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Le problème des écocentres : faudra-t-il recycler la récupération?

Publié le 16/07/2019
par Jules Couturier

Vue aérienne de l’écocentre L’Acadie (Source: Google maps)

Plusieurs citoyens d’Ahuntsic-Cartierville constatent qu’il y a beaucoup plus de déchets dans les rues de l’arrondissement depuis quelques mois. Cela peut être relié au fait qu’au cours des derniers mois, l’accès aux écocentres de la Ville, dont celui de l’arrondissement, l’écocentre L’Acadie, a été plus difficile. Et les nombreux déménagements du 1er juillet avec les dépôts dont les résidants veulent se débarasser en bordure des rues ne feront rien pour améliorer la situation.

Un écocentre est un site de réemploi et de récupération des matières résiduelles. Les citoyens s’y rendent pour se débarrasser de débris de construction et de rénovation, de résidus domestiques et de matières dangereuses ainsi que de certains objets trop volumineux pour être récupérés lors de la collecte résidentielle.

Des fermetures forcées

Les écocentres de Saint-Laurent et de LaSalle ont été fermés pour de longues périodes au printemps; celui de Saint-Laurent du 23 avril au 7 juin, et celui de Lasalle du 3 mai au 20 juin.

Ces fermetures ont eu lieu à la suite de l’inscription de l’entreprise Mélimax, initialement responsable de ces deux écocentres, au registre des entreprises non admissibles aux contrats publics (RENA) le 11 janvier dernier. Mélinax est ainsi banni de tout appel d’offres public québécois. L’entreprise est accusée d’avoir déversé illégalement des matières sur un terrain appartenant à son actionnaire principal.

Les conséquences

« La fermeture temporaire des écocentres LaSalle et Saint-Laurent a eu des impacts sur les cinq écocentres qui sont demeurés ouverts », nous explique Camille Bégin, relationniste à la Ville de Montréal.

« Ces derniers ont dû composer avec une augmentation importante des volumes de matières acheminées, causant des engorgements et des arrêts de service ponctuels », poursuit-elle.

Ces impacts se sont fait sentir à l’écocentre L’Acadie à Ahuntsic-Cartierville. Ils ont causé de la frustration chez plusieurs résidants. Certains s’en sont plaints sur Facebook. Dans un commentaire, on pouvait lire que la fermeture de l’écocentre était annoncée à 18h mais qu’à 16h, des citoyens se sont vu refuser l’accès, car il manquait d’espace. D’autres citoyens se sont présentés à 9h et il y avait déjà 14 véhicules en attente de l’ouverture prévue à 10 h.

Un enjeu global

Jérôme Normand, conseiller de ville du district du Sault-au-Récollet, considère que le problème des écocentres est au cœur d’un enjeu plus large et global.

« La récupération des matières recyclables pose des défis, car la qualité de la matière fait trop souvent défaut. Ainsi, deux problèmes se posent : les débouchés internationaux se font plus rares et nos industries de recyclage peinent à rentabiliser leurs activités en raison de la piètre qualité de la matière », pense-t-il.

Et puis d’ajouter :

« De plus, les débouchés locaux que nous pourrions trouver ne se concrétisent pas et les entreprises préfèrent s’approvisionner de matière recyclée de plus grande qualité provenant de l’extérieur du Québec ».

Solutions ?

Camille Bégin nous assure que la Ville est présentement à la recherche de moyens pour améliorer la situation des écocentres sur le territoire.

À cet égard, la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) révise actuellement son Plan métropolitain de gestion des matières résiduelles (PMGMR) afin de trouver des solutions durables à la situation. La Ville de Montréal amorcera cet automne des consultations en ce sens.

Pour sa part, le conseiller Normand, croit qu’il faut revoir l’essence même du système de recyclage.

« D’ici là, nous risquons de continuer à avoir des services de récupération, tels les écocentres, incapables de répondre aux besoins », conclut-il.