Il insiste pour dire aux gens de se prendre en charge. Ils doivent manger mieux et bouger plus. Il refuse en même temps toute approche moralisatrice. Le docteur Jean-Pierre Després, professeur titulaire au département de kinésiologie de l’Université Laval, propose « sa » révolution active.

«Moi, les leçons de morale, j’en ai rien à cirer », lance-t-il en entrevue avec le Journal des voisins (JDV). Il était à la salle Charles-Daudelin du 4C, à Cartierville, le 8 septembre, invité par la section Ahuntsic–Saint-Laurent de l’Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées (AQDR).
Depuis qu’il a publié La révolution active : de la gestion de la maladie à la promotion de la santé, il y a trois ans, il sillonne le Québec et multiplie les conférences pour interpeller le grand public. Il ne perçoit pas un cent de droits d’auteur sur l’ouvrage, assure-t-il. Ceux-ci sont entièrement versés à la Fondation de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (Fondation IUCPQ).
Son livre est une critique du système de santé, qui, selon lui, n’intervient qu’une fois la maladie déclarée. Le chercheur propose quant à lui une approche d’abord et avant tout préventive, et surtout accessible à tous.
Au passage, il remet en question des croyances établies. Il critique notamment la validité de l’indice de masse corporelle (IMC). « Il vaut mieux mesurer son tour de taille », préconise-t-il. On peut en effet se percevoir comme étant en surpoids et être tout de même en forme. L’activité physique demeure le moyen de prévention idéal.
Le médecin use de formulations pour le moins frappantes, qui ont le mérite de surprendre : « Jetez votre balance et prenez un ruban à mesurer », « Ma bouche n’est pas une poubelle », ou « Le ministère de la Santé, je l’appelle le ministère de la maladie. » Une approche qui le rend probablement sympathique, mais surtout compréhensible.
Interpeller l’esprit
Després insiste pour dire qu’il n’est pas un coach de bien-être. Il ne veut pas imposer des recettes toutes faites. Il rejette les régimes et abhorre les programmes coulés dans le béton. « J’ai beaucoup d’admiration pour l’intelligence des Québécois et des Québécoises », affirme-t-il. Il préfère se fonder sur la science et son expérience universitaire.
Selon lui, il est urgent d’agir. La génération montante est de moins en moins en forme. Elle annonce des problèmes de santé plus complexes et plus coûteux. « On est déjà dans le mur, mais on ne réalise pas qu’on l’a frappé », prévient-il.

Le docteur Després prône la présence dans l’espace public de voix crédibles qui ne jugent pas. Il aspire à communiquer en réunissant les meilleurs scientifiques du Québec, et à discuter d’enjeux de vie, au-delà de la seule maladie. « Pouvez-vous imaginer l’impact qu’on pourrait avoir ? Ce serait fabuleux », s’enthousiasme-t-il. C’est un pari, selon lui, qui demandera du temps, mais qu’il vaudrait la peine de prendre.
Il voudrait que les institutions existantes, telles que Santé Québec, l’Institut national de santé publique du Québec, le ministère de la Santé et le nouveau scientifique en chef, s’unissent pour partager des informations, ce qui ne nécessiterait pas des sommes importantes.
Visionnaire, il presse le gouvernement et le ministère de l’Éducation de revoir les programmes du primaire, du secondaire et du collégial, afin de permettre aux enseignants d’éduquer les jeunes à travers des expérimentations (par exemple, cuisiner dans les cours de chimie) et de les instruire sur les aliments dont ils se nourrissent ainsi que sur les bienfaits de rester en mouvement (notamment à l’intérieur des cours de biologie).








