Raid Hasabo, autodidacte du pinceau patrimonial

Raid Hasabo, l’un des artisans inscrits au CMAQ basés dans l’arrondissement. Photo : Benoît Dosseh/JDV.

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Artisan d’origine libano-syrienne installé au Québec depuis environ huit ans, Raid Hasabo, peintre décorateur, autodidacte, consacre son savoir-faire à la restauration décorative.

Raid Hasabo aimerait bien transmettre « sa passion » à la jeune génération. Photo : Benoît Dosseh/JDV.

Il est l’un des quatre compagnons basés dans l’arrondissement, présent dans le répertoire du Conseil des métiers d’art du Québec (CMAQ). À travers son parcours, il défend une vision exigeante du métier : préserver la mémoire des bâtiments.

Avant son arrivée au Québec, l’autodidacte avait déjà accumulé une longue expérience. Il a développé cette compétence entre la Syrie, le Liban et plusieurs autres pays.

Restaurer au lieu de remplacer

La restauration d’éléments décoratifs au Crew Café, situé sur la rue Saint-Jacques à Montréal, est l’un des projets qu’il a réalisés, ici. Le bâtiment a une ancienne entrée ornée de marbre décoratif datant d’environ cent ans. Avec le temps, l’humidité et le sel, certaines parties avaient été abîmées ou avaient disparu.

Raid entreprend cette restauration en imitant le marbre existant. Pour y parvenir, il utilise la technique de la scagliola — une technique artisanale de stuc créée à la Renaissance en Italie qui permet d’imiter le marbre avec une grande finesse.

L’observation et la patience

Le travail de la restauration patrimoniale demande de la patience et des recherches et des tests, estime le peintre-décorateur. Avant d’intervenir, sur un chantier, « il faut comprendre le matériau, l’état de la surface, la technique d’origine et les gestes nécessaires pour retrouver l’esprit du décor ».

Face à la difficulté de retrouver certains matériaux utilisés autrefois, il entre en laboratoire pour tenter une reproduction.

« Pour le projet du Crew collective & café, il m’a fallu plusieurs mois pour identifier les bons matériaux, trouver les outils nécessaires et faire des essais. La restauration demande du temps, de la patience et beaucoup de pratique. »

Certaines méthodes exigent une grande précision et doivent être exécutées avant que la matière ne durcisse. Cependant, il met un point d’honneur aux processus d’origine. « On peut parfois adapter certains matériaux, mais il faut garder l’esprit et la logique de la technique traditionnelle », insiste-t-il.

Un apprentissage autodidacte et international

L’artisan adore la restauration, la création et la transmission. Photo : Benoît Dosseh/JDV.

Raid Hasabo n’a pas suivi un parcours académique classique en restauration patrimoniale. Il affirme avoir surtout appris par lui-même, dès la vingtaine. Son savoir-faire repose sur l’observation, l’expérimentation et sa participation à des projets. Ses expériences l’ont mené dans plusieurs endroits, notamment à Rome, en Libye, en Chine, en Angleterre, en France, à Beyrouth (Liban), en Syrie, à Dubaï (Émirats Arabes unis) et au Qatar, énumère-t-il.

C’est à Rome qu’il découvre la scagliola en observant une colonne qu’il croit d’abord faite de marbre. En comprenant qu’il s’agit d’une imitation, il se passionne pour cette technique exigeante.

Construire sa place au Québec

Son intégration professionnelle au Québec s’est faite progressivement. À son arrivée, Raid Hasabo cherche des contacts, rencontre des artistes et découvre les démarches administratives nécessaires pour travailler sur les chantiers : cartes, attestations, règles de sécurité et exigences des entreprises, narre-t-il.

Derrière ce parcours professionnel se trouve aussi un choix de vie. En venant au Québec, il cherchait un endroit plus sécuritaire pour sa famille, loin de la guerre et de l’instabilité. Aujourd’hui, l’artiste-peintre décorateur souhaite continuer à développer son travail, contribuer à la ville qui l’accueille et, si possible, transmettre ses compétences à une nouvelle génération d’artisans.

À travers son travail, Raid Hasabo rappelle que « restaurer un bâtiment patrimonial ne consiste pas seulement à réparer une surface abîmée. C’est aussi reconnaître la valeur d’un geste ancien, comprendre la mémoire d’un lieu et choisir de faire durer ce qui pourrait disparaître. »

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Le présent avis est publié le 12 06 2026, par Me Chantal Houde, juge administratif

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