La vie normale a repris depuis le ralentissement de la COVID. Toutefois, des entreprises qui avaient reçu de l’argent au début de la pandémie peinent à rembourser leur prêt au gouvernement. (Photo: archives du JDV)

De nombreuses PME risquent de fermer parce qu’elles n’auront pas les moyens de rembourser leur prêt obtenu pour survivre à la COVID-19.

En 2020, Ottawa avait créé le Compte d’urgence pour les entreprises canadiennes (CUEC) et offert des prêts variant entre 40 000 $ et 60 000 $, alors que se multipliaient les confinements et mesures de distanciations sociales. Près de 900 000 entreprises ont obtenu cette aide, dont le Journal des voisins (JDV), qui a remboursé le sien au début du mois.

Concrètement, les PME doivent rembourser leur prêt d’ici le 18 janvier 2024 pour bénéficier d’une subvention qui varie entre 10 000 $ et 20 000 $ (selon le montant du prêt), qui est déduite du montant total du prêt.

Sinon, elles doivent rembourser le montant total d’ici trois ans, avec un intérêt de 5 %.

L’économie a changé

Or, depuis la COVID, l’économie est bouleversée par la hausse subite de l’inflation et des taux d’intérêt. En conséquence, une bonne part des consommateurs et des entreprises ont réorienté leurs dépenses ou se font frugaux.

Ce contexte entraîne une forte baisse inattendue des ventes pour des centaines de milliers d’entreprises. Au même moment, l’inflation a fait gonfler les dépenses. Pour une majorité d’entrepreneurs, cette situation est inédite, alors que la pandémie a coiffé une décennie de croissance économique accompagnée de taux d’intérêt historiquement faibles, qui ont stimulé la consommation.

Résultat, des millions d’entreprises se serrent plus que jamais la ceinture pour simplement survivre. Nombreuses sont celles qui croyaient initialement pouvoir rembourser leur prêt du CUEC et qui, aujourd’hui, n’en ont pas les moyens.

Soit elles sont déjà très endettées et ne peuvent obtenir de nouveau financement, soit leurs propriétaires doivent hypothéquer leurs biens, puiser dans leurs économies personnelles ou emprunter de l’argent à leurs proches pour payer leur prêt CUEC. Plusieurs n’y arriveront pas.

Pas de report

Tout porte à croire qu’Ahuntsic-Cartierville n’échappe pas au phénomène. Les sociétés de développement commercial (SDC) de notre territoire n’ont toutefois pas enregistré de messages de détresse de la part de leurs membres.

Selon la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), environ 200 000 PME d’un océan à l’autre risquent de fermer, car elles n’ont pas les moyens de rembourser leur prêt du CUEC. L’organisme demande une nouvelle prolongation de la date limite.

Cette date limite, initialement le 31 décembre 2022, a été repoussée au 31 décembre prochain, puis au 18 janvier 2024.

Le programme du CUEC a été offert du 9 avril 2020 au 30 juin 2021. Il a coûté au trésor fédéral 49 milliards de dollars.



Restez informé

en vous abonnant à notre infolettre


Vous appréciez cette publication du Journal des voisins? Nous avons besoin de vous pour continuer à produire de l’information indépendante de qualité et d’intérêt public. Toute adhésion faite au Journal des voisins donne droit à un reçu fiscal.

Nous recueillons des données pour alimenter nos bases de données. Pour plus d’informations, veuillez vous reporter à notre politique de confidentialité.

Tout commentaire sera le bienvenu et publié sous réserve de modération basée sur la Nétiquette du JDV.

S'abonner
me prévenir de
guest
0 Commentaires
Commentaires en ligne
Voir tous les commentaires
Vous pourriez aussi aimer ces articles

Dossier technologie – Zoom sur les entreprises technologiques locales

Où logent les entreprises technologiques à Montréal? Dans le Mile-End, Griffintown et…

La crise du logement vient de loin!

Plusieurs mesures ont été prises, très récemment, par différents ordres de gouvernement…
Brouhaha

Malgré les moments difficiles, Brouhaha investit dans l’avenir

Devenue une véritable institution dans le quartier, le Brouhaha broue pub subit…

Dossier technologie – Ufrost: un «micro-ondes du froid» fait ici

Tirer profit du froid québécois: voilà le pari que s’est donné un…