Quand j’ai proposé à notre rédactrice en chef de souligner l’arrivée du « nouveau » journaldesvoisins.com en préparant un texte sur l’histoire des médias en ligne, je ne réalisais pas dans quel engrenage je mettais le doigt…

Ceux qui ont affaire au Web et à l’Internet sur une base régulière savent probablement déjà de quoi je parle. Pour les autres, laissez-moi vous confier un secret : Internet est le royaume du chaos. Une gigantesque masse grouillante d’informations, sans classement ni documentation globale. Disons que ça rend la recherche laborieuse et la certitude douteuse!

Tout ça pour dire qu’il serait donc bien difficile d’affirmer avec exactitude quel aura été le premier véritable média en ligne. Plusieurs ont probablement existé sous toutes sortes de formes, dès les débuts d’Internet, mais ils n’auront pas fait assez de vagues pour que l’histoire retienne leur existence.

L’ancêtre

L’un des plus vieux exemples concrets remonte à la préhistoire d’Internet, en l’an de grâce 1980… À l’époque, un des premiers fournisseurs Internet commercial, Compuserve, s’associe à l’agence Associated Press afin de lancer un projet expérimental qui permettrait à ses clients de lire les articles de plusieurs grands journaux américains directement sur l’écran de leur TRS-80 ou de leur Apple 2 (ça réveille de vieux souvenirs?).

Le premier journal à publier ses textes en ligne par le biais de Compuserve sera le Columbus Dispatch. Mais le projet a aussi attiré plusieurs autres gros joueurs : le Washington Post, le New York Times, le Los Angeles Times

Malgré ses débuts prometteurs, l’expérience de Compuserve prend fin deux ans plus tard. D’autres entreprises technologiques mèneront par la suite des projets du même genre, mais il faudra attendre une dizaine d’années avant d’assister à la naissance des médias en ligne tels que nous les connaissons aujourd’hui.

De nouvelles possibilités

Durant les années 90, le développement du protocole html donne naissance au volet le plus utilisé d’Internet : le World Wide Web. C’est aussi à cette époque qu’Internet fait son entrée dans les foyers. Les grands journaux retrouvent leur intérêt pour la publication en ligne, qui leur offre alors plus de possibilités sans dépendre de partenaires comme Compuserve ou AOL.

Mais les ligues majeures ne seront pas les seules à profiter des nouvelles technologies! Grâce au Web, un nombre toujours grandissant de médias plus marginaux ou possédant moins de moyens se voient offrir le même potentiel de diffusion que les géants de la presse.

Au tournant du millénaire, l’apparition de nouveaux médias se fait de plus en plus directement en ligne. Un bon exemple de ce phénomène est le Huffington Post. Créé en 2005 sous forme de blogue politique, il gagne rapidement en popularité, notamment grâce à la participation bénévole de plus de 1600 bloggers, dont plusieurs politiciens et artistes américains bien connus. De fil en aiguille, le Huffington Post multiplie les extraits de nouvelles en collaboration avec d’autres médias et couvre un nombre toujours croissant de sujets. En 2011, on commence à voir apparaître des éditions régionales un peu partout dans le monde. L’année suivante, ce journal qui n’aura jamais publié de version imprimée reçoit même un prix Pulitzer.

De retour chez nous…

Au Québec, évolution oblige, les médias doivent eux aussi faire le grand saut. La majorité de nos journaux ont d’ailleurs maintenant leur version en ligne. La Presse est allée encore plus loin avec La Presse Plus, une édition interactive destinée aux tablettes numériques. Devant le succès de cette nouvelle plate-forme de diffusion, le quotidien montréalais a même décidé de mettre fin à la publication de son édition imprimée en semaine.

Plus personne ne doute aujourd’hui que l’avenir des médias se trouve en ligne. Mais si le Web offre autant de possibilités, il pose aussi un nouveau défi : éviter que la forme ne prime sur le contenu.

NDLR: Cette chronique de notre collaborateur François Barbe reviendra une fois par mois. Si vous avez des idées ou des questions quant à la thématique  des arts et médias technologiques, n’hésitez pas à adresser vos questions par courriel à l’attention de François Barbe, à journaldesvoisins@gmail.com.

 

 

 

 

 


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