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L’Étourneau sansonnet: un opportuniste shakespearien!

Publié le 08/10/2017
par Jean Poitras

(Starling)   (Sturnus vulgaris) – Plumage d’hiver – photo: J. Poitras

Cet oiseau n’est pas originaire de l’Amérique; il y a été introduit vers 1890 par un amateur de Shakespeare qui voulait avoir près de chez lui toutes les espèces d’oiseaux citées dans l’œuvre de cet écrivain. C’est ainsi qu’il en a relâché une centaine dans Central Park à New-York.

Comportement

Opportuniste et très adaptable, l’étourneau s’est vite répandu à travers le continent, de la limite des arbres au nord jusqu’au nord du Mexique au sud et ce, de l’Atlantique au Pacifique. Il prolifère dans tous les habitats et se trouve fort à l’aise dans les villes.

Il compétitionne agressivement avec des espèces indigènes (petits pics, hirondelles, merles bleus etc.) pour obtenir les meilleurs cavités de nidification. Il est d’ailleurs peu dédaigneux sur l’endroit où il niche. Tout peut faire l’affaire, ancien nid de pic ou autre cavité d’un arbre, nichoirs prévus pour d’autres espèces, tuyau d’évacuation de sèche-linge, orifice dans une corniche, et même (observation personnelle) un lampadaire de feux de circulation dont l’extrémité du support horizontal avait été laissée non obstruée.

Livrée et subsistance

Plumage d’été – photo: J. Poitras

Son plumage d’été est d’un noir iridescent avec des stries brunâtres sur le long des plumes des ailes. Il a le bec jaune

et les pattes d’un brun orangé. Vers la mi automne, il revêt la livrée mouchetée qui lui a valu son nom anglais de « Starling » (étoilé), et son bec prend une teinte brunâtre. Il montre peu de dimorphisme sexuel sauf quelques petits détails peu visibles comme un cerne autour de l’œil pour la femelle. Les juvéniles sont d’un brun grisâtre avec le pourtour des plumes alaires d’une teinte plus pâle et le bec brun foncé.

Son alimentation se compose principalement de petits insectes et invertébrés qu’il picore au sol avec son bec pointu. Les petits fruits, cerises, baies et autres ainsi que les grains de céréales complètent son menu. Aux mangeoires, les blocs de suif et les graines tombées au sol sont un bon substitut hivernal.

Voix et hibernation

Juvéniles – photo J. Poitras

Son « chant », peu mélodieux, d’où son surnom sansonnet, se compose de sifflements, pépiements, de « scrouiik, scrouiik » comme une poulie grinçante, et d’imitations du chant d’autres espèces.

Il ne migre pas mais s’assemble à l’automne en bandes pouvant atteindre des milliers d’individus pour s’alimenter dans les champs ou les prés. Il exécute alors des ballets aériens spectaculaires et se groupe en une troupe bruyante dans un ou quelques arbres proches pour y passer la nuit. L’hiver venu, on le voit en petits groupes errer ça et là en quête de nourriture.