Questionnaire électoral – Anna Simonyan répond à nos questions

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Anna Simonyan au débat des candidats au Collège Bois-de-Boulogne (Photo : jdv – Philippe Rachiele)

Après la députée libérale sortante, Mélanie Joly et la candidate du Parti populaire du Canada, Manon Chevalier, au tour de la candidate bloquiste Anna Simonyan de répondre à notre questionnaire électoral.

Anna Simonyan au débat des candidats au Collège Bois-de-Boulogne (Photo : jdv – Philippe Rachiele)

Pouvez-vous décrire brièvement votre parcours personnel et professionnel et votre lien avec Ahuntsic-Cartierville ?

Je suis née en Arménie. J’ai déménagé au Québec en 2012.

Mes contacts personnels avec Ahuntsic-Cartierville ont été faits à travers la communauté arménienne, surtout pendant la dernière année, durant la guerre entre l’Arménie et l’Azerbaijan pour l’indépendance du Haut-Karabagh, j’ai beaucoup travaillé en mettant en contact la communauté arménienne et le Bloc québecois

Je suis spécialisée en communication et marketing. En Arménie, je travaillais dans les médias et les relations publiques. J’ai une maitrise en commerce, un MBA. J’ai deux certificats de deuxième cycle : l’un en sciences politiques que j’ai obtenu à l’Université de Birmingham au Royaume-Uni, dans le cadre d’une bourse Chevening du gouvernement du Royaume-Uni; le deuxième en relations publiques que j’ai obtenu ici à l’Université de Montréal.

Pour l’instant, je travaille dans le monde des affaires, dans les télécommunications comme directrice de comptes.

Mes intérêts ont toujours été dans le domaine plus public, surtout ce qui est lié au journalisme, aux médias, à la liberté d’expression. J’ai aussi fait beaucoup d’activisme en Arménie en lien avec la protection de la langue arménienne et la préservation du patrimoine.

Habitez-vous dans la circonscription ?

Je n’habite pas le quartier Ahunstic-Cartierville. J’habite à Laval.

Anna Simonyan au débat des candidats au Collège Bois-de-Boulogne (Photo : jdv – Philippe Rachiele)

À votre avis, quel est l’enjeu prioritaire dans la circonscription ?

Il y a un enjeu qui n’a jamais été réglé dans Ahuntsic-Cartierville : c’est celui de la pollution sonore. Les quartiers qui sont proches de l’aéroport font toujours face à ce problème. C’est quelque chose qui doit être travaillé.

Je pense que le gouvernement fédéral doit avoir une approche unifiée pour tout le Canada, pour les arrondissements autour des aéroports. Par exemple, je sais qu’aux États-Unis, dans les quartiers qui sont proches de Boston-Logan, les résidants ont reçu un crédit d’impôt pour changer la fenestration de leur logement. Ça a beaucoup aidé.

C’est sûr que ça ne règle pas tout. Il faut quand même regarder les autres alternatives, comme un couvre-feu, mais on doit essayer d’être un peu raisonnable.

Anna Simonyan au débat des candidats au Collège Bois-de-Boulogne (Photo : jdv – Philippe Rachiele)

Quand avez-vous décidé de vous lancer en politique ? Qu’est-ce qui vous a décidé?

Ce qui m’a poussé vers la politique, c’est une histoire personnelle. C’est la guerre d’indépendance de mon pays. Comme quelqu’un qui a vécu une guerre d’indépendance, je trouve les valeurs du Bloc québécois très proches de moi.

On été obligé toute la communauté de faire résonner le problème avant que le gouvernement fédéral décide de geler les licences d’exportation, mais c’était déjà 10 ans après le commencement de la guerre. On avait déjà un très grand nombre de victimes, des milliers de victimes.  L’effort que ça nous a pris, nous, les Arméniens pour arrêter l’exportation d’armes, ça m’a donné une leçon : le gouvernement fédéral a besoin d’être beaucoup plus responsable.

Que ce soit un gouvernement minoritaire ou un gouvernement majoritaire, ils ont toujours besoin d’un frein, d’un contre-poids. Et ce que j’aime du Bloc, c’est que le Bloc c’est une façon idéale d’être une opposition constructive et une opposition qui va bénéficier au Québec. C’est ça qui m’a amené vers la politique cette année, et vers le Bloc.

Comment voyez-vous le rôle de députée fédérale ?

Pour moi, c’est la protection des intérêts du Québec, de la langue française, de la souveraineté, du droit à l’autodétermination des nations.

Je trouve que le parlement c’est la meilleure façon d’exercer les contrepoids et les freins. Et sans ça il n’y a pas de démocratie.

Où est-ce que vous pensez que vous pouvez avoir le plus d’impact : dans votre bureau de circonscription ou à la Chambre des communes ?

Parce que le Bloc ne sera pas au gouvernement, on sera beaucoup plus ciblé vers notre circonscription.

C’est sûr que je ne deviendrai jamais ministre comme Mme Joly. M. Blanchet ne sera jamais le premier ministre du Canada, on comprend ça.

Ça nous donne la liberté de se concentrer sur la circonscription et d’être redevables envers nos propres électeurs. On a une cible plus étroite, on a cet avantage.

Pourquoi les gens devraient voter pour vous et votre parti plutôt que pour un. e autre candidat.e d’une autre formation politique ?

Les autres partis fédéraux, c’est leur ambition de devenir le gouvernement et quand ils sont le gouvernement, ils travaillent au niveau fédéral. Au Bloc, notre priorité c’est toujours le Québec, toujours nos électeurs de circonscription. C’est ça qui nous distingue.

Aussi, c’est très important d’avoir un certain équilibre au parlement, à la Chambre des communes, d’exercer un contre-poids face au gouvernement.

Le bilan des libéraux montre qu’ils ont besoin de responsabilisation, qu’il faut avoir une très forte opposition. Si les gens d’Ahuntsic-Cartierville veulent avoir une opposition, s’ils veulent contrôler le gouvernement, ils doivent voter pour le Bloc.

Pour le Bloc, ce n’est pas important si ça va être un gouvernement libéral ou conservateur. Le Bloc est bon pour faire des propositions et pour travailler avec les autres partis pour pousser ses priorités. Le Bloc va être là pour pousser notre plateforme, notre programme et nos propositions.

Comment comptez-vous vous attaquer à l’enjeu de la pollution sonore liée au trafic aérien dans l’arrondissement ?

Je crois vraiment que c’est quelque chose qui doit être abordé avec les autres villes et les autres arrondissements qui vivent ce problème. Il faut trouver une mesure qui sera applicable partout.

La première chose qu’on a trouvé comme une mesure qui a vraiment fonctionné dans d’autres pays, c’est le crédit d’impôt pour le changement de fenestration dans le logement.

Avec la pandémie il y a moins de trafic aérien, mais c’est sûr qu’après la pandémie ça va recommencer, ça va même peut-être augmenter, donc c’est important d’utiliser cette petite semi-pause pour trouver une solution.

Un couvre-feu pourrait être possible. Qu’il n’y ait pas de trafic aérien après une certaine heure ou avant une certaine heure, c’est une possibilité, mais ça n’exclut pas le besoin de fenestration. Je suis sûr que ce n’est pas tout le monde dans Ahuntsic-Cartierville qui a les moyens de changer ses fenêtres. C’est quelque chose qui doit être réglé par le gouvernement.

Quelle importance accordez-vous à l’enjeu du logement et comment pensez-vous que le gouvernement fédéral devrait intervenir pour répondre aux besoins en habitation dans Ahuntsic-Cartierville ?

Le Bloc québecois propose qu’Ottawa réinvestisse progressivement dans le logement social et communautaire.

C’est une priorité du Bloc de proposer une taxe sur la spéculation immobilière afin de contrer la hausse artificielle du marché.

Le Bloc québécois propose aussi que toutes les propriétés excédentaires fédérales soient consacrées prioritairement au développement de logement social, communautaire et abordable.

On a un paquet de mesures dans notre programme et il y a des propositions plus spécifiques.

Comment percevez-vous les enjeux liés à la diversité culturelle, linguistique et sociale dans Ahuntsic-Cartierville ?

Je viens de la diversité et je trouve ça très touchant comment les gens m’acceptent à Ahuntsic-Cartierville en sachant que je suis une immigrante de première génération.

Chacun de nous, chacun des représentants des communautés amène ses couleurs et son identité, mais ce qui est très important c’est que ce soit cohérent, que ce soit francophone et que ce soit à la québécoise. Ça donne une façon de s’enrichir les uns et les autres et de s’intégrer au lieu de se désintégrer.

Aussi, il y a beaucoup d’entreprises qui fonctionnent à Ahuntsic-Cartierville qui n’ont pas même un site Web en français. Étant une immigrante qui parle le français comme une quatrième langue, je trouve ça bizarre que ce soit toléré d’avoir des entreprises que ne se présentent même pas aux Québécois en français.

Quelle importance accordez-vous à la question des changements climatiques et quelles devraient être, selon vous, la réponse du gouvernement fédéral face aux bouleversements du climat ?

C’est un autre grand enjeu pour le Bloc québécois.

Tout d’abord, ce que le gouvernement doit faire, c’est d’arrêter de financer et de subventionner les industries pétrolières. On ne peut pas être carboneutre si on achète des oléoducs, si on investit dans le pétrolier. Il faut absolument comprendre ça.

Un des objectifs du Bloc québécois est de modifier la loi sur la carboneutralité pour y insérer les cibles de réduction de gaz à effet de serre pour 2030. Le gouvernement fédéral, le parti libéral, vise encore 2050. 2050 c’est dans 30 ans, on n’a pas de temps à perdre!

Le Bloc demande une relance verte de l’économie. C’est possible, c’est important, et on trouve que le Québec est un bon exemple de comment on peut utiliser l’énergie renouvelable. Le Bloc québécois propose l’instauration d’une péréquation verte afin d’imposer le principe de pollueur payeur.

Les compagnies qui polluent doivent payer plus de taxes. Ça va être notre incitatif pour réduire la pollution.

Encore une fois, on a un paquet de propositions très spécifiques, très ciblées dans notre programme. Le Bloc va pousser pour une transition écologique vers l’énergie renouvelable, vers les véhicules zéro émission.

Quelle devrait, à votre avis, être la réponse du gouvernement fédéral face à la quatrième vague de la COVID-19 et comment entrevoyez-vous la relance post-pandémique ?

C’est vraiment bizarre de parler de la réponse du gouvernement fédéral à la quatrième vague, parce que le gouvernement fédéral a déclenché ces élections dont personne n’avait besoin.

On va avoir les élections les plus chères dans l’histoire du Canada juste à cause de la pandémie. C’est quelque chose dont on n’avait pas vraiment besoin. Il n’y avait pas de loi qui était bloquée, le budget a été accepté.

Je trouve que la gestion de la pandémie au Québec a été très bien faite par le gouvernement provincial, même avec les difficultés qu’on a eues au début. Le gouvernement provincial gère ça très bien, et peut-être même mieux que le gouvernement fédéral.

Pour l’instant je ne vois pas comment le gouvernement fédéral gère la quatrième vague.

Pouvez-vous revenir sur les circonstances entourant votre nomination controversée comme candidate du Bloc dans Ahuntsic-Cartierville?

Je serai très honnête avec vous, je n’étais pas au courant du conflit entre M. Parizeau et le Bloc québécois du tout. J’aurais préféré que ça se passe autrement, mais je n’étais pas impliquée du tout. Je ne suis pas au courant du conflit qu’il y a eu. Je ne sais pas à quel moment il a été annoncé qu’il ne serait pas candidat, je ne sais pas comment ça s’est passé. À ce que je sache, il n’y avait pas d’autre candidat au moment où j’ai été confirmée.

Tout ce que je sais, j’ai lu dans le journal.

Je travaille maintenant avec l’exécutif d’Ahuntsic-Cartierville, je travaille avec les anciens qui ont été là pendant des dizaines d’années. Je n’ai pas de problème. Tout le monde travaille avec moi. On a des bénévoles. Mon directeur de campagne, c’est un représentant de l’exécutif, M. Yves Simard. On est dans ça tous ensemble.

Sur les problèmes personnels, je ne voudrais pas commenter.

C’est dommage. J’aurais bien aimé travailler avec M. Parizeau, je sais qu’il a une grande expérience, c’est une personne de principe. Je trouve qu’il a fait une grande contribution dans le comté, il est un militant convaincu.

J’ai trouvé ça un peu bizarre qu’il fasse des commentaires sur moi, sur le fait que je ne parle pas français. Comme vous pouvez l’entendre : je le parle, avec un accent fort, mais je le parle.

Avez-vous quelque chose à ajouter en terminant ?

Je pense qu’on a couvert pas mal tout.  Si vous avez d’autres questions, si je peux faire quelque chose pour vous, n’hésitez pas à me joindre.

Cette entrevue a été éditée par souci de clarté et de concision.

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