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Avec opération « Gofundme »

Nouvelles actions des Pollués contre ADM

Publié le 17/01/2019
par Paul Cérat

Le groupe de citoyens Les Pollués de Montréal-Trudeau (LPDMT) entame de nouvelles procédures judiciaires contre Aéroport de Montréal (ADM) concernant les obligations de l’autorité aéroportuaire à faire respecter un couvre-feu de l’activité aéronautique nocturne. Ce faisant, le groupe lance également une opération « Gofundme ». LPDMT conteste aussi l’absence de tenue de consultations publiques sur le projet de rénovation et d’agrandissement de l’Aéroport Pierre-Eliott Trudeau. Finalement, LPDMT souhaite également intenter une action collective contre ADM concernant la qualité de l’air.

En conférence de presse le 16 janvier dernier, le président du groupe LPDMT, Pierre Lachapelle, déplorait de devoir s’en tenir aux tribunaux une nouvelle fois pour faire entendre les revendications du collectif.

« Nous sommes très déçus », souligne-t-il.

Le collectif dénonce le non-respect d’un couvre-feu des activités aéronautiques nocturnes par ADM, causant selon eux, une pollution sonore très nocive pour les citoyens affectés. Selon les règles internes d’ADM, il n’existe pas de couvre-feu.

Cependant, des restrictions sont appliquées la nuit, limitant le décollage des avions gros-porteurs commerciaux à l’aéroport Pierre-Eliott-Trudeau entre minuit et 7 h le matin, ainsi que l’atterrissage entre 1 h et 7 h le matin. Seules quelques exemptions, notamment des urgences médicales et des retards dus aux mauvaises conditions météorologiques, peuvent justifier aux gros-porteurs de décoller et d’atterrir aux heures touchées par ces restrictions.

Pour l’avocat du collectif LPDMT, Me Gérard Samet, il y a beaucoup trop de trafic aérien pendant la nuit. D’après lui, cela signifie que les exemptions sont largement tolérées dans la pratique. Pour le collectif, cela justifie la nécessité de vérifier les obligations légales d’ADM quant au respect de ces restrictions. Par ces actions devant les tribunaux, le groupe Les Pollués désire implanter un couvre-feu de 23 h à 7 h le matin.

«Nous voulons un jugement déclaratoire pour qu’il y ait zéro vol, aucun », souligne Pierre Lachapelle.

Pas de consultations ?

LPDMT exige aussi de pouvoir se prononcer par voie de consultation publique sur le projet d’agrandissement et de rénovations de l’aéroport Pierre-Eliott-Trudeau évalué à 4,5G$. Selon eux, l’élargissement de l’aéroport pourrait aller jusqu’à inclure 15 portes d’embarquements supplémentaires, ce qui aurait un impact significatif sur le trafic aérien ainsi que sur la pollution sonore.

Selon Me Samet, la loi canadienne sur la protection de l’environnement imposerait à ADM de devoir inviter les citoyens concernés à une consultation publique sur le projet. Pourtant, la ministre de l’Environnement du Canada, Catherine McKenna, ainsi qu’ADM n’ont pas donné suite aux demandes du collectif.

« C’est silence radio », déplore Pierre Lachapelle.

 Un rapport de McGill

En s’appuyant sur un dernier rapport de l’Université McGill étudiant la qualité de l’air à l’Aéroport de Montréal-Trudeau, les Pollués de Montréal-Trudeau entament aussi un nouveau recours collectif en cour.

Selon le groupe citoyen, le rapport fait état de pollution de l’air par des nanoparticules d’origine aéroportuaire dans un large périmètre autour de l’aéroport Montréal-Trudeau. D’après les conclusions du rapport, cette pollution de l’air dans le périmètre autour de l’aéroport est parfois plus importante que celle calculée en plein centre-ville de Montréal.

En terminant, le collectif a annoncé la création d’une campagne de sociofinancement en ligne par la plateforme Gofundme. Selon Pierre Lachapelle, cette collecte de fonds servira à défrayer les coûts occasionnés par ces nouvelles actions judiciaires. Le collectif explique cette démarche à la suite de l’impossibilité d’obtenir un financement des Fonds d’aide financière aux actions collectives pour ces dernières.