(Photo : Pixabay)

Certains résidants ont pu observer un voisin, ici et là, qui avait apporté une ou des poules dans nos quartiers au cours des derniers mois, mais… Il n’est toujours pas permis de posséder des poules dans l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville. En 2013, Sophie Séguin, une citoyenne qui veillait au grain quant à ses volailles. avait fait circuler une pétition pour en obtenir le droit de garde à la suite d’une plainte formulée par un citoyen de l’arrondissement voulant qu’elle s’en départisse. 

Un règlement qui date de 1966 interdit à tout citoyen l’élevage, l’abattage ou la vente de volailles.

« La possession de poule est interdite dans l’arrondissement », affirme Émilie Miskdjian, chargée de communication pour l’arrondissement, qui précise par ailleurs qu’aucun projet pilote n’est actuellement en préparation pour autoriser la possession de poules dans l’arrondissement.

Une nouvelle règlementation

Si Ahuntsic-Cartierville voulait légaliser l’élevage domestique de certains animaux comme les poules, il faudrait que l’arrondissement en fasse la demande officielle auprès de la Ville-centre. C’est que depuis maintenant un an, Montréal s’est doté d’un projet de réglementation stricte sur le contrôle des animaux qui est maintenant uniforme pour l’ensemble des arrondissements.

« Depuis la saga des pitbulls, la garde des animaux relève d’une législation de la Ville-centre. Denis Coderre a rapatrié ce pouvoir-là qui ne relève maintenant plus des arrondissements », explique Jean-Philippe Vermette, directeur intervention et politique publique au laboratoire sur l’agriculture urbaine. « Dans Rosemont-La-Petite-Patrie qui permet la possession de poules pondeuses, les élus de l’arrondissement ont demandé au comité exécutif de la Ville-centre d’avoir l’autonomie pour réglementer la possession de poules sur son territoire. Ensuite, le comité exécutif a approuvé la demande et c’est ce qui a permis à l’arrondissement de changer sa réglementation », précise-t-il.

Dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, les citoyens ont aussi le droit d’élever des poules à des fins domestiques. Pour changer la réglementation et autoriser la possession de poules pondeuses, Ahuntsic-Cartierville serait tributaire du bon vouloir de la Ville-centre, mais c’est avant tout les citoyens qui devraient en faire la demande.

« On sait que dans plusieurs arrondissements, les gens ont des poules. Il s’agit, comme cela a été fait dans Rosemont Petite-Patrie, de voir comment on peut encadrer et accompagner les gens qui ont déjà des poules en ville. On ne peut pas simplement ignorer le fait que les gens en ont », affirme Éric Duchemin, directeur du laboratoire sur l’agriculture urbaine et professeur associé à l’Université du Québec à Montréal.

Une constatation que partage la résidante Sophie Séguin qui affirme que plusieurs citoyens d’Ahuntsic possèdent toujours des poules à l’heure actuelle et qui souhaiterait que l’arrondissement se penche sur une nouvelle façon d’en réglementer la possession :

« Il faut réglementer pour sécuriser les gens qui pourraient avoir des nuisances et les gens qui n’auront pas de nuisance au lieu d’interdire purement et simplement la possession de poules ».

Tuer la cause dans l’œuf

C’est à la suite d’une plainte formulée par une citoyenne de l’arrondissement que Sophie Séguin avait fait circuler une pétition pour obtenir l’autorisation de garder ses poules.

« Il y a des gens qui ne savaient même pas à quelles adresses il y avait des poules, mais qui allaient quand même se plaindre au conseil d’arrondissement pour nous en retirer la possession », se souvient la citoyenne avec un regard plus détaché.

Sa démarche s’était finalement soldée par un refus de l’arrondissement.

Les pour et les contre

Le débat sur la possession de poules en ville est très polarisé. C’est le moins qu’on puisse dire. Tandis que certains déplorent qu’il y ait déjà trop d’animaux en ville, d’autres estiment au contraire que les poules peuvent être un animal de compagnie au même titre que les chiens.

« Plusieurs personnes craignent que les gens abandonnent les poules dans les ruelles. Et comme il y a déjà beaucoup de chats errants, ces mêmes personnes estiment qu’il ne devrait pas y avoir de poules à Montréal », explique Jean-Philippe Vermette. « Mais d’un autre côté, certains considèrent la poule comme un animal de compagnie dont la présence crée de l’égaiement auprès des enfants et des membres de la famille », dit-il en contrepartie.

Le directeur, intervention et politique publique au laboratoire sur l’agriculture urbaine, précise que des recherches sont actuellement en cours pour étudier les conséquences et les désagréments liés à la présence de poules en ville.

« On fait des tests à propos de la salmonelle et on regarde tous les impacts possibles sur la santé publique pour voir si les peurs des gens sont vraiment fondées. On s’assure aussi auprès de l’arrondissement qu’aucune poule ne soit abandonnée dans les ruelles ».

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Mimi Can
Mimi Can
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Les chats errants devraient être ramassés par la ville.

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