La galerie EISODE expose l’installation Points de suspension de Nady Larchet jusqu’au 10 avril 2024. (Photo: Camille Vanderschelden, JDV)

La galerie d’art EISODE ouvre sa nouvelle programmation avec l’exposition Points de suspension de Nady Larchet. À découvrir jusqu’au 10 avril 2024 dans Youville.

La galerie d’art EISODE, située au 9634A, rue Lajeunesse, se spécialise en arts génératifs. Subtilement dérobé au regard des passants, cet espace d’exposition unique en son genre prend la forme d’un appartement dans une cour arrière.

Cet espace privatif invite le spectateur, en visite guidée ou en autonome, à entrer en immersion totale avec l’œuvre. Chaque exposition de la galerie EISODE, lorsque menée en visite guidée, est accompagnée d’un thé spécialement choisi en accord avec l’exposition. Une façon assurée de solliciter tous vos sens durant votre visite.

Jusqu’au 10 avril, découvrez l’installation d’envergure de Nady Larchet intitulée Points de suspension. Tour de force technique, cette œuvre cinétique (en mouvement) est complètement autonome.

Une allégorie de la violence

Des dizaines de cuillères, regroupées en «familles» sous des plaques de plexiglas, s’attirent et se rejettent mutuellement par un jeu magnétique. Un phénomène à la fois d’attraction et de répulsion, représentant la peur et l’attirance, retranscrit par l’utilisation d’électroaimants.

Ce jeu de cuillères est directement relié à deux télévisions projetant des images enregistrées, accordées en temps réel avec l’installation. Sur ces images, de la vaisselle est stockée sur une étagère de bois. Chaque entrechoquement de cuillères provoque la chute progressive de cette vaisselle au sol.

L’œuvre Points de suspension est donc une allégorie des violences invisibles dans les relations interpersonnelles. L’œuvre de Nady Larchet dépeint ainsi la violence psychologique, la manipulation ou encore les menaces.

«Ces types de violences, souvent gardées sous silence, ne laissent pas de trace physique, mais causent lentement une dégradation de l’estime personnelle et de la santé mentale des victimes», explique l’artiste. La chute de la vaisselle au sol représente donc l’escalade de ces situations, menant souvent à des événements tragiques.

Œuvre autonome

Prouesse technique, l’installation Points de suspension fonctionne à 100 % de manière autonome. Des électroaimants reliés à un dispositif de contrôle provoquent l’oscillation des cuillères. Ce dernier émet des courants variables et à double sens.

Ce système permet d’influencer les phénomènes d’attraction et de répulsion entre les cuillères. En outre, l’aléatoire influence largement la programmation des microcontrôleurs. Les interactions entre les cuillères sont donc soit consentantes (ou électriquement compatibles) ou non consentantes.

Dans le premier cas de figure, l’interaction entre les objets ne provoque aucun son. Dans le cas contraire, une fréquence sonore se retranscrit dans la salle d’exposition et provoque par ailleurs la chute de la vaisselle dans les vidéos liées.

De cette façon, l’œuvre nécessite la présence prolongée du spectateur pour qu’il puisse saisir l’installation dans son ensemble. À l’image des relations humaines, le temps laisse en effet entrevoir des jeux d’influence qui se cachent au premier regard.

Nady Larchet

Points de suspension est le fruit d’une première collaboration de cocréation entre la galerie EISODE et le centre d’art sonore et électronique Avatar, situé à Québec. L’œuvre est signée Nady Larchet, une artiste multidisciplinaire originaire de la Côte-Nord.

Nady Larchet explore l’interactivité, l’électronique et l’art sonore dans ses œuvres. Largement basées sur le mouvement, ses réalisations sont générées par des algorithmes qui font interagir l’œuvre avec son environnement.

La plupart de ses créations sont un parallèle métaphorique à la vie quotidienne. Nady Larchet souhaite notamment porter une réflexion à la fois contemplative et critique du monde «hyperconnecté» dans lequel nous vivons aujourd’hui.

L’exposition Points de suspension investit les murs de la galerie EISODE du 4 mars au 10 avril 2024. Le 10 avril, rencontrez l’artiste à l’occasion du démontage de l’exposition.



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