Le conteneur de verre situé dans le stationnement de l’épicerie Métro sur Fleury. (Photo: François Robert-Durand)

Les deux conteneurs destinés à la récupération du verre dans l’arrondissement seront présents une fois de plus en 2022. La conseillère du district de Saint-Sulpice, Julie Roy, en a fait l’annonce lors du conseil d’arrondissement qui s’est tenu le 17 janvier dernier. 

Genèse du projet: bref récapitulatif

Les deux conteneurs sont présents dans l’arrondissement. L’un est situé dans le stationnement derrière l’épicerie Métro, sur l’avenue Fleury. L’autre est situé au Marché Central.

« C’est une réponse citoyenne aux informations comme quoi, dans les faits, le verre est peu, voire pas recyclé. Les citoyens se sont mobilisés en se demandant qu’est-ce qu’on peut faire pour y remédier», affirme Jacques L’Écuyer, porte-parole de l’organisme Verrecycle, principal instigateur du projet. 

Jérôme Normand, conseiller du district du Sault-au-Récollet, approfondit: lorsque le verre est mélangé aux autres articles recyclés dans le bac (ndrl: le bac dont les citoyens disposent à la maison), cela crée un système pêle-mêle où les pertes sont plus grandes que les bénéfices. 

« Non seulement la qualité du verre en lui-même se dégrade, mais il contamine aussi les autres matières recyclées. » 

C’est ainsi une collaboration entre Verrecycle (initialement appelé Verre le futur) qui est un regroupement de citoyens né à la suite d’un Rendez-vous citoyens du JDV en 2019, l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville, et le Comité environnemental de la Ville-centre, que le projet a été lancé dans l’arrondissement lors du budget participatif en automne 2020. 

Résultats: 400 tonnes

En 2021, les deux conteneurs à eux seuls ont récolté plus de 400 tonnes de verre. La conseillère du district de Saint-Sulpice, Julie Roy, a affirmé lors du conseil d’arrondissement du 17 janvier dernier, que cela représente 800 000 contenants de verres qui ont été ramassés. Il pourrait même s’agir d’un nombre plus important de contenants si on considère, par exemple, qu’une bouteille de vin vide pèse en moyenne 400 grammes.

«Le tonnage est sûr, car les conteneurs sont pesés. (…) Après, on fait des extrapolations sur le nombre de contenants», affirme Jérôme Normand. 

Peu importe le nombre de contenants, c’est tout de même plus de 400 tonnes de verre qui sont mieux réutilisés, tout en permettant de ne pas contaminer les autres matières recyclées dans un même bac. 

Mais cette meilleure réutilisation se fait à quel prix? 

Un montant de 150 000$ a été alloué sur deux ans, selon le conseiller du Sault-au-Récollet. Ces sommes servent principalement à l’achat des deux conteneurs, au déchargement et au transport. 

Selon le porte-parole de Verrecycle, il faut voir cette somme comme un investissement plutôt qu’une dépense. 

«À notre avis, c’est deux à trois fois moins cher que la collecte sélective, car le tri est fait à la source par les citoyens.»

Victime de son succès

Il y a près d’un an, il fut affirmé dans nos pages que ces deux conteneurs sont victimes de leur succès. Ils se remplissent vite, peut-être même trop vite. Et cette situation n’a pas vraiment changé. Est-ce à dire qu’avoir deux conteneurs dans l’arrondissement est insuffisant?

Selon M. Normand, le but à la base était d’avoir un conteneur par district, donc quatre conteneurs dans l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville. Les impératifs financiers ont plutôt forcé l’arrondissement à en installer deux pour conserver le projet sans dépasser les coûts. 

«Au lieu d’ajouter des conteneurs, nous déchargeons plus souvent les conteneurs déjà existants.» 

Ainsi, à l’origine, les conteneurs étaient déchargés aux dix jours. Ils le sont maintenant aux sept jours. Une façon d’éviter que les conteneurs débordent sans faire déborder le budget. 

 

Initiative temporaire

«Le projet a toujours été mis de l’avant comme un projet de transition, jusqu’à ce que Québec modernise et élargisse son projet de consigne», affirme M. Normand. 

Le ministre québécois de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoît Charrette, a  cependant annoncé fin janvier que le projet d’élargissement de la consigne du verre sera reporté. Initialement prévu à l’automne 2022, il sera plutôt repoussé au printemps 2023. 

D’ici là, l’initiative de Verrecycle est là pour rester dans Ahuntsic-Cartierville; et les conteneurs aussi! 

Voici, pour conclure, quelques instructions pour savoir quoi apporter et ce qui est refusé dans ces conteneurs, pour ceux et celles qui n’ont pas encore fait l’expérience du recyclage de leurs contenants de verre aux deux conteneurs, et pour ceux et celles qui voudraient s’y mettre!

Les matières refusées dans le cadre du recyclage du verre (Photo: Éloi Fournier, archives JDV)

 

 

 

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Louise Laberge
Louise Laberge
4 Mois

Bonjour François,
Article intéressant sur Verrecycle et l’histoire de la mise en place de ces conteneurs née d’une initiative citoyenne d’Ahuntsic-Cartierville. À l’origine le 150 000$ octroyé à ce projet citoyen a pu l’être grâce à un programme de l’arrondissement nommé “Budget Participatif”.

Cette année là trois idées de projet issus de notre communauté ont pu voir le jour. Nous avons longtemps été une vingtaine de personnes à se rencontrer de façon régulière pour recueillir les informations pertinentes pour concrétiser l’idée de la mise en place de ces dépôts volontaires pour recueillir ce verre. Cette idée était en réalité une réponse tangible à cette crise de la gestion de nos matières résiduelles. Eh oui après avoir vu aux nouvelles du soir la vidéo d’une chinoise s’invectiver avec raison à la vue de matières contaminées impropres au recyclage contenues dans un conteneur géant, nous comprenions qu’il nous faudrait dorénavant imaginer devoir 1. revoir nos façons de traiter nos matières résiduelles 2. que des matières contaminées ne pouvaient pas être vendues comme matières à recycler 3. que tôt ou tard l’exportation de ce type de matière n’aurait plus de valeur marchande, qu’elle nous serait retourné pour l’enfouissement ou qu’elle irait polluer un quelconque espace.

Cependant, ce qui est un peu dommage c’est qu’assez rapidement il a été question de la nécessité de la création d’un comité triparti (ville centre, arrondissement et représentants de Verrecycle) Cela a quelque peu noyer le poisson. Et je m’explique, sous prétexte que c’était là “la façon” de gérer ce type de projet trop gros et surtout trop problématique, le comité avec ses membres citoyen à la longue s’est désengagé parce que moins impliqué. Y’a rien de pire lorsqu’une idée et des énergies sont réunies de se faire mettre de côté et de sentir qu’on se fait organiser.

Ahuntsic-Cartierville est le premier arrondissement à Montréal à avoir emboîté le pas à des initiatives de plusieurs villes et villages de la rive sud et de l’Estrie similaire à la nôtre. C’est que ces initiatives sont à la fois une réponse au gaspillage de certaines ressources (le verre, le papier, les métaux) qui par leur traitement (centre de tri) vont directement à l’enfouissement, alors que nous avons trop longtemps cru le contraire.

Tout est à repenser, toute cette industrie du “recyclage” est à revoir. Mais soyons clair. L’industrie actuelle du “recyclage” traite ces matières résiduelles sans être capable de les séparer “proprement”. Cette industrie est la source même de tous nos maux. Le principe même de cette industrie est celui de contaminer les matières entre elles pour devoir ensuite les trier. Et comment en sommes nous arrivé là? C’est en nous faisant adopter l’idée qu’une fois mis dans un bac de recyclage les matières résiduelles pourraient être bien traité parce que mieux triées! Mais il n’en est rien.

Le principe même de ce “type de cueillette” est, par excellence, la façon de contaminer les matières entre elles. Qu’est-ce que l’industrie a cru bon faire? Faire d’énorme centre de tri où, par la suite, on pouvait améliorer le processus de traitement en introduisant de nouvelles machines plus performantes donc plus coûteuse mais toujours incapables d’améliorer le triage des matières dont le type de cueillette est vicié au début même du processus.

Alors que peut faire l’industrie face à cet échec du traitement de nos déchets? En fait deux options coexiste. Soit on les envoie à l’enfouissement, option coûteuse et environnementalement inconciliable avec la fonction première d’un centre de tri, soit on les achemine à une filière de revendeurs de matières pour être “recycler” en les exportant à l’étranger. À ce propos les conteneurs de nos matières impropres au recyclage refusés en Chine vont maintenant polluer certains pays Asiatiques ainsi que l’Inde. Voire l’émission Enquête de Radio Canada.

Soyons honnête, cette industrie du triage n’a jamais répondu à l’idée de recyclage. Cette industrie n’est qu’une multitude d’intermédiaires qui ne font qu’empocher des sommes d’argent à chaque étape du processus de la gestion des matières résiduelles; de la cueillette de nos bacs jusqu’à celui de son déversement en passant par le tri. Cela coûtera des millions voir bientôt des milliard de dollars alimentés par nos taxes foncières sans cesse sujette à des hausses. Et en bout de piste, les revendeurs se font la manne sur notre dos et sur le dos de citoyens de pays étrangers et les propriétaires de carrières et de compagnies d’excavation se retiennent pour rire parce qu’il font en double. Lors de la vente de matériaux lorsqu’ils creusent d’immenses trous et lorsqu’ils les remplissent.

Or toutes ces initiatives citoyennes avaient un but: celui de dire non à cette façon de gérer nos matières résiduelles. Cette gestion éhontée elle est d’abord de la responsabilité de nos pouvoirs publics devant agir promptement par une critique en règle de ce type d’industrie du triage trop longtemps maintenu à grand coût de programme de soutien et de subvention$.

Ce n’est certes pas de ce côté que nous pourrons repenser nos améliorations. D’abord réduire les intermédiaires, retourner à l’idée de cueillettes sélectives; penser en terme de valeurs pour les matières recyclable; penser en terme de financement des cueillettes sélectives à même la vente des matières recyclables; garder un contrôle de la gestion des différentes étapes; penser en terme de législation pour une réduction à la source, viser réduire l’usage du plastic et de l’aluminium au profit de contenants de verre, (voir le choix politique de la Belgique); penser en terme de l’importance d’arrimer une sensibilisation grand public en fonction des nouvelles politiques et orientations pour une consommation visant la réduction à la source de nos déchets…

Par des actions citoyennes, une partie de la population se sent définitivement prête à assumer des changements de comportement de consommation, mais l’industrie doit s’ajuster et les pouvoirs publics doivent contraindre. C’est ce que j’appelle mettre de l’ordre dans notre cabane!

Louise Laberge

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