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Pas de deux

Des cours de danse qui font vibrer…

Francine Murray et Claude Pelletier, durant la pause à l’occasion d’une entrevue du jdv et d’une séance de photos durant une répétition de leurs pas de rumba. (Photo: jdv G. Morin-Lefebvre)

L’Union des familles d’Ahuntsic, tout comme d’autres services de loisirs dans l’arrondissement, offre toute une panoplie de cours pour jeunes, et moins jeunes, notamment des cours de danse. Durant cet hiver parfois difficile, la danse (en ligne, sociale, en groupe) se révèle être un bon moyen pour se tenir en forme et passer au travers de l’hiver en toute sérénité… En cette journée de la Saint-Valentin, histoire d’un pas de deux…

Francine Murray et Claude Pelletier ont fait le pari de vieillir heureux. Depuis plus d’une décennie, la danse les unit. Portrait d’un couple actif où l’amour vit à chaque pas…de rumba.

 Les meubles du salon sont « tassés » sur le côté, alors qu’une musique entraînante s’élève de la chaîne stéréo. Claude Pelletier pose sa main sur la taille de sa partenaire, Francine Murray, souriante. Commence alors une rumba lente et romantique.

« Tu n’es pas sur les pas », s’exclame Francine, exigeant de reprendre du début.

Lové sur le canapé, un chat observe le tout sans broncher.

Tout a commencé il y a 16 ans, au début de leur relation.

« Quand je l’ai rencontrée, je lui disais que je rêvais de danser, raconte Claude.  J’ai une maison près de Sainte-Sophie et la semaine suivante quand je suis arrivé ici, madame m’avait inscrit à des cours de danse […] »

Des rires fusent dans la pièce!

« Il rêve de ça, pas de problème, je vais réaliser son rêve », lance Francine.

Mais les douleurs aux genoux, dont souffre Claude, et sa chirurgie pour un ménisque brisé forcent le couple à prendre une pause. Une visite au CHSLD les fera changer d’avis.

« Ma mère est en CHSLD, quand je vais la voir il y a des activités, raconte Francine. Il y a des gens qui souffrent de démence et d’Alzheimer. S’il y a un musicien, tu mets de la musique et ils s’éveillent […] »

En voyant deux patients valser ensemble, Francine ressent une urgence de vivre et de danser pendant qu’elle le peut encore.

« Peut-être qu’on ne dansera plus le mambo ou le double-swing, mais si on danse une rumba et que l’on continue à sourire, ça va avoir valu la peine, dit-elle. Pour moi, c’est comme une garantie de faire évoluer notre couple au-delà de ce qui nous arrivera », affirme Francine, le regard brillant.

Esprit sain, corps sain

Claude et Francine se sont donc inscrits de nouveau à des cours de danse à l’Union des familles d’Ahuntsic (UFA), il y a quelques mois. Le couple danse neuf styles dont le fox-trot, le triple swing, la rumba et la valse lente. Ils y passent de deux à trois heures par semaine… sans compter qu’ils s’exercent à la maison!

« On a aussi entrepris des cours de danse latine, ajoute Francine. Donc on rajoute la bachata et la salsa. Et là, on se mêle dans nos mouvements de bras et on rit parce que ce sont des danses qui utilisent beaucoup les bras », confie-t-elle.

Randonnées en nature ensemble, yoga et marche pour Claude; vieillir sainement, c’est être actif.

Francine est convaincue que la danse les gardera en santé.

« La danse, c’est bon pour le corps, affirme-t-elle. C’est bon pour la tête, parce qu’on a des chorégraphies à suivre ou des rythmes à retenir, ça fait travailler aussi le cerveau. Et c’est bon pour le couple, parce que c’est comme une complicité. »

Quant à lui, Claude réfute l’étiquette d’« aîné ».

« Je sais qu’on est des aînés, mais pour moi je ne suis pas vieux , s’esclaffe-t-il. Je m’entraîne tous les jours […] ».

Le choc des générations

Francine avoue avoir de la difficulté à convaincre d’autres couples de s’inscrire aux cours de danse. Elle constate aussi que « la jeune génération » a des préjugés envers la danse sociale.

« Je suis surprise de voir qu’il n’y a pas plus de personnes qui dansent parce que c’est une belle activité », déplore-t-elle.

Même son de cloche chez son conjoint.

« Il y a des salles de danse qui ferment parce que les gens qui vont danser, ce sont seulement des gens de notre âge ou plus vieux », remarque Claude.

Quoi qu’il en soit, ils continueront de danser longtemps. Leur style de danse préféré?

« Je dirais la rumba […] , répond Francine sans hésitation. On dit que la rumba, c’est la danse de l’amour. C’est une danse qui nous berce un peu, je dirais. Quand on danse la rumba, on sourit. » « Quand je danse, j’ai toujours le sourire », reconnaît Claude.

Comme la danse, l’amour n’a pas d’âge…