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« Découvertes majeures » au Fort-Lorette, désormais site classé !

Publié le 22/06/2018
par Hassan Laghcha

Une ouvrière membre de l’équipe de fouilles d’Arkéos passe au tamis d’autres fragments de roches et de sable pendant que le conseiller du Sault-au-Récollet, Jérôme Normand, et la ministre de la Culture, Marie Montpetit, l’observent. (Photo: jdv P. Rachiele)

Soulagement chez les défenseurs du patrimoine historique d’Ahuntsic-Cartierville. Le gouvernement du Québec a décidé le classement du site archéologique de Fort Lorette et la désignation du cœur de l’ancien village du Sault-au-Récollet comme lieu historique en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel.  Ces deux grandes nouvelles fort attendues ont été annoncées jeudi 21 juin, par la ministre de la Culture Marie Montpetit, lors d’une conférence de presse au cours de laquelle a été dévoilé le rapport de la firme Arkéos concernant des fouilles archéologiques effectuées sur le site de Fort-Lorette et qui ont permis de faire des « découvertes majeures » et notamment l’emplacement du fameux fort, qui n’avait jamais été trouvé à ce jour. Compte-rendu.

En mettant l’accent sur le caractère « exceptionnel» des premières découvertes faites sur le site de Fort-Lorette et leur grande signification historique, et notamment en ce qui concerne la résolution de l’énigme de l’emplacement exact du fort, la ministre Marie Montpetit, députée de Crémazie, a étayé les raisons qui justifient la décision de lancer une deuxième phase de fouilles déjà en cours.

« Le site présente un immense potentiel de recherche, vu les nombreuses sections qui restent à explorer, a-t-elle indiqué. Cette nouvelle phase ouvre une fenêtre remarquable sur la vie de l’époque des missions autochtones, mais également sur la colonisation de Montréal dans son ensemble.»

Lieu de fouilles déjà en marche sur le site. (Photo: jdv P. Rachiele)

Évoquant la nature des découvertes faites au cours des fouilles de 2017, et notamment les riches collections d’objets associés au second établissement de la mission autochtone des Sulpiciens sur l’Île de Montréal à la fin du 17e siècle et au début du 18e siècle, Mme Montpetit a affirmé qu’il est primordial de préserver ce lieu témoin de l’histoire et qui présente « un intérêt patrimonial unique pour ses valeurs historiques et archéologiques ». Sur ce, Mme Montpetit a annoncé le classement du site archéologique de Fort Lorette, en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel.

« Cette démarche de classement vient assurer la protection, la mise en valeur et la transmission de ce site patrimonial aux générations futures », a expliqué la ministre.

Troisième lieu historique !

La deuxième grande annonce faite par Marie Montpetit a été la désignation du cœur historique du Sault-au-Récollet comme lieu historique, ce qui en fait le troisième lieu historique du Quebec.

Les éléments de patrimoine à la fois religieux, industriel et architectural que renferme ce cœur historique le classent parmi les plus anciens établissements de la Ville de Montréal.

Intérieur de l’Église de la Visitation, récemment rénovée (Photo: jdv P. Rachiele)

D’abord fréquenté par les autochtones, il est l’un des premiers sites visités par les explorateurs et les missionnaires français. Il conserve à ce jour de nombreuses traces de l’évolution du quartier, notamment la présence de la plus ancienne église de Montréal, l’église de la Visitation-de-la-Bienheureuse-Vierge-Marie.

Pour sa part, le conseiller de de ville du district du Sault-au-Récollet, Jérôme Normand, tout en se réjouissant de ces bonnes nouvelles concernant la préservation du patrimoine historique du quartier,  a rappelé l’importance de la récente décision de la Ville de Montréal d’acquérir l’immeuble du 12375, rue du Fort-Lorette au coût de 4,9 millions $ pour la protection du patrimoine archéologique que renferme le terrain du site.

« En collaboration avec l’arrondissement, il y a un projet de mise en valeur qui est initié du même souffle. Et ce en réponse aux attentes de la population, notamment en ce qui a trait à la protection de l’environnement et la conservation du milieu naturel et patrimonial », a-t-il annoncé.

Lors de cette conférence de presse, Marie-Claude Brien, archéologue à la firme Arkéos, a expliqué le déroulement des fouilles archéologiques et a donné un aperçu du contenu du rapport qui présente les résultats des recherches, lesquelles ont mené à la découverte des vestiges de Fort-Lorette.

À noter que les recherches ont notamment permis la découverte de 11 vestiges immobiliers rattachés à l’occupation de Fort-Lorette, dont trois anciennes tranchées ayant été interprétées comme des portions de la palissade de pieux de bois du fort et à un aménagement intra-muros possiblement relié à un bâtiment de bois ou à une clôture.

Artéfacts découverts durant les fouilles du printemps 2017 (Photo: jdv P. Rachiele)

Les fouilles ont permis également de mettre au jour une riche collection d’artefacts de la fin du XVIIe siècle et du début du XVIIIe siècle, dont des céramiques caractéristiques, des fragments de pipe à fumer, un élément de métal cuivreux pouvant être associé à la transformation d’un chaudron en objets prisés par les autochtones et des perles de traite de toutes sortes.

Cœur du Sault: explications

Le fait que le cœur de l’ancien village du Sault-au-Récollet soit désigné comme lieu historique en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel n’ouvre pas la porte à des exigences spécifiques pour les résidants-propriétaires puisque, a répondu Mme Montpetit à une question du jdv, l’arrondissement a déjà des règles strictes pour la construction et les modifications des bâtiments sur ce territoire.

Cette désignation ne s’accompagne pas automatiquement non plus d’espèces sonnantes et trébuchantes aux fins, par exemple, de rénovation à l’identique, par exemple, sauf que, a précisé la ministre, cette désignation pourrait permettre à des citoyens et des organismes, le cas échéant, de se prévaloir de programmes déjà existants pour le patrimoine bâti classé et désigné comme lieu historique.

Capsule temporelle relativement plus récente.

Anecdote: Une capsule temporelle a également été trouvée sur le site qui ne date évidemment pas de l’époque de la Nouvelle-France, puisqu’elle contenait un code-barre. Les responsables ont mentionné que l’autorisation de l’ouvrir serait demandée à la communauté des Sœurs de la Miséricorde.

Pour prendre connaissance du rapport de l’inventaire archéologique du site de Fort Lorette, cliquez ici.

Avec la collaboration de Philippe Rachiele.

Pour voir plus de photos, prenez connaissance du reportage-photos, signé Philippe Rachiele, du jdv, plus bas:

Plan au site du Fort-Lorette projeté (en rouge), selon les découvertes lors des fouilles, superposé sur les bâtiments actuels du site (en bleu).

Artéfacts découverts sur le site, dont quelques photos avaient déjà été présentées à l’occasion de la récente présentation sur le Parcours Gouin à la résidence des Jardins Millen.

Artéfacts découverts.

Photos d’artéfacts découverts et artéfacts sous verre dont prend connaissance un membre de la Société d’histoire d’Ahuntsic-Cartierville, Jacques Lebleu (à droite).

 

Deuxième lieu de fouilles au Fort-Lorette.

D’autres fouilles sont déjà commencées.

 

Marie Montpetit lors de son allocution.

 

Marie-Claude Brien, l’archéologue responsable du site des fouilles pour Arkéos.

 

Le conseiller Jérôme Normand et la ministre Marie Montpetit présente un document officiel du classement durant la conférence de presse.

 

Jérôme Normand, conseiller de ville du district du Sault-au-Récollet.