le STT-CIUSSS-NIM et la FIQ ont tenu à manifester leurs inquiétudes concernant l’impact de la vaccination obligatoire du personnel de la santé sur les effectifs.

« On est déjà en sous effectifs depuis plusieurs, plusieurs années. Présentement, avec ce qui s’en vient on craint possiblement des bris de services », déplore Luc Ouellet, représentant du STT-CIUSSS-NIM.

Le ministre de la Santé reconnait que les impacts de la mise en congé sans solde du personnel non-vacciné seront « très importants », mais maintient l’échéance du 15 octobre. Il souligne que le Ministère présentera un plan de contingence la semaine prochaine à cet effet.

Le CIUSSS n’avait pas donné suite à notre demande à savoir combien d’employés non-vaccinés pourraient être renvoyés à la maison à la fin de la semaine prochaine et si un plan de contingence était prévu.

« On peut constater qu’il y a pas mal d’improvisation, là-dedans. On va arriver au 15 et puis il va manquer plusieurs employés », prévoit Jean-François Dubé.

Même son de cloche du côté des membres de la FIQ interviewés par le JDV qui soulignent qu’il arrive déjà que les infirmières soient déplacées d’un service ou d’une unité à l’autre pour pallier la pénurie de personnel.

« Si la solution était simple on l’aurait déjà appliquée », rétorque le PDG du CIUSSS, Frédéric Abergel.

Il souligne que des efforts de recrutement portent leurs fruits, notamment pour doter des postes au nouveau centre de traumatologie et à l’unité mère-enfant qui ouvriront bientôt leurs portes à Sacré-Cœur.



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