Une manifestation pour la sécurité près des écoles s’est tenue près de l’école La Visitation. (Photo : François Robert-Durand, JDV)

Faudrait-il plus de panneaux de signalisation, de marquage au sol, de policiers aux intersections, d’argent pour le transport en commun ou d’infrastructures pour sécuriser les déplacements des élèves? Le rassemblement de parents devant l’école de la Visitation pour demander plus de sécurité autour des établissements scolaires aura permis de faire le point sur les besoins pour s’assurer que les enfants puissent se déplacer à pied en toute sécurité. Des besoins encore loin d’être atteints.

C’est dans le cadre de la manifestation nationale du 24 janvier pour La sécurité autour des écoles que des pancartes ont été brandies et que des casseroles ont retenti dans les rues d’Ahuntsic-Cartierville très tôt le matin. Des rassemblements ont eu lieu autour de plusieurs établissements dans l’arrondissement. 

Mère de deux enfants à l’école La Visitation, Nadine Benny manifestait en décembre quasiment seule sur le boulevard Henri-Bourassa pour attirer l’attention des automobilistes à un passage pour piétons, rapportait le Journaldesvoisins.com (JDV). Elle faisait écho au mouvement Pas une mort de plus déclenché après le décès de la jeune Mariia Legenkovska, 7 ans, happée mortellement le 13 décembre sur le chemin de l’école dans le quartier Centre-sud.

Quelques semaines plus tard, une brigadière scolaire était fauchée par une automobiliste à l’intersection de l’avenue Papineau et de la rue Prieur, heureusement sans subir de graves blessures.

« C‘est un endroit il y a des panneaux d’arrêt, des feux de circulation, des marquages au sol et même une brigadière, pourtant on y voit quand même des comportements dangereux. La signalisation ne suffit pas pour protéger », observe-t-elle.

Elle plaide pour une présence policière au moins aux heures d’entrées et de sorties des élèves. « En attendant qu’il y ait une solution à long terme, une voiture de police ça aiderait beaucoup », croit-elle.

Isabelle Gaudreault a un enfant en cinquième année, mais cela fait au moins 12 ans qu’elle fait le chemin à pied entre son domicile et l’école. Un autre de ses enfants y a fait son primaire.

« Pour les petits, ce n’est presque rien, c’est une minute et demie de marche, mais je m’inquiète pour ce trajet à cause de la rue Prieur qui n’est pas sécurisée. Il n’y a pas de brigadier », dit-elle.

Mme Gaudreault a choisi il y a 17 ans de venir résider à Ahuntsic; elle sait que la sécurité des enfants sur la route a toujours été un enjeu.

« Quand j’ai emménagé, les anciens propriétaires de ma maison venaient de perdre leur fils en traversant l’avenue Papineau. J’ai l’impression que l‘on se répète », regrette-t-elle.

La grande artère Papineau, à quelques mètres de l’école La Visitation, est une source d’inquiétude.

« Il faut que les gens comprennent que Papineau, ce n’est pas une autoroute. Nous sommes dans un quartier résidentiel rendus ici. C‘est un boulevard qui est limité à 50 km/h », rappelle-t-elle.

Que faire?

Présent à la manifestation, Jérôme Normand, conseiller de Ville du Sault-au-Récollet, sait qu’il y a des problèmes de sécurité qu’il faut absolument régler. C’est son secteur même si ses enfants sont inscrits dans une autre école du quartier. 

« En novembre, j’ai emmené le commandant du PDQ 27 à pied faire une marche exploratoire dans le quartier. Je lui ai présenté trois points chauds où on souhaite une présence active de policiers », mentionne M. Normand.

Il aimerait qu’on porte une attention particulière aux intersections Prieur/Papineau, Tâché/Henri-Bourassa Est, ainsi que Olympia/Fleury. Il reconnaît qu’il y en a d’autres à sécuriser, mais celles-ci devraient être priorisées à ses yeux.

« Il faut maintenant donner des constats, il ne faut pas seulement sensibiliser », soutient M. Normand. Pour lui la coercition viendrait en appui à toutes les autres mesures.

En effet, beaucoup de choses ont été faites au niveau municipal; des aménagements, notamment la pose de dos d’âne – 250 en deux ans –, des mises à sens unique, des reconfigurations de la circulation, des saillies et des élargissements de trottoirs.

La manifestation pour la sécurité autour des écoles s’est terminée devant l’école La Visitation. (Photo : François Robert-Durand, JDV)

Moins de voitures

« Nous sommes très actifs. Nous avons un grand programme de sécurisation pour des écoles, mais ce ne sont pas des éléments qui réduisent à la source le volume », prévient M. Normand.

Si le parc automobile n’a pas augmenté à Montréal ces deux dernières années, il est en hausse en région métropolitaine.

Alors qu’il fait ce constat à quelques mètres de l’avenue Papineau qui draine des milliers d’automobiles venant de la couronne nord, il s’interroge sur l’utilité des mesures face à un flot ininterrompu de véhicules.

« Qu’est-ce qu’on fait au niveau provincial, sur l’encadrement des publicités, sur les SUV*, sur les véhicules individuels? » s’interroge-t-il. 

* SUV : véhicule utilitaire sport (VUS en français)

C’est un constat que partage d’une certaine manière Haroun Bouazzi, député provincial de la circonscription de Maurice-Richard.

« C’est mathématiquement prouvé, moins il y a de voitures, moins il y a d’accidents. L’équation est simple », convient-il.

Pour lui, l’action doit être menée pour stopper l’étalement urbain et augmenter le transport en commun, en plus de réduire le nombre de voitures sur la route.

« Il y a un manque de vision et peut-être un manque de connaissance du terrain. C’est assez incroyable que le gouvernement du Québec ne pense pas que c’est en partie de sa responsabilité de mettre la main à la poche pour que la STM [Société de transport de Montréal], entre autres, puisse avoir au minimum la même offre que dans les années précédentes. Évidemment, nous [Québec solidaire] on est pour un investissement majeur dans le but d’augmenter l’offre et diminuer les prix pour les gens qui prennent le transport en commun », note-t-il.

Manifestation pour un boulevard urbain sur Papineau. (Photo : François Robert-Durand, JDV)

Il tenait ces propos à quelques mètres des militants d’Ahuncycle, de l’Association mobilité active Ahuntsic-Cartierville (AMAAC) et de Mobilisation environnement Ahuntsic-Cartierville (MEAC) qui manifestaient pour un boulevard urbain sur Papineau. Le prolongement de l’autoroute 19, actuellement en cours, et qui débouche sur Papineau à Henri-Bourassa, ramènera plus de véhicules à Ahuntsic dans les années à venir.

Écoutez notre balado sur la sécurité autour des écoles.

Précision : l’adjointe à la rédaction du JDV fait partie du comité organisateur des manifestations dont il est question dans ce texte.

 

Vous avez apprécié cet article ? Nous avons besoin de vous pour continuer à produire de l’information sur des faits avérés, qui soit vraie, vérifiable et d’intérêt public.

S'abonner
me prévenir de
guest
0 Commentaires
Commentaires en ligne
Voir tous les commentaires
Vous pourriez aussi aimer ces articles

Le JDV : réponses au jeu-questionnaire sur 10 ans d’infos!

Pour souligner le 10e anniversaire de Journaldesvoisins.com, nous vous avons proposé un…
Pauvreté Zone RUI Laurentien-Grenet

Deux organismes pour cartographier l’insalubrité

Deux organismes s’allient pour aider à lutter contre l’insalubrité à Ahuntsic-Cartierville et…

Crues printanières : les autorités sont prêtes

Alors qu’on s’attend à un printemps sans histoire, les autorités sont prêtes…

La fin des travaux au parc Saint-Simon-Apôtre inconnue

Les utilisateurs du parc Saint-Simon-Apôtre devront prendre leur mal en patience. Les…