La Grèce, sur un globe terrestre. Les Grecs de Montréal célèbrent la fête de l’indépendance le 25 mars. (Photo: Toma Iczkovits, collaboration spéciale)

Le 25 mars, c’est la fête de l’indépendance de la Grèce, une des deux fêtes nationales célébrées par les Grecs. À l’occasion de cette date, le Journal des voisins vous brosse un portrait de la communauté grecque de notre territoire.

Selon les données du recensement de 2016, 1 835 résidants d’Ahuntsic-Cartierville sont nés en Grèce. Au Québec, quelque 71 330 personnes sont d’origine grecque, dont la moitié est installée à Montréal.

Cette immigration est arrivée au pays à 50 % pour des raisons économiques: les Grecs démontrent par ailleurs de réelles qualités commerciales avec 32,1 % de cette immigration active dans la vente et les services.

Le Canada et la Grèce partagent de nombreuses relations depuis maintenant 80 ans, qu’elles soient commerciales ou bilatérales. En 2022, le commerce bilatéral de marchandises avec la Grèce représentait 521,8 millions de dollars.

La Communauté hellénique du Grand Montréal, un organisme au service de la population grecque, existe par ailleurs depuis 1906 à Montréal. Elle fournit aux citoyens du Québec d’origine grecque une grande variété de services: culture, sport, éducation, services religieux, etc. Elle permet également de conserver le patrimoine grec de ses ressortissants, tout en les aidant à s’intégrer dans leur nouvelle culture.

Le mercredi 15 mars dernier, le ministre des Affaires étrangères grec en visite à Montréal, Níkos Déndias, s’est déclaré «fier de la communauté grecque» installée dans la métropole, lors de sa visite à l’organisme hellénique attenant à la Cathédrale orthodoxe Saint-Georges. Il a été reçu par Mélanie Joly, ministre des Affaires étrangères du Canada et députée d’Ahuntsic-Cartierville.

Mélanie Joly, ministre des Affaires étrangères, face à son homologue grec, Níkos Déndias. (Photo: Toma Iczkovits, collaboration spéciale)

Deux fêtes nationales

La Grèce célèbre deux fêtes nationales: le 25 mars et le 28 octobre. Le 25 mars marque le début de la guerre d’indépendance grecque, mais constitue aussi une des plus grandes fêtes religieuses orthodoxes: le fête de l’Annonciation de la Vierge, une date très importante pour les Grecs.

Le 25 mars 1821, les Grecs commencent en effet leur insurrection contre l’Empire ottoman, qui avait autorité sur le pays depuis la chute de l’Empire byzantin et la prise de Constantinople par les Turcs en 1453. L’indépendance unilatérale de la Grèce est proclamée une première fois le 12 janvier 1822, par un congrès de députés grecs.

Toutefois, si la guerre est favorable aux Grecs en premier lieu, elle s’étale finalement sur neuf ans. Le 3 février 1830, le sultan Mahmoud II reconnaît l’indépendance de la Grèce à Londres, à la suite de la destruction de sa flotte turco-égyptienne par les occidentaux.

La deuxième fête nationale de la Grèce a lieu le 28 octobre: c’est le Jour du Non, ou «to óchi». Le 28 octobre 1940, l’Italie fasciste de Mussolini impose un ultimatum à la Grèce: laisser les troupes italiennes occuper plusieurs endroits stratégiques du pays, ou bien la guerre serait déclarée.

La réponse du dictateur grec Ioánnis Metaxás est simplement «Non!» et marque l’entrée de la Grèce aux côtés des Alliés dans la Seconde Guerre mondiale.

Marlond Asllani, propriétaire, et Chrysoula Iliadou, employée du restaurant grec Nostos, sur le boulevard de l’Acadie. (Photo: Toma Iczkovits, collaboration spéciale)

Célébrations

Les Grecs célèbrent ainsi les deux fêtes nationales et les manifestations sont les mêmes: défilé militaire, mais aussi défilés des écoliers et des étudiants. Au programme: de nombreux drapeaux grecs fièrement élevés, de beaux uniformes scolaires ou militaires et de nombreuses fanfares qui défilent dans les rues.

Chrysoula Iliadou, employée au restaurant grec Nostos dans le District Central, s’y rendra comme chaque année avec ses enfants (qui seront en uniforme comme le veut la tradition). «Pour moi, la culture grecque est enracinée en moi: je suis grecque à 100 %!» sourit la cousine d’Effie Giannou, conseillère de la ville du district Bordeaux-Cartierville, avec qui elle compte célébrer ce week-end. Leurs festivités se poursuivront avec un repas typiquement grec.

La tradition veut que la communauté hellénique se délecte d’un plat typique de cette fête, appelé Bakaliaros Skordalia: de la morue salée (sèche ou en friture) servie avec des pommes de terre et le Skordalia, une sorte d’aïoli. Les accompagnements du plat diffèrent selon les familles et les régions: betterave ou horta (une préparation de légumes verts bouillis), par exemple.

La Communauté hellénique du Grand Montréal organise chaque année de nombreux événements pour célébrer cette date, comme son propre défilé. Celui-ci sera composé des étudiants des institutions scolaires grecques de Montréal, mais aussi des diverses communautés religieuses et culturelles helléniques. Les drapeaux de la Grèce, du Québec et du Canada seront fièrement portés par les participants.

Le défilé se tiendra le lendemain de la fête nationale, ce dimanche 26 mars à Parc-Extension. Il débutera à 13 h à l’angle de la rue Hutchison et de la rue Jean-Talon. Vous pouvez retrouver le programme des festivités de la fête nationale grecque, organisées toute la fin de semaine, ici.



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carole grenier
carole grenier
1 Année

Article très intéressant, bien résumé, bien écrit. Nous permet de mieux connaître cette communauté. Bravo

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