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Séance d'information le 21 octobre

Les coyotes font parler d’eux…

Publié le 13/10/2017
par Joran Collet

Coyote aperçu traversant la rue Prieur Ouest, devant le terrain de l’Église Saint-André-Apôtre le 29 septembre. (Photo: jdv P. Rachiele)

Le coyote a encore fait parler de lui. Cette fois, ce fut au conseil d’arrondissement du début octobre. Plusieurs résidants inquiets ont souhaité obtenir des réponses à leurs questions quant aux actions que prendra l’arrondissement dans ce dossier. 

C’est lundi dernier, au cours de la période de questions du conseil, que trois résidants ont pris la parole pour demander aux responsables présents ce qu’il en était au sujet des coyotes dans l’arrondissement.

Les coyotes qui jusqu’ici vivaient en bonne harmonie avec la population ont beaucoup fait parler d’eux cet été.

Selon La Presse, près de six personnes ont été mordues à Montréal, majoritairement dans Ahuntsic-Cartierville et l’arrondissement de Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension.

Consciente de l’importance du dossier, l’arrondissement a tenu à faire le point sur la situation au cours de la séance des élus.

En coordination avec la Ville de Montréal et les agents de la faune et de la flore, l’arrondissement mettra en application, très bientôt, diverses mesures pour assurer une bonne cohabitation entre le coyote et l’humain.

Une situation exceptionnelle?

Au cours de la séance du conseil, Marie Lafontaine, biologiste à la direction des Grands Parcs, et résidante d’Ahuntsic-Cartierville, a tenu à faire un état des lieux sur le dossier des coyotes. Mme Lafontaine souligne notamment que même si la présence du coyote sur l’île de Montréal est connue depuis des années, la situation est particulière cette année.

«Les observations assidues [du coyote] dans les quartiers centraux, c’est nouveau de cette année», a-t-elle précisé.

La biologiste Marie Lafontaine (Photo : Philippe Rachiele)

Malgré les craintes exprimées par les résidants, les élus ont tenu à se faire rassurants, soulignant aux citoyens d’Ahuntsic-Cartierville que l’arrondissement prenait très au sérieux la situation actuelle.

«Soyez sans crainte, car c’est notre priorité», a tenu à souligner Pierre Desrochers, actuel conseiller du district de St-Sulpice et président du comité exécutif.

Mme Lafontaine a notamment tenu à préciser que le coyote était là pour rester.

« Même si on veut réduire […] la population dans les quartiers résidentiels, il va revenir», souligne la biologiste.

Le coyote aurait en effet tendance à accélérer sa reproduction lorsque des mesures, pour réduire sa population, sont mises en place.

Journaldesvoisins.com avait d’ailleurs déjà souligné que la Ville de Montréal n’avait pas comme projet de chasser le coyote de l’île de Montréal. Sa présence, bien que nouvellement dérangeante, contribue à la santé de la biodiversité sur le territoire de la métropole.

Séances d’information

Afin de sensibiliser la population aux comportements à adopter pour une meilleure cohabitation avec les coyotes, un stand d’information sera place, au pavillon d’accueil du parcours Gouin, le samedi 21 octobre. De midi à 16 h, la population est invitée à rencontrer des éducateurs naturalistes de GUEPE. En plus de fournir de l’information, les représentants de GUEPE répondront aux questions de la population sur le coyote.

En plus de ce stand, deux périodes d’information auront lieu dans l’arrondissement.

«Des séances d’information, deux plus exactement, une pour l’ouest et l’autre pour l’est dont les dates sont à déterminer seront organisées», souligne la chargée des communications.

D’autres mesures en cours

Au cours du conseil d’arrondissement, plusieurs mesures ont été évoquées par les responsables de la Ville et la biologiste Lafontaine.

Diverses affiches ont déjà été installées aux entrées de parcs afin de prévenir les usagers des lieux de la situation et de la marche à suivre pour assurer une bonne cohabitation entre l’homme et le coyote. Une autre séance d’affichage a aussi eu lieu début octobre durant laquelle, une vingtaine d’autres pancartes ont été placées dans les parcs de l’arrondissement. C’est donc plus de quarante affiches qui ont été installées au sein même de l’arrondissement.

Affiche de la ville au parc Nicolas-Viel (Photo : Philippe Rachiele)

Des dépliants seront aussi distribués à la grandeur de l’Île de Montréal et des affiches seront placées dans différents lieux stratégiques, dont les bureaux d’Accès Montréal.

«Une lettre circulaire invitant les résidants des secteurs André-Grasset et du parc Saint-Odile est en cours de distribution et est diffusée par le biais des médias sociaux (site Web, Twitter, etc.). De la publicité  sera publiée dans les journaux locaux afin d’informer la population sur les bons comportements à adopter en présence de cet animal», a affirmé Mme Ouellet.

Une période de trappage avait déjà été demandée durant l’été par le ministère et douze coyotes ont été capturés lors de cette opération. À la suite de nouvelles observations, la Ville de Montréal a jugé nécessaire de rappeler un trappeur pour capturer d’autres coyotes. Une nouvelle séance de trappage a donc lieu au parc Frédéric Back où plusieurs signalements ont déjà eu lieu, selon la biologiste.

«Une deuxième campagne sera lancée […] Malgré les captures, il y a eu d’autres observations, d’autres signalements», souligne Mme Lafontaine.

Aucun trappage n’aura toutefois lieu au sein même de l’arrondissent. De plus, comme le souligne Mme Lafontaine, les pièges seront installés de manière à ne pas mettre en danger la sécurité des usagers des lieux où ils seront installés.

Ne pas les nourrir, mais…

La Ville met beaucoup l’emphase sur la nécessité de ne pas nourrir les coyotes. Étant opportuniste, le coyote reviendra là où il a accès aisément à de la nourriture. Il aura aussi tendance à se familiariser avec l’humain et perdre son comportement craintif qui l’incite à fuir lorsqu’il croise une personne.

«La nourriture va être associée à l’homme», précise Mme Lafontaine.

Michèle Lesage, une résidante de l’arrondissement, pointait toutefois lundi l’incohérence entre le fait de ne pas nourrir les coyotes et la présence parfois importante de déchets qui débordent des poubelles publiques au sein même de l’arrondissement.

«Le lundi matin, les déchets sont éventrés partout, l’école Saint-Isaac-Jogues c’est plein de sacs qui sont ouverts, donc c’est plein de nourriture pour les coyotes», souligne la résidante.

Bien qu’il soit impossible de savoir quel animal est responsable de cette situation, Journaldesvoisins.com s’est rendu sur place pour constater qu’effectivement, de nombreuses poubelles de l’arrondissement débordaient bien souvent.

L’arrondissement assure toutefois que les déchets sont ramassés deux fois par semaine et qu’une équipe s’assure que le travail soit effectué.

«Nos contremaîtres  sont informés de la problématique et en assurent le suivi avec leur personnel et  l’entrepreneur», souligne Mme Ouellet.

La sécurité des enfants

Coyote traversant la rue Prieur coin Waverly le 29 septembre (Photo : Philippe Rachiele)

La résidante présente lors de la réunion du conseil d’arrondissement a notamment indiqué sa crainte de voir que des coyotes se promenaient près des zones scolaires ou dans des parcs fréquentés par des familles.

Plusieurs écoles se trouvent en effet autour de l’ancienne Carrière Miron où de nombreux coyotes ont été aperçus. Pour n’en nommer que deux, il y a tout d’abord l’école Saint-Isaac-Jogues au sein de l’arrondissement et l’école Louis-Joseph-Papineau.

De plus, deux autres écoles se trouvent près du nouveau point d’observation (parc Sainte-Odile) soit Saint-Odile et Saint-Odile Annexe. Cela est bien sûr, sans prendre en compte les nombreux enfants qui ne fréquentent pas ces écoles, mais passent tout de même par ces secteurs pour se rendre à leur école ou à leur maison, ou encore les garderies qui sont situées à proximité de ces endroits.

L’arrivée de l’hiver amène, avec elle, la noirceur hâtive et moins de nourriture pour les coyotes. Ces deux éléments pourraient donc amener les coyotes à sortir plus tôt de leurs abris et chercher plus activement de la nourriture.

Du côté de l’arrondissement, des mesures seront prises pour s’assurer que les écoles soient averties et qu’elles en informent les élèves et parents d’élèves.

«Les institutions scolaires dans le secteur André-Grasset et du parc Saint-Odile vont recevoir l’avis en cours de distribution», a indiqué Mme Ouellet.

Pour sa part, la CSDM avait préalablement averti journaldesvoisins.com qu’aucune action n’était entreprise de leur côté.

Cependant, le 12 octobre, l’arrondissement a toutefois souligné au jdv que des «pourparlers» étaient en cours pour prévenir les écoles des secteurs concernés. Une information soutenue par Alain Perron, chargé des communications à la CSDM.