La périménopause et la ménopause sont deux phases de vie auxquelles certaines femmes pensent déjà, tandis que d’autres les vivent actuellement. Elles demeurent pourtant mal connues. Comment donc mieux vivre ces transitions et prendre soin de sa santé ?
Le Journal des voisins (JDV) a interrogé plusieurs femmes de l’arrondissement sur la périménopause et la ménopause – ce qu’on appelait communément « retour d’âge » avant que le sujet soit ouvertement abordé. Pour rappel, la ménopause marque l’arrêt des menstruations, tandis que la périménopause correspond à la période de transition qui la précède. Cela dit, un constat revenait souvent : les femmes rencontrées avaient principalement entendu parler de ces phases de vie par leur entourage plutôt que par l’entremise de sources médicales ou scientifiques.
Un témoignage se démarque, celui d’Amélia (non fictif), une travailleuse d’Ahuntsic. Elle raconte qu’à 36 ans, des migraines, des crampes, une fatigue intense et d’autres symptômes ont commencé à apparaître, sans qu’elle comprenne ce qui lui arrivait. Elle fait également état de douleurs articulaires insupportables et d’insomnie. Sans réponse à ce qu’elle traversait, elle a alors eu l’impression que sa vie lui échappait. À 44 ans, sa ménopause était confirmée.
Comme Amélia, certaines femmes peinent à mettre des mots sur les transformations qui s’opèrent dans leur corps et dans leur tête. Le docteur Sergiu Vlad, obstétricien-gynécologue au GMF du Boisé, constate que le sujet demeure relativement tabou et peu enseigné, et que même les femmes n’en discutent pas toujours librement entre elles.
À l’écoute de son corps
Le docteur Vlad explique que les symptômes de la périménopause sont liés aux fluctuations et à la baisse des hormones produites par les ovaires. Il donne l’exemple de douleurs articulaires touchant les petites articulations, les coudes et les épaules, qu’une femme pourrait associer à son travail ou à sa posture sans penser aux changements hormonaux. « La première étape importante, c’est de connaître ses symptômes et la façon dont la périménopause et la ménopause peuvent se manifester », explique-t-il.
L’expérience varie toutefois d’une femme à l’autre. La docteure Thanh-Lan Ngô, psychiatre et chef de la clinique des maladies affectives à l’Hôpital en santé mentale Albert-Prévost, souligne que la sensibilité aux variations hormonales diffère d’une personne à l’autre, et qu’il n’existe pas de marqueurs biologiques qui permettent de caractériser cette sensibilité. Aussi est-il recommandé de consulter dès qu’un changement inexpliqué est observé ou que les symptômes ressentis ont un impact sur la qualité de vie.
Des gestes simples pour rester en bonne santé
Prendre soin de sa santé pendant ces étapes de transition biologique ne nécessite pas de modifier radicalement ses habitudes de vie. Pour le docteur Vlad, les recommandations à suivre rejoignent celles associées au vieillissement, à commencer par rester en mouvement. Sur le plan de l’alimentation, il ne suggère pas de régime particulier, mais insiste notamment sur l’apport en protéines et en calcium. Adopter de bonnes habitudes de vie n’exige pas forcément de grands moyens. « Qu’il suffise de penser à la marche à l’extérieur. C’est gratuit ! » rappelle-t-il.
Sur le plan de la santé mentale, la docteure Thanh-Lan Ngô souligne que d’autres facteurs que les fluctuations hormonales entrent en jeu, comme les antécédents de dépression, la sédentarité, la précarité financière et les événements stressants. Selon sa situation, une patiente peut avoir recours à une psychothérapie ou une aide psychosociale.

S’informer permet de mieux prendre soin de soi
Amélia décrit le manque d’information comme un facteur très isolant. Comprendre que les changements physiques et mentaux qu’elle vivait étaient liés à la ménopause lui a permis de se sentir davantage en contrôle. Elle suit aujourd’hui une formation pour obtenir une certification en accompagnement de la ménopause.
Plusieurs femmes interrogées par le JDV affirmaient d’ailleurs ne pas connaître les ressources scientifiques disponibles sur la périménopause et la ménopause. Le docteur Vlad souligne que ces ressources existent, mais il invite les femmes à rester prudentes face à la mésinformation et la désinformation sur Internet et certaines plateformes. Il recommande à ses patientes le site MaMenopause.ca, qui propose de l’information sur ces sujets provenant de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada.
Une ressource locale pour de saines habitudes de vie
À Ahuntsic, le Centre Jean-Jacques-Gauthier offre des ateliers sur les saines habitudes de vie, notamment sur l’alimentation et l’activité physique. Animés par une nutritionniste et une kinésiologue, ces ateliers sont accessibles sans référence médicale.
Et chez les hommes ?
À partir de l’âge de 30 ans, le taux de testostérone chez les hommes tend à diminuer progressivement. Chez certains, cette baisse peut éventuellement mener à un déficit en testostérone associé au vieillissement, parfois appelé andropause. L’insomnie, la fatigue, une baisse d’énergie, des difficultés de concentration et l’irritabilité peuvent faire partie des manifestations rattachées à ce déficit. Contrairement à la ménopause, l’andropause ne correspond pas à un arrêt soudain de la production hormonale. Les effets de cette diminution progressive varient d’un homme à l’autre. En présence de symptômes persistants, une consultation médicale permet d’en déterminer la cause.
Cet article a été publié dans la version papier du JDV du mois d’octobre 2026.








