Adélaïde de Melo a commencé sa carrière dans le milieu de la santé comme infirmière de nuit. Également titulaire d’une maîtrise en gestion et développement des organisations, elle est aujourd’hui PDG du CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal. (Photo: Camille Vanderschelden, JDV)

Le Journal des voisins a rencontré Mme Adélaïde de Melo, nouvelle présidente-directrice générale du CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal. Nommée à ce titre en mai 2023, elle succède à Frédéric Abergel, désormais directeur général du CHUM. Entretien. 

Ce texte a été publié dans la version imprimée du Journal des voisins, le Mag papier de décembre 2023-janvier 2024, à la page 6. Il fait partie de notre dossier sur la santé. 

Journal des voisins: Vous avez une longue carrière d’infirmière, un métier que vous avez pratiqué dix ans avant de devenir gestionnaire. Quelles étaient vos ambitions de début de carrière?   

Adélaïde de Melo: Quand je suis devenue infirmière, mon ambition était vraiment d’être au service des personnes vulnérables. De faire une différence. J’aimais beaucoup le volet soins aigus. Je me suis donc dirigée vers cette spécialisation en tant qu’infirmière. Notamment la traumatologie, les soins intensifs: travailler de pair avec une équipe à sauver quelqu’un. À la fin de la journée, c’est très gratifiant de pouvoir participer à ça. Mais il s’agit aussi d’accompagner les patients dans leur trajectoire de maladie, à garder confiance dans des moments très difficiles.

NDLR: le CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal dispose d’un des centres ultraspécialisés en traumatologie les plus importants du Québec, à l’Hôpital du Sacré-Cœur.

Qu’est-ce qui fait une bonne infirmière, selon vous?

Je crois que la sensibilité à l’autre est très importante, tout en étant capable de se préserver dans ce métier. C’est cet équilibre qui importe: on se donne beaucoup comme professionnel et le risque est de prendre cette charge sur nous de ce qui est vécu par le patient. Être une bonne infirmière, c’est aussi tenir compte du projet de vie du patient. Travailler de concert avec les autres professionnels, c’est important aussi car on est très complémentaires dans notre travail.

Un mannequin «intelligent» au centre de traumatologie de l’Hôpital du Sacré-Cœur inauguré en 2021. (Photo: Philippe Rachiele, JDV)

Vous affichez une montée de carrière fulgurante, notamment à l’Hôpital du Sacré-Cœur où de plus en plus de responsabilités vous ont été confiées au fil du temps. Parlez-nous de ce cheminement. 

J’ai donc commencé comme infirmière de nuit. Puis, j’assurais le poste d’assistante infirmière cheffe lorsque cette dernière était absente. Ensuite, j’ai été coordonnatrice de nuit: j’assurais la gestion en l’absence des autres gestionnaires. Lorsque je suis devenue cheffe d’unité coordonnatrice, j’ai tout fait, tous les paliers. Cela m’a permis de connaître tous les secteurs d’activités d’un hôpital. Après, j’ai été coordonnatrice adjointe et directrice des soins avec la réforme Barrette. C’était un gros apprentissage!

Pendant la COVID, c’était quelque chose de marquant pour la gestion, notamment pour les CHSLD. Après, en tant que directrice générale adjointe en santé physique, je me suis retrouvée responsable des trois hôpitaux. Chaque fois, c’était une occasion d’ouvrir mon éventail d’expertise et de connaissances, d’être encore plus au service de professionnels, mais surtout au service d’une population élargie.

Est-ce que travailler en santé a toujours été une vocation pour vous?

C’est en tout cas une passion. Je suis vraiment passionnée des soins, des personnes. Ce que je souhaite, c’est partager cette passion-là et faire en sorte que lorsque les choses deviennent difficiles, les gens s’accrochent. Chacun, de façon différente, que ce soit moi comme gestionnaire ou les infirmières, a son importance. On l’a vu pendant la pandémie, à quel point le personnel de soutien ou ceux qui travaillent dans l’ombre sont essentiels.

Quels sont vos objectifs pour votre mandat, les quatre prochaines années? 

Le premier est de travailler à améliorer l’accessibilité et la fluidité de la dispense de nos soins à la population. Nous assurer des services et des soins de proximité. Nous couvrons un terrain assez grand, avec une clientèle plutôt vulnérable et âgée. Il faut nous assurer d’être proches d’eux. Ce que je souhaite, c’est vraiment d’adapter ces soins à la population qu’on dessert et non l’inverse.

Je souhaite aussi qu’on développe vraiment la première ligne et que l’hôpital et l’urgence ne soient requis que lors d’une condition aiguë. Le dossier de santé numérique sera également un de mes mandats; j’y crois beaucoup. La modernisation de nos installations en fait partie aussi, comme celle de l’urgence de l’Hôpital Fleury, la pire à Montréal, qui avait bien besoin d’être refaite.

L’Hôpital du Sacré-Cœur va avoir 100 ans en 2026, également, et nous poursuivons sa modernisation. Il faut souligner que tout ce travail ne serait pas possible sans l’aide de nos Fondations.

Autres articles du dossier Santé parus dans la version imprimée du Journal des voisins, le Mag papier de décembre 2023-janvier 2024:

• Éditorial: Ahuntsic-Cartierville, un arrondissement de santé

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