Lors de la précédente campagne électorale municipale, à peu près à la même date qu’aujourd’hui, soit en août 2017, Projet Montréal avait annoncé en grande pompe –avec la participation de la candidate à la mairie, Valérie Plante–, la création d’un observatoire sur le bruit qui aurait eu pignon sur rue dans Ahuntsic-Cartierville. Quatre ans plus tard, toutefois, le dit observatoire n’existe toujours pas, et le projet n’a pas fait grand bruit jusqu’à présent. 

D’après Jean-François Desgroseilliers, le directeur de cabinet de la mairesse d’Ahuntsic-Cartierville, il ne s’agissait pas que d’une simple promesse électorale : selon lui, l’observatoire sur le bruit aurait déjà commencé ses activités si la COVID-19 n’avait pas changé le cours des choses. 

« Nous étions assez bien lancés, mais la pandémie est arrivée depuis. Nos partenaires ont été mobilisés par autre chose. Aéroports de Montréal [ADM] est une grosse organisation, mais ils avaient plusieurs choses à gérer », explique M. Desgroseilliers.  

Le projet piloté par la Ville-centre sera éventuellement dirigé par la commissaire du bruit et de la nuit, Déborah Delaunay, qui a plusieurs années d’expérience en observation du bruit. 

« Mme Delaunay parle à beaucoup de partenaires, dont la direction de la santé publique, des universitaires ainsi qu’ADM pour que l’observatoire se concrétise », dit M. Desgroseilliers. 

Le bruit est un enjeu important dans Ahuntsic-Cartierville, où les avions circulent pour décoller ou atterrir à l’aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau. Des groupes citoyens représentent d’ailleurs les intérêts des résidants du nord de la ville, dont les Pollués de Montréal-Trudeau, qui réclament l’application d’un couvre-feu et une gestion moderne des impacts environnementaux causés par l’aéroport. 

« Étant donné que le trafic aérien va augmenter, la Ville de Montréal devrait mandater et financer le Service de l’environnement afin d’installer les premières stations publiques de mesure de bruit aérien. Elle devrait s’engager à ce que les données de ces stations soient diffusées comme le sont les données sur la qualité de l’air depuis les années 1970 », croit Antoine Bécotte, vice-président des Pollués. 

Bien que le bruit des avions soit moins fort depuis le début de la pandémie – il y a moins d’avions dans le ciel et des travaux majeurs ont lieu par intermittence sur la piste 24R, dont l’approche finale passe au-dessus d’Ahuntsic-Cartierville – d’autres sources de bruit sont problématiques en ville, dont la circulation routière, la construction ou le bruit industriel. 

De meilleurs capteurs

Entretemps, l’observatoire citoyen du bruit MONTRÉAL-dB, qui est soutenu financièrement par l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville (5000 $), utilise de nouvelles technologies afin de contribuer au recensement de données sonores. Les capteurs de la compagnie GetNOISY enregistrent en temps réel le son émis par les avions.  

« C’est une technologie basée sur l’intelligence artificielle qui est en mesure de détecter les bruits émis par les avions, les autobus, les voitures… Les bruits de plus de 60 décibels seront enregistrés », souligne Bill Mavridis, concepteur de MONTRÉAL-dB. 

Malheureusement pour MONTRÉAL-dB, les 12 nouveaux capteurs n’ont pu être installés en 2020 en raison des délais occasionnés par la pandémie. Toutefois, M. Mavridis espère que les installations pourront avoir lieu dans les prochaines semaines. 

Les capteurs seront installés chez des citoyens volontaires dans les secteurs H2C, H2M et H3L, qui sont les plus touchés par le bruit d’après les données recueillies par l’application AEROplainte, également créée par Bill Mavridis. 

Consulter la carte des plaintes recueillies par MONTRÉAL-db / AEROplainte en 2020

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Francine L.
Francine L.
25 Jours

L’observatoire du bruit doit être INDÉPENDANT. Qu’est-ce qu’ADM fait dans le portrait? Il faut les tenir à distance et ils ne doivent pas faire partie des parties prenantes.

Lachapelle Pierre

Mon collègue Antoine Bécotte a très bien répondu aux questions de M Fournier quand il a souligné que la première étape à franchir par une administration de Projet Montréal, c’est d’installer des stations municipales, donc publiques, de mesure du bruit. Entre l’élection de 2017 et le début de la pandémie, il y avait tout le temps voulu pour passer à l’action et établir le sérieux de cet engagement et la confiance entre les élus et les citoyens.
Il faut se rappeler un conseil d’arrondissement de l’automne 2018 tenu au parc des Hirondelles, alors que la question avait été posée à Mme Thuillier, relativement à la mise en place de l’observatoire. Mme Thuillier avait clairement affirmé qu’il n’y avait aucun calendrier de réalisation pour l’observatoire. En gestion de projet, s’il n’y a pas de calendrier, c’est qu’il n’y a pas de projet.
Pour être sérieux, il faudrait aussi que nos élus élues démontrent leur pouvoir de persuasion en obtenant dès cette année 2021, qu’Aéroports de Montréal rendent publiques les données des 8 stations de mesure du bruit aéronautique qui sont exploitées par cette entreprise privée, ADM, responsable depuis 1992 de la gestion des aéroports de Montréal (Dorval et Mirabel).
Enfin pour les Pollués de Montréal-Trudeau, l’urgence réside dans l’implantation d’un couvre-feu 23h-7h à l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau. Les fonctionnaires municipaux et les chercheurs universitaires pourront observer et analyser tant qu’ils veulent, si les citoyens ne peuvent jouir de la quiétude de leur logis et d’un sommeil réparateur la nuit, tout observatoire n’y changera rien.

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