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Pour les arts de l'école Sophie-Barat

Deux élèves veulent collecter 200 000$

Publié le 23/01/2019
par Stéphanie Dupuis

De g. à dr.,  Xavier et Kyllian. (Photo: jdv S. Dupuis)

Si «le local 125» ne vous sonne pas de cloches, dites-vous bien que pour tous ceux et celles qui sont passés par les bancs d’école de Sophie-Barat, c’est un passage obligé. Particulièrement pour Kyllian Mahieu et Xavier Paquet-Rapold, deux élèves –et techniciens à leurs heures– de l’établissement scolaire du quartier Ahuntsic qui fréquentent au quotidien cette salle qui sert de lieu de spectacle pour les productions de l’école. Récemment, ces deux élèves ont mis sur pied le projet 125, une initiative visant à amasser des fonds pour financer le remplacement du matériel de la salle.

 Consoles de son défectueuses, haut-parleurs inadaptés, lampes de bureau en guise d’éclairage, micros désuets. Il n’y a pas à dire, l’équipement du local 125 a besoin d’être renouvelé…et rapidement!

C’est du moins ce qu’ont constaté Kyllian, 16 ans, et Xavier, 17 ans, deux élèves de secondaire 5 de l’école Sophie-Barat fort impliqués dans la vie étudiante de l’école. Ils donnent tous deux de leur temps comme techniciens pour les prestations présentées au local 125.

« Ça devient extrêmement difficile de faire notre travail à cause de l’équipement. On doit toujours conjuguer avec des problèmes techniques, soulève Kyllian. Mais s’il y a un côté positif à ça, c’est qu’on développe vraiment notre créativité et notre sens de la débrouillardise », pointe-t-il avec beaucoup d’humour.

Le besoin est d’autant plus criant lorsque l’on constate que la salle accueille annuellement une trentaine d’événements et près de 300 spectateurs à chaque fois. Ils sont près de 3000 élèves par an à passer par cette salle, sans oublier que la population de l’école connaît une forte augmentation chaque année.

Et comme la salle de spectacle n’en est pas vraiment une par définition – il s’agit de trois locaux de classes regroupés- l’établissement n’est pas admissible aux subventions à cette fin.

Face à cette situation, les deux amis ne pouvaient rester inactifs. Et comme ils ne font rien à moitié, ils ont eu l’idée de lancer une campagne de financement pour pallier leur problème. Ainsi est né le projet 125, dont l’objectif est d’amasser 200 000 $ en dons pour remettre l’équipement du local au goût du jour.

« On veut que les arts deviennent un incontournable à l’école Sophie-Barat. On veut que les élèves développent leur plein potentiel dans leur discipline », explique Kyllian.

Utopique, vous direz?

Les deux élèves ne s’en cachent pas. Ils savent très bien que récolter plusieurs centaines de milliers de dollars n’est pas une mince affaire. Mais ils préfèrent voir grand pour se motiver davantage.

« On doit tout renouveler. On veut avoir plus que l’équipement de base. On veut développer des partenariats », s’enthousiasme Kyllian. Son complice, Xavier, ajoute: « Moi, je suis toujours celui qui le ramène à la réalité. »

Et, surtout, les deux acolytes ne manquent pas d’idées ni de soutien pour parvenir à leurs fins.

« Au début, notre professeur ne nous prenait pas vraiment au sérieux. Puis, quand on a amassé le premier 3000 $, il était vraiment très content », racontent-ils.

De la production de dépliants à la mise en ligne du site Web projet125.com, Xavier et Kyllian font tout de A à Z et avec peu de moyens. Le résultat n’en est pas moins professionnel.

« C’est certain que quand tu vois un adolescent de 16 ans, tu n’as pas envie de lui donner ton argent », confie Kyllian.

C’est pourquoi Xavier et lui tiennent à jour régulièrement le relevé des dons obtenus.

« On est très transparent », insiste-t-il.

Une fois qu’une somme raisonnable est amassée, ils remettent les dons à la gestionnaire administrative de l’école. Il est aussi possible de faire des dons en ligne sur le site Web de la fondation de la CSDM, en précisant que c’est pour le projet125. Une voie très sécuritaire qui ajoute à la crédibilité de leur démarche.

Mais le site de dons n’est pas suffisant pour se faire connaître. C’est pourquoi les élèves multiplient les activités de financement pour faire connaître leur projet et se rapprocher le plus possible de leur objectif.

D’une activité à l’autre

Pour leur première activité de financement, les deux élèves ont tenu un stand sur la Promenade Fleury, l’été dernier. Ils ont invité des artistes qui sont diplômés de Sophie-Barat à se joindre à eux pour offrir des prestations; une expérience qu’ils souhaitent renouveler l’été prochain. En outre, leur stand était installé tout juste devant le bureau de la députée Marie Montpetit avec qui ils ont pu discuter de leur projet. Ils sont toujours en attente d’un retour à ce niveau.

À l’école, chaque spectacle de variétés est l’occasion de parler du projet. Prochainement, l’argent récolté par l’une des représentations sera entièrement injecté dans l’initiative.

Les élèves de l’école peuvent aussi cogner à la porte de leur local pour leur acheter des boissons. Au lieu de passer par les machines distributrices, les jeunes «assoiffés» peuvent ainsi soutenir le projet…

Courriels aux parents, vente de mini-pizzas, dons lors des journées sans uniformes. Xavier et Kyllian ne chôment pas.

« Je pense qu’on est plus souvent là que notre propre directeur », lance Kyllian à la blague.

Même s’ils obtiendront leur diplôme de l’école secondaire cette année, les deux jeunes sont très motivés à poursuivre leurs activités de financement pour le projet 125. Si Xavier compte poursuivre ses études en technique de l’informatique, Kyllian, lui, s’est inscrit à un programme en gestion de scène.

Ils espèrent tous deux continuer de donner un coup de main comme techniciens pour la salle et laisser leur marque à Sophie-Barat.

Vous voulez pousser à la roue et contribuer au renouvellement du matériel du local 125 de l’école Sophie-Barat? C’est par ici!