Des bornes bleues pour décorer le paysage?

Deux des 530 bornes d'incendie bleues (Photo : Philippe Rachiele, JDV)

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Vous avez remarqué les bornes bleues à certains endroits dans Ahuntsic ? Elles sont jolies, mais n’ont pas été placées là par hasard ni pour être contemplées quand vous marchez… Quelle est donc est leur utilité ?

Deux des 530 bornes d'incendie bleues (Photo : Philippe Rachiele, JDV)
Deux des 530 bornes d’incendie bleues (Photo : Philippe Rachiele, JDV)

Ces bornes bleues sont destinées à un usage bien précis. Et non, elles ne servent pas seulement à agrémenter le paysage… Ce sont des bornes d’incendie pour le réseau du métro.

Selon Renaud Martel-Théorêt, porte-parole de la Société de transport de Montréal (STM), les bornes bleues sont des « raccords-pompier » qui permettraient d’augmenter le débit en eau dans le réseau souterrain du métro dans l’éventualité d’un incendie. On en compte 530 tout au long des rues desservant le métro de Montréal ainsi que des garages des rames de métro.

Chacune de ces bornes relie deux points d’eau dans le réseau souterrain du métro. En surface, leur utilisation nécessite un camion de pompier qui relie les bornes d’incendie bleues aux bornes d’incendie rouges traditionnelles situées à proximité. Les services de sécurité incendie peuvent ensuite actionner les pompes du camion pour acheminer l’eau de la borne rouge à la borne bleue, puis sous terre.

Deux incendies

Rappelons que le 9 décembre 1971, un opérateur d’une rame de métro est décédé à la suite d’une collision entre deux rames de métro à la station Henri-Bourassa. Selon le Service de sécurité incendie de Montréal, les deux équipes de pompiers qui se sont engagées dans le tunnel au début ont dû rebrousser chemin en raison de la fumée âcre et très intense. [NDLR Article sur l’ajout de ventilateurs plus puissants dans le métro.] À cette époque, il n’y avait aucun accès à l’eau dans le tunnel même. Les pompiers ont donc dû descendre les boyaux par les escaliers du métro.

Sur le site du Service de sécurité incendie de Montréal qui relate l’événement, on peut lire que « mille pieds (300 m) les séparent du foyer d’incendie ». Ce ne fut donc pas une mince affaire que d’éteindre l’incendie qui avait cours. La chaleur intense a causé des détachements de morceaux de béton, la destruction de quatre rames de métro, et l’éclatement de 248 pneumatiques des wagons. De nombreux pompiers ont été blessés lors de cet incendie qui a duré 19 heures. Les dégâts considérables occasionnés par l’incendie ont provoqué la fermeture de la station ainsi que celle de la station Sauvé pendant 22 jours.

Un autre incendie important a eu lieu en 1974 près de la station Rosemont. Cet incendie n’a heureusement pas causé de pertes humaines. En revanche, la STM a dû composer avec la perte totale de neuf voitures de métro. Au surplus, la ligne orange a été fermée pendant sept jours.

Installations et station secrète

Compte tenu de ces deux incendies, au milieu des années ’70, la STM a jugé opportun d’installer les fameuses bornes d’incendie bleues pour accélérer les opérations en cas de feu et que la logistique en soit plus fluide. Depuis leur installation, explique Renaud Martel-Théoret, les bornes bleues n’ont pratiquement jamais été utilisées. Il ajoute que le réseau du métro est sécuritaire.

La STM utilise un Centre de formation souterrain en prévention des incendies, aussi appelée la station secrète ou la 69e station du métro. Ce centre souterrain reproduirait fidèlement l’équipement utilisé dans les stations du métro et des tunnels du réseau. On y reproduit des scénarios d’intervention qui se rapprochent le plus possible de la réalité, souligne le porte-parole de la STM.

Les employés affectés à l’exploitation du métro, les pompiers municipaux, et autres visiteurs y suivent des formations adaptées aux besoins spécifiques du métro.

D’autres catégories d’emploi, les agents de stations notamment, bénéficient également d’une formation en sécurité incendie. Ils se familiarisent avec l’utilisation d’extincteurs portatifs. En 2025, 66 formations en sécurité incendie ont été réalisées à cette station secrète et 699 personnes y ont été formées. Pour l’année 2026, les chiffres sont similaires.

Rouge, non, mais bleue oui !

Selon le code de la sécurité routière, comme vous le savez sans doute, il est interdit de garer sa voiture devant les bornes d’incendie rouge. Bonne nouvelle, toutefois! Le porte-parole de la STM précise que vous n’aurez pas de contravention si vous garez votre véhicule devant les bornes d’incendie bleues.

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