Localisation des trois nouvelles murales dans Ahuntsic-Cartierville (source : Google maps)

Êtes-vous allé faire une promenade dernièrement du côté de la rue Chabanel ou du boulevard Henri-Bourassa ? Si ce n’est pas le cas, partez donc sans attendre découvrir sur cette rue, et sur cette artère d’est en ouest, les trois nouvelles fresques d’art urbain qui s’y sont déposées, s’ajoutant aux autres qui y étaient déjà.

Parmi les trois nouvelles réalisations artistiques observables dans Ahuntsic-Cartierville, les deux situées sur le boulevard Henri-Bourassa sont l’œuvre de l’artiste Monk.e. La troisième, localisée sur la façade du 99, Chabanel, a été réalisée par Cyrielle Tremblay, une artiste originaire de Québec.  

La Ville centre au service de l’art de rue  

Deux oeuvres de Monk.e ont vu le jour à la mi-octobre dans l’arrondissement. La grande murale au 500, Henri-Bourassa Ouest, coin Hogue, ainsi que la petite murale au 147, Henri-Bourassa Est, coin Laverdure, relèvent d’un seul et même projet intitulé Ahuntsic dans toute sa diversité. 

Ces deux réalisations ont été appuyées par la Ville de Montréal dans le cadre du Programme d’art mural (PAM) en développement depuis 2014. Dans un objectif d’amélioration de l’environnement urbain, ce programme a été déployé en trois volets dont l’un consiste à créer des murales de quartier. 

« Le projet est un projet de longue haleine », annonce d’entrée de jeu Marc-Antoine Béland, coordonnateur de projets chez Tandem Ahuntsic-Cartierville.

Administré par Prévention du crime Ahuntsic-Cartierville, Tandem est le commanditaire des deux fresques en question. Chaque année, en mars, l’organisme présente des projets auprès du PAM. Pour ces deux murales, l’ensemble des dépenses liées à leur réalisation s’élève à près de 45 000$, un projet « assez dispendieux » selon Marc-Antoine Béland. 

À l’origine de huit projets de murales dans l’arrondissement, Tandem cherche à promouvoir la sécurité urbaine. Chargé notamment de retirer toutes les inscriptions illégales présentes sur les murs du quartier, l’organisme considère que la multiplication des murales permet de réduire la quantité de graffitis en ville.

Symboliser l’immigration dans le quartier 

La petite murale, au 147 Henri-Bourassa Est, coin Laverdure, réalisée par Monk.e (Source : Philippe Rachiele)
Coin Henri-Bourassa Laverdure avant la réalisation de la murale (Source : Google maps)

La petite murale, au 147, Henri-Bourassa Est, a fait l’objet d’un partenariat tout particulier. Le Carrefour d’Aide aux Nouveaux Arrivants (CANA), partie prenante du projet souhaitant immortaliser ses 40 ans, a inspiré ses partenaires dans le choix du thème de cette fresque réalisée en seulement deux jours, « un temps record » selon le commanditaire. 

 

« C’est supposé représenter l’immigration dans le quartier », illustre le coordonnateur de projets.

Par ailleurs, s’il ne vous est pas aisé de déchiffrer les inscriptions présentes sur les réalisations de Monk.e, c’est l’effet attendu!

Inscription sur la petite murale au 147 Henri-Bourassa Est, coin Laverdure, poèmes proposés par Concertation-Femme (Source : jdv – Philippe Rachiele)

« On est supposés voir quelques mots plus lisibles que d’autres », explique Marc-Antoine Béland avant de préciser que ces poèmes sont issus de la collaboration ,de l’organisme ahuntsicois Concertation-Femme.

Une inauguration virtuelle

Coin Henri-Bourassa Hogue avant la murale (Source : Google maps)

En raison de la pandémie, les deux murales sur Henri-Bourassa ne feront pas l’objet d’une inauguration traditionnelle. La rencontre avec l’artiste, les partenaires et élus locaux ne pourra avoir lieu. 

La grande murale, au 500, Henri-Bourassa Ouest, coin Hogue, réalisée par Monk.e (Source : jdv – Philippe Rachiele)

 

 

 

Néanmoins, les partenaires ont trouvé un moyen de faire découvrir la grande murale du 500, Henri-Bourassa Ouest aux résidants :

« Ce sera une vidéo professionnelle de la murale, une explication par l’artiste de comment lui est venu le projet, pourquoi il a peint ça », précise le porte-parole de Tandem.

 

Au 99 Chabanel, une initiative signée SDC District Central 

Murale au 99 Chabanel réalisée par Cyrielle Tremblay (Source : jdv – Philippe Rachiele)

Même si elles ont toutes trois été achevées à la mi-octobre, la murale du 99, Chabanel relève d’un projet à part entière lancé par la SDC District Central. La directrice générale Hélène Veilleux raconte que ce projet a été cofinancé par sa société de développement commercial, l’arrondissement, et le groupe HS Properties, propriétaire du bâtiment.

Façade du 99 Chabanel, avant la réalisation de la murale (Source : Google maps)

La galerie Yves Laroche, nouvellement locataire à cette adresse, s’est chargée d’assurer le lien entre les partenaires et l’artiste, mandatée en août pour mettre en œuvre le projet. 

« Le comité du quartier et le propriétaire souhaitaient que la murale fasse écho au quartier », explique l’artiste Cyrielle Tremblay.

En l’occurrence, la zone autour de la rue Chabanel, appelée Cité de la mode, est en pleine transformation :

« C’est un territoire industriel qu’on est en train de reconvertir vers un lieu de vie, vers un quartier dynamique avec toutes les commodités », explique la directrice générale.

Tout en répondant aux attentes des partenaires, Cyrielle Tremblay a choisi d’affirmer sa signature artistique dans cet ambitieux projet :

« Comme mon travail oscille entre l’abstraction et le figuratif, j’ai décidé de proposer un visuel qui touchait à l’aspect poétique plutôt qu’à la représentation pure et dure. »

Une chose est certaine, ce projet lui a fait prendre de la hauteur. La murale, s’élevant à une trentaine de mètres, a été réalisée en un mois. Assistée par sa « super équipe », l’artiste est fière et soulagée d’avoir réussi un pari qu’elle juge « ambitieux pour quiconque travaille dans le domaine de la murale ». 

Des projets collaboratifs 

La réalisation des murales ne relève pas uniquement du travail de l’artiste. La collaboration et la médiation entre les partenaires est nécessaire afin de faire éclore un projet. Les artistes ont d’ailleurs proposé plusieurs maquettes avant de pouvoir débuter leurs murales.

« On agit comme catalyseurs, on s’organise pour que les choses arrivent », illustre Hélène Veilleux.

Instigatrice du projet, la SDC District Central a lancé et coordonné l’ensemble du projet au 99, Chabanel. Déjà en 2018, elle s’était fortement engagée dans la création d’une première murale au coin Esplanade et Chabanel en hommage à Iona Monahan, icône du monde de la mode.

Vers un quartier haut en couleurs 

« L’arrondissement contribue financièrement à la réalisation de murales depuis de nombreuses années », déclare Émilie Miskdjian, chargée de communication à l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville.

L’arrondissement a participé au financement des trois nouvelles murales.  

« Ils [les élus de l’arrondissement] sont très impliqués dans le projet, et pas que financièrement. Ils aident à faire le lien entre les partenaires, ils sont médiateurs lorsqu’il y a des problèmes ou un manque de communication », se félicite Marc-Antoine Béland.

Les paroles d’Hélène Veilleux et de Marc-Antoine Béland résonnent à l’unisson. Il faut ajouter vie et couleur au quartier, et l’art a définitivement sa place dans ce processus.

« Nous, on va continuer […] Notre objectif est qu’à chaque année il y ait de nouvelles murales sur notre territoire », indique la directrice générale de la SDC District Central.

Carte des murales présentes dans Montréal
Liste des murales présentes dans Ahuntsic-Cartierville

Page Facebook de Monk.e
Compte Instagram de Cyrielle Tremblay

On peut également lire cet article du JDV sur les trésors cachés d’Ahuntsic-Cartierville.

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