Véronique Lamarche, porte-parole du FRAPRU. (Photo: Andre-Querry, mai 2022)

Devant la crise du logement, les associations de l’arrondissement s’activent.

«La situation du logement est critique et dramatique, déplore Yvon Dinel, organisateur communautaire au Comité logement d’Ahuntsic-Cartierville (CLAC). Les ménages qui n’auront pas pu renouveler leur bail au 1er juillet, donc qui perdront leur logement, vivront un stress énorme dans la recherche d’un nouveau logement, beaucoup trop cher pour ce qu’ils peuvent payer.»

D’ores et déjà, la situation interpelle. Entre le 1er janvier et le 23 avril 2024, l’Office municipal d’habitation de Montréal (OMHM) a reçu 176 demandes d’aide au relogement. De ce nombre, 13 ménages ont nécessité un hébergement temporaire.

Depuis 2020, ce sont environ 880 demandes d’aide au relogement qui ont été reçues par an, et plus d’une centaine de ménages ont été hébergés, chaque année.

Renforcement des services d’aide au relogement

Devançant le 1er juillet et son lot de déménagements, la mairesse Valérie Plante a annoncé, le 1er mai dernier, une «vaste opération de mobilisation».

L’enveloppe allouée à l’OMHM par la Ville passe ainsi de 1,5 M$, en 2019, à 3,5 M$ en 2024, et cette somme annuelle a été confirmée au moins jusqu’en 2025.

Les associations sont dans l’expectative

Membres du CLAC. (Photo : CLAC)

«Il est difficile de se prononcer pour le moment par rapport à ces mesures, prévient Yvon Dinel. Déjà, l’année passée, des locataires qui s’étaient retrouvés sans logement ont vécu quelque temps dans des hôtels. Nous craignons qu’ils soient plus nombreux cette année, alerte-t-il. Ces mesures seront-elles suffisantes ? Nous en doutons, ce sont des solutions permanentes et non pas temporaires qu’il faudrait privilégier. Il risque d’y avoir plus de campements. Les ressources ne suffiront probablement pas à satisfaire les demandes des ménages se retrouvant sans logis.»

Lettre au gouvernement

«D’autres ménages décident de partir, ajoute-t-il, car ils n’en peuvent plus de subir les pressions des propriétaires qui ne font pas les réparations nécessaires afin de les décourager. D’autres encore fuient leur logement insalubre», énumère-t-il. Ce stress, il en est question dans le courrier envoyé par les associations au gouvernement Legault (voir encadré).

«Selon les dernières perspectives du marché de l’habitation de la SCHL, la pénurie s’intensifie et le loyer moyen d’un appartement pourrait croître d’encore 27 %, d’ici trois ans, dans la région de Montréal, se lamente de son côté Véronique Laflamme, porte-parole du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU). Ça fait peur. Il est primordial de mettre en place des mesures véritablement structurantes pour freiner l’explosion du coût des loyers et la multiplication des évictions. Si on veut éviter que de plus en plus de locataires tombent dans la précarité ou l’itinérance, il faut investir massivement dans le logement social sous différentes formes: logements publics de type HLM, gérés par les offices d’habitation, coopératives et organismes sans but lucratif d’habitation.»

Les revendications du RASMQ, du RCLALQ et du CLAC

Le Regroupement des ressources alternatives en santé mentale du Québec (RASMQ) et le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) ont alerté, le 5 mai dernier, dans une lettre ouverte, le gouvernement Legault. Cette lettre, intitulée «Crise du logement et santé mentale : Au secours !», a été signée par plus de 300 organismes québécois. Les revendications sont les suivantes :

– moratoire sur les évictions pour agrandissement, subdivision et changement d’affectation, devenues purement spéculatives selon les signataires de la lettre [les signataires ont obtenu satisfaction sur ce point depuis la rédaction de cet article];
– un contrôle et un suivi obligatoire de tous les projets de reprise de logement et d’évacuations pour travaux majeurs;
– des mesures de contrôle obligatoire des loyers, en particulier un plafonnement des loyers et un registre des loyers, pour empêcher les hausses de loyer dépassant l’inflation;
– mise en place par le gouvernement du Québec ou par la Ville d’un registre universel des loyers pour connaître le loyer du locataire précédent;
– les taux d’ajustement des loyers du TAL devraient être strictement appliqués par les propriétaires, qui devraient justifier tout dépassement de ces taux;
– pour le Québec, la création de 50 000 logements sociaux et communautaires sur une période 5 ans, soit 10 000 logements par an.

Cet article a été tiré du numéro d’été du Journal des voisins (version imprimée) dont le dossier principal est consacré au logement.



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