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Plateaux sportifs et gradins: plus «pacifiques» ?

Publié le 04/12/2018
par Alain Martineau

Lancement du programme à l’Institut Pacfique (Photo: site Web de l’Institut)

Un organisme développant des programmes antiviolence à l’école et ayant pignon sur rue dans Ahuntsic-Cartierville transporte maintenant ses initiatives dans le monde du sport afin de «susciter de nouvelles consciences».

Depuis plus de 40 ans, l’Institut Pacifique conçoit des programmes et offre, ici et à l’étranger, des services afin de favoriser des rapports sociaux sans violence.

Appuyé par des organisations internationales comme l’Unesco, l’organisation a développé une expertise auprès des enfants, surtout en milieu scolaire.

Mais maintenant, il œuvre sur divers plateaux sportifs et en périphérie, ces lieux (patinoire, terrains de soccer ou baseball) où les exemples de dérapages sont nombreux : violence, racisme et intimidation, sans oublier le langage grossier sortant de la bouche de ceux et celles que l’on tente de ramener à la raison : jeunes athlètes, entraîneurs,  et parents entre autres.

Le but, avec son programme intitulé «Le sportif pacifique», est de s’attaquer à toutes formes d’intimidation afin de mettre un terme à l’incivilité dans le sport.

Les équipes derrière le programme ont commencé leur travail il y a deux ans.

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Récemment, dans le nord de la ville, on a remis à des  jeunes joueurs et joueuses d’équipes sportives ainsi qu’à leurs parents un questionnaire (onze questions) portant entre autres sur le comportement. Après l’avoir complété, l’enfant et ses parents comparent leurs réponses et discutent.

On aura dans quelques mois une bonne idée des résultats de l’initiative.

Appui soutenu de personnalités

Plusieurs personnalités du monde du sport ont participé mercredi matin au point de presse de l’Institut à l’aréna d’Ahuntsic, avec le concours des Braves d’Ahuntsic, une organisation phare dans le monde du sport au Québec (plus de 500 joueurs, une centaine de bénévoles et mille parents) :  Karell Émard, attaquante des Canadiennes de Montréal; Khadim Mbaye,  joueur de ligne défensive des Alouettes de Montréal; et Luc Gélinas, commentateur sportif de RDS. Absent, l’expert en arts martiaux mixtes Georges St-Pierre a témoigné via le téléphone.

« Les arts martiaux mixtes ne sont pas un jeu, a dit la vedette internationale, il faut que le jeune commence à se respecter soi-même et après, il apprend à respecter les autres. (…)Il faut aussi qu’il évite de s’éloigner du sport à cause de l’intimidation », a-t-il ajouté.

Pour sa part, la joueuse de hockey des Canadiennes a relaté de douloureux souvenirs en faisant référence, alors qu’elle n’avait que 13 ans, aux propos d’un papa d’une autre époque affirmant que «les filles sont de trop dans un monde d’hommes et qu’elles devraient retourner dans la cuisine» (sic).

« Je ne pouvais pas croire, a mentionné la sportive âgée de 30 ans aujourd’hui, qu’un père, un parent puisse dire ça. Je ne fais que jouer au hockey, avec un rêve » a-t-elle expliqué, ajoutant que cela l’avait marquée pour toujours.

L’Institut Pacifique a développé des programmes antiviolences dans le monde du sport. Karell Emard,des Canadiennes de Montréal, avec le jeune Raphael, receveur de baseball âgé de dix ans, et Luc Gélinas, commentateur sportif à RDS appuient cette initiative. (Photo: jdv Alain Martineau)

Pour sa part, un jeune receveur de baseball, Raphaël, âgé de dix ans, a raconté devant les médias et invités qu’il était déjà intervenu avec l’arbitre pour séparer les entraîneurs des deux équipes rivales lors d’un match pour le moins houleux.

Messages à répéter

« Si le sport est bénéfique pour le corps et l’esprit, sa pratique donne parfois lieu à l’agressivité et aux comportements antisportifs, ce qu’il faut combattre sans renier l’esprit de compétition », a plaidé la directrice de  l’Institut Pacifique, Shirlane Day.

L’organisme offre une panoplie d’outils pédagogiques pour favoriser les conduites pacifiques au sein des organisations.

Pour Mme Day, les services offerts (formations, accompagnement et médiation) ont été conçus pour tous les «acteurs», des athlètes aux spectateurs parents, en passant par les entraîneurs et dirigeants de clubs.

« Jusqu’ici, on avait beaucoup d’outils mais peu d’accompagnement, a-t-elle avoué, alors il fallait changer la donne ».

L’Institut a dévoilé les résultats d’une étude effectuée en 2011 auprès de 600 joueurs de soccer âgés entre 12 et 17 ans inscrits dans un programme soccer-études en province; 72% d’entre eux ont dit avoir été témoins d’au moins un comportement antisportif au cours de la dernière année. La moitié des jeunes interrogés ont signalé aussi avoir été victimes d’au moins un comportement violent.

Pour plus d’infos sur ce programme, c’est sur le site de l’Institut, par ici!