Le Couvent des Soeurs-de-la-Miséricorde. Photo: Philippe Rachiele, jdv

Triste nouvelle pour les employé(e)s et les religieuses résidantes du Couvent des Sœurs de Miséricorde situé dans Cartierville. Le couvent fermera ses portes d’ici le 31 mars. La quarantaine de religieuses y résidant, âgées d’en moyenne 90 ans, devront déménager. La cinquantaine d’employés qui s’en occupent, constitués à 85 % de femmes, cumulant presque toutes 20 à 30 ans d’expérience, seront licenciés.

Hubert Forcier, conseiller à l’information à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), explique que c’est un déménagement progressif, entamé le 31 janvier et qui sera complètement terminé le 31 mars.

À cette date, les religieuses auront déménagé aux Appartements Square Angus dans Rosemont-La-Petite-Patrie. Les travailleuses, elles, auront toutes perdu leur emploi. Âgées de 50 ans pour la plupart, elles devront s’en trouver un nouveau.

« C’est vraiment triste », se désole le conseiller de la FSSS-CSN.

Potentiel gâché

M. Forcier trouve la situation d’autant plus désolante considérant le manque de places dans les CHSLD.

« On avait une bâtisse en bon état qui aurait pu être utilisée pour les sœurs encore présentes. On aurait pu y faire des chambres de CHSLD. Malheureusement, cette option n’a pas été retenue par le gouvernement. Là, on perd des gens qui ont des compétences et on continue de manquer de place en CHSLD. »

Selon M. Forcier, le gouvernement aurait dû s’en mêler. Il aurait pu se porter acquéreur de l’immeuble. D’autant plus, estime M. Forcier, qu’il coûterait moins cher d’utiliser un bâtiment déjà aménagé en partie que d’investir dans quelque chose de neuf.

Carol Lebel, président du conseil d’administration de la Villa Raimbault, établissement voisin du Couvent des Sœurs de Miséricorde auquel il était associé, est lui aussi très chagriné par cette nouvelle, d’autant plus que lui aussi y voyait un grand potentiel.

Le Cimetière des Soeurs-de-la-Miséricorde. Photo: Philippe Rachiele, jdv

« Les Sœurs voulaient garder une partie de la mission de l’endroit, notamment pour qu’elles puissent être enterrées dans le cimetière adjacent lors de leur décès. »

Un acheteur louche

Malheureusement, c’est une société à numéro qui a acheté l’immeuble aux religieuses en mars 2018, pour finalement déclarer faillite peu de temps après en octobre 2019. La compagnie devait faire des rénovations dans l’immeuble, mais les travaux se sont rapidement transformés en cauchemar et on a dû y mettre un terme.

Carol Lebel de la Villa Raimbault dit qu’il y avait un secret autour de la compagnie à numéro acheteuse.

« On voulait entrer en contact avec l’acheteur, mais il n’y avait pas moyen de savoir qui il était. »

La Villa Raimbault. Photo: Philippe Rachiele, jdv

Le promoteur n’aurait pas avertis la Villa Raimbault avant d’entamer les travaux.

En plus, des travailleurs ayant commencé les travaux n’auraient pas été payés.

Les religieuses ont été laissées dans cette bâtisse à moitié rénovée, contaminée par l’amiante, et avec l’obligation de payer une partie des frais d’exploitation du couvent à la place du propriétaire, désormais placé sous la protection de la loi sur la faillite.

C’est ce qui les a forcées à quitter.

Certains des actionnaires de la compagnie à numéro en question se sont révélés être des promoteurs louches au passé légal peu reluisant.

Aujourd’hui, le souhait le plus cher des résidants de la Villa Raimbault est de s’assurer que cette bâtisse, et d’autres possiblement, dont la valeur patrimoniale commande qu’on les protège, ne se retrouvent plus à l’avenir dans les mains de promoteurs immobiliers véreux.

Et le musée?

Rien n’a transpiré quant au sort du Musée des Soeurs de Miséricorde qui avait été mis sur pied pour relater l’œuvre unique de cette congrégation de religieuses s’étant dévouées envers les mères célibataires et leurs enfants. Il s’agissait d’un des rares  musée d’Ahuntsic-Cartierville qui avait encore pignon sur rue sur le territoire.

Sur le site Web du musée, encore hier au 20 février 2020, on pouvait lire qu’il s’agissait d’une fermeture temporaire.

«Montréal, mercredi 27 février 2019 — Le Musée des Sœurs de Miséricorde ferme ses portes en raison de rénovations. Il réouvrira une fois les travaux terminés. Les informations vous seront transmises sur notre site Web».

Questionné par votre média, quant à la situation, le chef de cabinet des élus, Jean-François Desgroseilliers, a déclaré par courriel:

«Les sœurs n’ont pas fait d’approche auprès de l’arrondissement pour proposer d’acheter. L’arrondissement a seulement été informé de l’intention de vendre qu’après la conclusion avec un acheteur.»

L’histoire se répète?

L’histoire n’est pas sans rappeler le site des religieuses de la même congrégation, au 12375, rue de Fort-Lorette dans le Sault-au-Récollet.  

D’une valeur de plus de 3M$ de dollars au rôle foncier de Montréal, la propriété des Sœurs de Miséricorde avait été vendue pour 2 M $ à un promoteur immobilier, en 2017.

Depuis, le site a été racheté par la Ville-centre et est destiné à devenir un lieu public.

Il a été impossible pour le jdv de parler à une religieuse porte-parole concernant la faillite, le sort du cimetière adjacent au couvent, et ce qu’il adviendrait du musée de Cartierville.

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