Élues et résidents de Cartierville ont assisté à la cérémonie inaugurale de l’œuvre « Dramaturgie d’une intersection » de Louis Bouvier. Cette œuvre transforme l’intersection Laurentien-Keller en un lieu de rassemblement, de souvenir et de lumière.

La création de l’artiste multidisciplinaire Louis Bouvier se trouve dans un terre-plein récemment réaménagé. Piloté par le Bureau d’art public de Montréal avec l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville, le projet accompagne des travaux de verdissement et d’amélioration de l’espace public.
L’inauguration de cette création marque une nouvelle étape dans la revitalisation du secteur Laurentien-Lachapelle. L’objectif est d’en faire un environnement plus chaleureux, plus sûr et plus unificateur.
Un carrefour rendu à la communauté

L’artiste a incorporé un système d’éclairage dans son œuvre, ce qui lui permet d’être visible même la nuit. Il y a intégré un éclairage qui varie selon les saisons, ce qui donne une présence singulière à une intersection longtemps dominée par l’asphalte et la circulation.
Lors de la cérémonie, la mairesse de l’arrondissement, Maude Théroux-Séguin, a souligné le rôle apaisant et fédérateur de l’art dans la ville. « On devrait mettre de l’avant l’accès à des œuvres d’art en public, qui nous apportent aussi beaucoup de paix », a-t-elle déclaré.
Pour l’administration municipale, l’intervention artistique ne se limite donc pas à embellir les lieux : elle encourage les passants à s’arrêter, à observer et à se réapproprier leur quartier.
Des citoyens au cœur du choix
Le projet se distingue par sa démarche participative. Pour la première fois, les citoyens ont participé à l’évaluation des propositions finalistes et au choix de l’œuvre gagnante.
Cette implication se poursuit à travers un projet de médiation culturelle intergénérationnelle. Les participants réfléchissent au sens de l’œuvre, à l’histoire du secteur et à son avenir.
Le parc Belmont et la ligne 17 en filigrane
Pour concevoir sa sculpture, Louis Bouvier a puisé dans les archives et dans ses observations du quartier. Un singe évoque ainsi les animaux du parc Belmont qui, selon une anecdote locale, se seraient un jour échappés dans les rues. Le numéro 17 rappelle pour sa part l’ancienne ligne de tramway qui reliait le centre-ville au célèbre parc d’attractions. L’œuvre évoque également l’implantation récente de la station Bois-Franc du REM et les changements actuels qui façonnent ce quartier.
« Le quartier change, mais il y a quand même des choses qui restent et qui évoluent de manière différente et parallèle », explique l’artiste.
Entre clins d’œil historiques, figures colorées et jeux de lumière, Dramaturgie d’une intersection propose ainsi un montage vivant du passé et du présent. L’œuvre offre aux résidents un nouveau repère, conçu non seulement pour être regardé, mais aussi pour nourrir les conversations et le sentiment d’appartenance.












