Administration d’un vaccin (Crédit photo: Daniel Paquet, Regina, Wikimedia Commons)

Pour la première fois depuis l’épisode de la grippe A H1N1, en 2009, le réseau de la santé devra déployer une campagne de vaccination majeure dans la population générale pour administrer un vaccin contre un virus pandémique. Le modèle développé cette année pour la campagne de vaccination contre la grippe saisonnière pourrait-il servir pour administrer le vaccin contre la COVID?

C’est au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) que reviendra la responsabilité de décider quand et comment sera administré le vaccin contre le Sars-Cov-2, dont les premières doses seront administrées dès cette semaine au Canada.

« On est en train de se préparer pour nos stratégies vaccinales en lien avec la COVID-19 », a indiqué Sonia Bélanger PDG du Centre intégré universitaire (CIUSSS) du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal et porte-parole du centre de commandement en santé de Montréal en réponse à une question du Journaldesvoisins.com lors d’une conférence de presse tenue le 10 décembre.

Vaccination prioritaire

« Advenant l’implantation progressive d’un programme d’immunisation de masse contre la COVID-19 au Québec, la priorisation des groupes à cibler peut se faire en fonction de différents critères » comme l’âge, les conditions de santé augmentant le risque de complications, l’exposition au virus dans le cadre de ses activités professionnelles ou dans son milieu de vie, précisait l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) dans un avis préliminaire publié le mois dernier.

Selon le calendrier provisoire de vaccination actuellement prévu au niveau fédéral, ce n’est pas avant le deuxième trimestre 2021 que la vaccination de masse pourra véritablement commencer.

D’ici la fin 2020, c’est environ 125 000 personnes qui seront vaccinées à la grandeur du pays. Le gouvernement du Québec prévoit pour sa part inoculer le vaccin à quelque 2000 personnes en CHLSD à compter du 14 décembre et vise vacciner 650 000 Québécois d’ici le 1er avril.

Suivant les priorités de l’INSPQ, les premières doses seront administrées aux personnes vulnérables et en grande perte d’autonomie qui résident en CHSLD ou en ressources intermédiaires et de type familial, aux travailleurs du réseau de la santé et des services sociaux en contact ou susceptibles d’être en contact avec des usagers, aux personnes vivant en résidence privée pour aînés (RPA) et aux communautés isolées et éloignées.

L’INSPQ souligne que la priorisation proposée demeure préliminaire et vise à « soutenir la préparation à la vaccination contre la COVID-19 et de contribuer aux échanges et aux débats entourant les groupes prioritaires pour la vaccination contre la COVID-19 au Québec dans un contexte de disponibilité limitée et progressive ».

Vers une vaccination de masse en 2021

La vaccination de masse dans la population générale ne débutera donc vraisemblablement pas avant le mois d’avril. Le gouvernement fédéral prévoit en effet pouvoir vacciner environ trois millions de personnes à compter du deuxième trimestre 2021, puis de 15 à 19 millions de personnes au troisième trimestre.

« Je ne sais pas ce qui va être regardé, ce qui va être analysé et ce qui va être décidé », admet d’emblée Marie-Claude Girard, chef d’administration de programme des services généraux de première ligne au Centre intégré universitaire de santé et services sociaux (CIUSSS) du Nord-de-l’Île-de-Montréal.

Une chose est certaine cependant, c’est qu’au niveau local le MSSS pourra s’appuyer sur l’expérience développée avec la campagne de vaccination grippale extraordinaire de cette année pour déployer le vaccin contre la COVID.

« Tout est déjà prêt », assure Marie-Claude Girard qui dit attendre que le CIUSSS obtienne les directives du MSSS concernant la vaccination contre la COVID.

Avec six postes de vaccination au site des Galeries Normandie, le CIUSSS peut administrer jusqu’à 400 vaccins par jour. (photo : Simon Van Vliet)

Elle explique que tant les processus et que les espaces mis en place pour assurer la vaccination contre la grippe saisonnière seraient transférables à la vaccination contre la COVID.

Des solutions déjà prêtes

« On a profité de la vaccination grippale pour, justement, pouvoir tester nos processus, notre trajectoire » en fonction d’une éventuelle campagne de vaccination contre la COVID, indique la responsable.

Les centres de vaccination comme celui des Galeries Normandie, qui cohabitent déjà avec les centres de dépistage pour la COVID, pourrait donc assez facilement être adaptés pour offrir la vaccination contre le Sars-Cov-2.

Le centre des Galeries Normandie, par exemple, dispose d’accès facile pour les livraisons et d’entreposage des utilités (aiguilles, seringues, etc.), mais aussi de suffisamment d’espace pour installer les réfrigérateurs nécessaires au stockage des vaccins eux-mêmes.

« Il n’y a pas de souci, avec ces sites-là, de pouvoir entreposer », observe Marie-Claude Girard.

En plus des mesures de prévention et de contrôle des infections en vigueur dans les centres de dépistage et de vaccination qui assurent la sécurité tant des usagers que du personnel, plusieurs des adaptations apportées à la campagne de vaccination grippale de cette année pourraient par ailleurs faciliter l’administration du vaccin contre la COVID dans la population.

Des trajectoires bien balisées permettent d’assurer le maintien de la distance physique entre les personnes qui circulent dans le centre de vaccination. (photo : Simon Van Vliet)

Des innovations bienvenues

Marie-Claude Girard qui a également travaillé à la campagne de vaccination contre la grippe H1N1 en 2009, souligne que la situation est bien différente cette année.

« Il avait fallu monter justement des sites délocalisés, comme ça, à certains endroits pour que la population puisse venir en masse.  C’est sûr que là, on n’avait pas les enjeux de distanciation sociale qu’on a maintenant », souligne-t-elle.

Elle note aussi que le processus d’inscription en ligne est beaucoup plus simple aujourd’hui.

« C’était tout manuel, au téléphone, en présence. Les gens avaient de petits numéros dehors, puis là il fallait leur faire faire des files», se souvient-elle.

Avec le système de pré-inscription mis au point cette année, il n’y a pratiquement aucune attente pour la vaccination grippale. Et lorsqu’il y a une file d’attente, une trajectoire bien balisée est prévue pour maintenir en tout temps la distance de deux mètres.

Lorsque le coup d’envoi sera donné pour la campagne de vaccination dans la population générale, les choses pourraient donc se mettre en place rondement.

« Notre capacité de vaccination présentement est de 400 vaccins par jour, par site », indique Séléna Champagne, conseillère aux relations médias et aux affaires publiques au CIUSSS qui rappelle que trois sites sont en opération dans le Nord de l’île.

Avec les installation et processus actuellement en place, le CIUSSS est ainsi en mesure de vacciner jusqu’à 1200 personnes par jour, soit environ 35 000 personnes par mois.

À titre de comparaison, en 2009, il a fallu huit mois au réseau de la santé pour administrer le vaccin contre la grippe H1N1 à près de 75 000 personnes dans le réseau local de services d’Ahuntsic-Montréal-Nord. On était donc, à l’époque, à une capacité de moins de 10 000 vaccins par mois.

« On est effectivement très satisfaits de la campagne de vaccination contre l’influenza saisonnière », note Sonia Bélanger qui indique que la solution Clic Santé utilisée pour la prise de rendez-vous électronique de vaccination « est examinée de près pour faciliter l’accès à l’ensemble de la population » au vaccin contre la COVID-19.

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