Des travailleurs affectés aux soins à domicile du CSSS Ahuntsic-Montréal-Nord ont bel et bien subi des dommages moraux, selon une décision de la Cour supérieure. Le CIUSSS du Nord-de-l’île, qui a hérité du dossier lors de sa formation en 2015, devra dédommager les 52 employés qui avaient été soumis à de rigoureux critères d’efficacité dans leur milieu de travail.

La décision de la cour supérieure vient ainsi donner raison à un jugement rendu en arbitrage en 2016, qui avait été porté en appel. «Ça a été un soulagement énorme pour les employés. Cette deuxième décision en leur faveur vient cautionner leurs démarche, leur montre qu’ils ont eu raison d’agir», avance Marjolaine Goudreau, présidente de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), le  syndicat à l’origine du grief.

En 2012, la firme Proaction, embauchée par ce qui était à l’époque le CSSS, avait mis en place différentes mesures visant à augmenter la vitesse de travail des employés. «Le but était de baisser la liste d’attente de 10%, sans ajout de personnel. On nous a donc dit que les visites à domiciles devaient maintenant durer 30 minutes», témoigne Mme Goudreau.

Cette méthode allait pourtant à l’encontre du code de déontologie de la profession, selon lequel un employé doit prendre le temps de bien évaluer un patient. «Quand on va à domicile, on a beaucoup d’outils d’évaluation, plusieurs documents à remplir. C’était impossible de le faire en 30 minutes», ajoute Mme Goudreau.

Ces nouveaux critères d’efficacité ont rapidement eu des impacts sur les travailleurs. «Les journées étaient trop difficiles. Plusieurs employés ont eu des symptômes physiques, comme des troubles gastriques. Ils arrivaient à la maison impatients, stressés. Certains ont rapporté qu’ils se réveillaient en pleurant au beau milieu de la nuit», relate la présidente de l’APTS.

Pour ces dommages moraux, le CIUSSS devra payer 500$ plus les intérêts aux 52 signataires du grief.

Approche différente

Du côté du CIUSSS du Nord-de-l’île, on rappelle que les faits dénoncés ont eu lieu en 2012, soit avant même sa création. «Le contexte est différent maintenant. Le CIUSSS a une approche qui n’est pas du tout la même que celle du CSSS. Depuis notre création, nous sommes en contact avec les gestionnaires et les employés pour faire émerger des solutions qui viennent directement des gens qui travaillent sur le terrain», fait valoir la directrice adjointe des communications, Renée Sauriol.

Le bien-être des employés est également une priorité, affirme Mme Sauriol. «Nous portons une attention particulière au climat de travail, aux impacts que des changements pourraient engendrer sur le personnel et nous impliquons dès le départ les équipes qui sont sur le terrain dans nos démarches», note-t-elle.

Pas question pour autant de baisser la garde, selon l’APTS.  «On va rester aux aguets pour s’assurer que le code de déontologie va être respecté, martèle Marjolaine Goudreau. On sait maintenant qu’en situation d’abus, on peut gagner contre l’employeur si on reste unis, alors on n’en laissera pas passer. S’il faut déposer d’autres griefs, on le fera».

 

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Mimi Can
Mimi Can
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Monsieur Barrette , il faut s’occuper des employés qui aident les gens qui sont à la maison et n’engorgent pas les hôpitaux !

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