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Piste cyclable derrière le CHSLD Notre-Dame-de-la Merci. (Photo: jdv A. Martineau)

Le journaliste et animateur Alain Gravel est finalement rentré chez-lui –non sans difficultés– après un séjour de 48 heures à l’hôpital du Sacré-Cœur à la suite d’un fâcheux accident de vélo survenu sur la piste cyclable tout près du chapiteau blanc derrière le CHSLD Notre-Dame-de-la-Merci sur le boulevard Gouin Ouest.

Le journaliste et animateur Alain Gravel (Photo: Ici Première)

Le résidant d’Ahuntsic, qui anime aussi les Rendez-vous citoyens organisés par journaldesvoisins.com, a dit avoir trouvé «pénible» son retour à la maison.

La chute, due à une fissure dans la piste, a sérieusement hypothéqué l’animateur de Radio-Canada; cinq côtes fracturées et un  pneumothorax (affaissement des poumons) qui lui a coupé le souffle pendant une bonne période. On avait même envisagé une intervention chirurgicale. Mais on n’a pas eu à faire de drainage.

« Ç’a fait mal…surtout la nuit, a déclaré M. Gravel à journaldesvoisins.com, quelques jours après sa mésaventure. Tu gardes toujours la même position, puis tu veux changer et là, tu as mal. Je ne suis pas le premier qui passe par là. Mais j’ai un peu de misère après avoir fait un léger pneumothorax. Je n’ai pas été drainé, mais je n’ai pas la même respiration. Je marche un peu plus, mais je ne dois pas en faire trop », a-t-il indiqué.

Bilan de cet accident : un repos de six semaines, qui l’a empêché de boucler la boucle comme animateur à son émission du matin à la radio de Radio-Canada. Mais il a pu livrer un adieu «bien senti» en se pointant en studio pour «la dernière  heure de la dernière émission» de Gravel le matin.

Notons que depuis le début de l’année, on a relevé sur le territoire de Montréal une soixantaine d’accidents «sérieux» de vélo. L’arrondissement Ahuntsic-Cartierville évalue présentement le dossier.

Des bosses en masse

Alain Gravel, féru des épreuves d’Ironman, revenait d’une visite de chez son mécano de Laval quand l’accident s’est

Entrée de la piste cyclable, sur Norwood, qui conduit derrière le CHSLD Notre-Dame-de-la-Merci (Photo: jdv A. Martineau)

produit.

« Je n’allais pas vite, je revenais tranquillement après avoir emprunté la piste qui longe la voie ferrée traversant le pont de la rivière.  Il n’y avait pas de monde et j’étais en maîtrise de mon vélo de compétition. Mais je ne le sais pas, peut-être en vieillissant, on est plus sensible. Il y a comme des arrêtes qui traversent la piste à cause des racines d’arbres. Il y beaucoup de petites bosses sur la piste. Personne n’était devant moi …j’ai eu peut-être une distraction d’une demi-seconde et j’en ai pogné une. Le gars qui m’a ramassé a vu au loin ma roue de travers par rapport à la piste; j’aurais probablement heurté deux craques », a-t-il avancé.

Comme on le fait très souvent en vélo, on a tendance à lever la roue légèrement alors qu’on est sur le point de heurter un petit dénivelé. Ce qu’il a fait, mais il est quand même tombé avec son vélo de compétition.

« Je suis tombé en biais sur une bosse ou craque perpendiculaire et je suis passé par-dessus le vélo, en tombant sur le dos et la tête (même son casque protecteur s’est brisé). Je présume que les vélos ordinaires absorbent bien les bosses mais moi, je les saute pour ne pas les prendre  », a-t-il relaté.

Mais l’animateur a tenu à livrer son opinion sur le sentiment qui habite selon lui bon nombre de cyclistes sur une piste balisée.

« Je ne veux pas accabler personne. Mais les pistes cyclables donnent, à mon avis, un faux sentiment de sécurité. J’en ai fait des courses en peloton, en groupe, c’est dangereux, mais je ne suis  jamais tombé, même chose en sprint et en contre la montre ».

Cet événement survenu mercredi dernier (le 12 juin) lui en a rappelé un autre survenu il y a une dizaine d’années, mais plus vers l’est, sur le boulevard Gouin, près du pont Papineau.

« J’allais aussi m’entraîner, en roulant tranquillement d’abord. Une voiture m’a coupé et il y a eu impact. J’ai eu une hernie discale avec obligation de repos pour deux mois », a-t-il rappelé.

Alain Gravel dit aussi être tombé à quelques reprises sur les pistes à la suite de moments d’inattention. Mais il reconnait être mieux sur une piste cyclable que dans la rue malgré aussi ce revers à la médaille :

« Sur une piste, tu baisses ton niveau d’attention, tu te sens en sécurité ».

Le cycliste actif notera au passage que sur Gouin Ouest, entre la rue Norwood et le parc Nicolas-Viel, le segment est «dangereux» alors que cyclistes et piétons occupent le trottoir pourtant élargi il y a quelques années.

La séparation entre piétons et cyclistes n’a pas été refaite sur ce segment de trottoir.

Alain Gravel a recommandé aux membres de sa famille, en auto, de considérer les feux [verts] de circulation au coin de Gouin comme un stop sur le tronçon entre Norwood et le parc Nicolas-Viel, compte tenu des va-et-vient et des entrées et sorties de garage.

Visite de la piste et constats

Une randonnée sur la piste a permis de constater que ce secteur est effectivement «à risques».

Par ailleurs, certains ne se gênent pas pour rouler à toute allure, en vélo ou autrement.

Plus loin, vers l’ouest, la piste débouche dans la rue Norwood avec du marquage au sol pas toujours bien visible. Puis, on embarque de nouveau sur la vraie piste et on ne roule pas longtemps avant de constater la présence de nombreuses bosses.

En outre, il n’y a pas d’espace pour les piétons sur cette piste dite «cyclable» derrière la résidence Les Deux Aires et le CHSLD Notre-Dame-de-la-Merci, ce qui n’empêche pas quelques-uns d’entre eux d’y marcher. Ils doivent se contenter de marcher sur le côté, sinon ils sont automatiquement à risque. Leur marche –pourtant bien légitime et inoffensive– empêche aussi les cyclistes de rouler en toute sécurité.

Tout juste entre la partie nord de la Résidence Les Deux Aires et le terrain d’une grande maison faisant le bord de l’eau, on retrouve carrément une souche qui a été «rasée» au fil du temps.

Ailleurs, la piste regorge de bosses, en fait de l’asphalte un peu surélevé ou fendillé. Ces ouvertures ne sont pas toutes perpendiculaires aux roues du vélo quand on se déplace.  En plusieurs endroits d’ailleurs, un trait de peinture indélébile signale le danger potentiel. Ces indications ont pourtant été faites il y a plusieurs années.

Journaldesvoisins.com a contacté l’arrondissement afin de savoir si une inspection a eu lieu à la suite de l’accident d’Alain Gravel qui l’empêchera de faire une épreuve de l’Ironman prévue la veille de la Fête nationale.

A la direction, on s’est dit «peiné» de l’accident survenu à M. Gravel, qui serait le premier cas «grave» d’accident dû au mauvais état d’une piste cyclable relevé dans Ahuntsic-Cartierville.

Nous avons pu apprendre que la Voirie ne fait pas d’inspection systématique de la piste puisqu’elle traverse un parc, donc elle relève de la Division des parcs.

« Nous nous sommes déplacés, a indiqué Isabelle Meunier, chargée de communication à la Division des Relations avec les citoyens,  pour constater que la piste, de façon générale, est en bonne condition : il n’y a pas de dommages structurels nécessitant une intervention immédiate de la part de nos équipes. De plus, nous allons évaluer la possibilité de procéder à la réparation de celle-ci afin de prévenir ce type d’accident », a-t-elle conclu.

 

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