De toute évidence, le contexte du 375e anniversaire de Montréal inspire bien notre historien, résidant d’Ahuntsic-Cartierville, et membre du jdv, Paul-André Linteau. Après la sortie en janvier dernier de l’ouvrage collectif « Traces de l’histoire de Montréal » aux Éditions du Boréal, qu’ il a coécrit, il vient de publier (le 9 mai) un nouvel ouvrage : « Une histoire de Montréal », aux mêmes Éditions. Entretien.

« Montréal est la ville de ma naissance. J’y ai toujours vécu et elle n’a jamais cessé de me fasciner. Depuis plusieurs décennies, je m’attache à explorer divers aspects de son histoire et à faire connaître les résultats de ces recherches », dit Paul-André Linteau. Il évoque le rôle qu’a eu sa carrière comme professeur d’histoire à l’UQAM dans l’organisation et le développement de ses idées.

« Cette nouvelle synthèse intègre les recherches les plus récentes et tient compte des dimensions démographiques, économiques, spatiales, sociales, culturelles et politiques de l’histoire de Montréal pour en dresser le portrait le plus complet possible », explique-t-il.

Il précise que son nouvel ouvrage fait le pont entre ses deux ouvrages précédents : Histoire de Montréal depuis la Confédération (1992, rééd. 2000) et Brève histoire de Montréal (1992, rééd. 2007).

« Ici et là, lorsque c’était encore pertinent, des passages de l’un et de l’autre ont été conservés, mais pour l’essentiel, il s’agit d’un nouveau texte », affirme ce codirecteur du Laboratoire d’histoire et de patrimoine de Montréal.

 Montréalistes et Montrealers

« Ville portuaire, centre industriel et métropole de services, Montréal a joué un rôle exceptionnel dans le développement du Québec et du Canada et elle continue à le faire. Montréal est un carrefour où circulent non seulement des personnes et des marchandises, mais aussi des idées, des cultures et des influences multiples. Certes, beaucoup d’autres villes ont de telles fonctions, mais celles-ci prennent une coloration spécifique à Montréal », indique Paul-André Linteau.

Il pense que ce qui distingue le plus la métropole est avant tout sa fibre francophone. D’après lui, on peut parler d’une identité spécifique aux Montréalais. Il rappelle, à ce propos, le terme de Montréalistes qui était en usage jusqu’au milieu du 19e siècle.

« Avant d’employer le terme Montréalais, on employait le terme Montréalistes très tôt dans l’histoire de la Nouvelle-France »  dit-il. Et d’ajouter : « Montréal a aussi été profondément marquée par l’apport des peuples de souche britannique, les Montrealers, qui sont présents dans la Ville depuis deux siècles et demi et qui ont laissé des traces durables dans l’organisation spatiale et économique du territoire, dans les institutions et la sociabilité urbaines ainsi que dans le patrimoine architectural. »

Un vivre ensemble qui va plutôt bien !

Paul-André Linteau s’intéresse tout particulièrement à l’histoire de l’immigration à Montréal. Il constate :

« Depuis un peu plus d’un siècle, la métropole vit au rythme de l’arrivée continuelle de vagues de nouveaux Montréalais. Les Juifs et les Italiens, puis les Grecs et les Haïtiens, les Chinois et les Pakistanais côtoient les Algériens, les Marocains, les Libanais et tant d’autres peuples qui font de Montréal un creuset interculturel et renforcent son rôle de ville d’accueil. »

Concernant les perspectives du métissage interculturel, il pense qu’on a assez bien réussi à négocier la bonne entente entre les groupes communautaires et à instaurer une « façon de vivre collective qui intègre tout le monde dans un milieu de vie commun, tout en respectant certaines différences ».

Selon l’historien, il n’y a pas à Montréal quelque chose de comparable avec l’histoire des banlieues françaises. Paul-André Linteau insiste sur le rôle fondamental de la langue française et de la culture québécoise francophone comme ciment entre les différentes composantes de la société.

« Montréal reflète bel et bien une situation canadienne assez complexe avec la présence d’une culture canadienne-anglaise », relève-t-il en affirmant que cette complexité est une singularité qui caractérise Montréal par rapport aux autres grandes métropoles en Amérique du Nord. « C’est une source à la fois de tensions et d’enrichissement.»

Abordant le 375e de Montréal, il estime que les célébrations constituent une occasion précieuse pour susciter l’intérêt des gens par rapport à l’histoire de Montréal et ses multiples aspects. Selon lui, la recherche sur l’histoire de Montréal et la publication d’ouvrages sur tel ou tel aspect de l’évolution de la ville sert également à « diffuser le savoir et la connaissance au-delà du monde universitaire pour rejoindre un public assez large ».

M. Linteau collabora ainsi à plusieurs événements marquants la fête de Montréal. De ceux-ci, mentionnons le spectacle multimédia Montréal AVUDO dans le Vieux-Port qui aborde le lien émotif entre le fleuve et la ville ainsi que l’exposition itinérante qui retrace les faits marquants de l’histoire de l’agglomération.

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