1420, rue Legendre Est : vive opposition au projet de démolition

Les résidents ont souligné qu’ils ne veulent pas du projet. Photo : Benoît Dosseh/JDV.

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Le projet de démolition du centre commercial situé au 1420, rue Legendre Est, dans le quartier Saint-Sulpice, a suscité une forte mobilisation citoyenne lors de la séance extraordinaire du conseil d’arrondissement qui a eu lieu le 19 août. La décision concernant le maintien ou non du bâtiment sera prise le 14 septembre.

La salle 1504 de l’arrondissement s’est révélée trop petite pour cette mobilisation citoyenne. Photo : Benoît Dosseh/JDV

Le projet proposé par Groupe HD immobilier prévoit la construction d’un basilaire commercial de quatre et huit étages. Selon les représentants du promoteur, le site est sous-utilisé en raison de la présence d’importantes surfaces asphaltées.

« On propose un projet conforme aux orientations prises par la Ville [de Montréal] », a déclaré Olivier Latulippe, urbaniste au sein du Groupe BC2.

Des logements, mais à quel prix ?

À la suite des recommandations du comité de démolition, le promoteur prévoit 5 espaces commerciaux dans le nouvel édifice de 217 logements. Les défenseurs du projet soutiennent que la densification répond à un besoin réel dans un contexte de crise du logement.

Selon le promoteur, l’immeuble comprendra uniquement des logements locatifs, dont le loyer varierait entre 1050 dollars et 2800 dollars. Il y prévoit des logements abordables (10 %), conformément aux exigences.

Mais plusieurs citoyens jugent que l’ajout de logements ne doit pas se faire au détriment des services de proximité. Des intervenants ont rappelé que le centre regroupe actuellement neuf services, dont une pharmacie, une clinique dentaire, un comptoir postal, un salon de coiffure, un nettoyeur et d’autres commerces utiles au quotidien.

« On a besoin de commerce de proximité, on n’a pas besoin d’un quartier-dortoir », a résumé un résident.

De plus, en contre argument, ils ont insisté sur le fait que la crise du logement en question concerne plus celle « des logements abordables ». Selon eux, ce point est négligeable dans le projet présenté.

Une inquiétude pour la vie de quartier

Après avoir entendu les arguments, le conseil d’arrondissement doit à présent user de son pouvoir discrétionnaire. Photo : Benoît Dosseh/JDV.

Le promoteur assure vouloir maintenir la pharmacie pendant les travaux, en l’installant temporairement dans le métro voisin, puis la réintégrer au nouveau bâtiment. Il affirme également souhaiter conserver certains services, dont le dentiste et la coiffeuse. Ces engagements n’ont toutefois pas suffi à rassurer les riverains, qui demandent des garanties concrètes.

« Densifier un quartier ne devrait pas signifier l’appauvrir en services, en commerces et en qualité de vie », a plaidé Jacques Normand, auteur de l’avis d’appel, demandant au conseil de renverser l’autorisation de démolition.

Selon lui, la disparition du seul pôle commercial du secteur irait à l’encontre de l’idée d’un quartier complet, où les résidents peuvent marcher pour accéder à leurs services essentiels. Un argument corroboré par d’autres intervenants.

Circulation, stationnement et intégration urbaine

Les enjeux de circulation et de stationnement ont aussi alimenté les échanges. Des résidents craignent une pression accrue sur les rues Legendre, André-Grasset et Louvain, déjà achalandées à certaines heures. Cette crainte est renforcée par la perspective du « village de l’Écoquartier Louvain », qui comptera un millier de logements.

Le promoteur de l’édifice indique avoir revu la configuration du projet afin de séparer les accès commerciaux et résidentiels, de déplacer la rampe d’accès et d’améliorer la sécurité des piétons.

Le projet demeure néanmoins contesté. Des citoyens jugent qu’un immeuble de huit étages s’insère difficilement dans ce secteur composé surtout de duplex, de maisons et d’immeubles fortement en retrait de la rue.

« Je me mets à la place du propriétaire qui va se retrouver face à cette tour », a lancé une résidente, inquiète de l’impact sur l’ensoleillement, le paysage urbain et la quiétude du voisinage.

Environnement et décision politique

La question environnementale a également été soulevée, notamment en lien avec les îlots de chaleur, la gestion des eaux pluviales et la conservation des arbres.

Sur ce point, l’administration a répondu que le projet entraînerait une déminéralisation du site et que les nouvelles constructions devront désormais intégrer des mesures de rétention d’eau.

La décision attendue sur la conformité du projet devra donc prendre en considération les points suivants : la densification, le maintien des services de proximité et qualité de vie dans Saint-Sulpice.

Le conseil va-t-il confirmer ou infirmer l’autorisation accordée par le comité de démolition, dont la décision a fait l’objet d’un appel de la part de résidents ?

 

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4 Responses

  1. Bonjour. Je constate que deux arbres matures sont coupés sur André-Grasset devant le Centre André-Grasset le 1420 Legendre Est. Qui de la ville ou du constructeur se permet de les couper quand le permis de démolition n’est pas attribué puisqu’il est constesté par les citoyen.nes.

  2. Merci pour ces informations ça me rassure. De conserver ma pharmacie est très sécurisant et pour le salon de coiffure est très important pour plusieurs personnes ici à la résidence

  3. Mme la mairesse et les membres du comité de démolition
    ………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….
    Nous vivons une crise du logement. De plus ,la population de Montréal diminue.

    Tout projet de 247 nouveaux logements qui respecte le plan d’urbanisme et les normes architecturales et qui ne coûte rien aux contribuables, mérite d’être considéré avec un préjugé favorable par l’administration municipale. .

    Tous les ordres de gouvernement et votre parti politique ont promis de s’attaquer à la crise du logement et à l’exode de Montréal.

    Malheureusement, la densification de la ville provoque toujours le réflexe  » de pas dans ma cour .  » chez les riverains plus préoccupés par leur qualité de vie que par le bien commun.

    Le quartier St-Sulpice ressemble à une petite banlieue cossue à l’image de Ville Mont-Royal, de Cité-Jardins ou de nombreux domaines semblables autour de Montréal. IL est facile de comprendre que les résidents de cet agréable petit village protestent énergiquement contre la perte de quelques commerces . Il est à noter que le 1420 n’est qu’à 1.5 kilomètre de la rue Fleury qui une vocation commerciale que l’arrondissement supporte.

    C’est très bien de chercher des accommodements avec les voisins, mais vous ne devez pas céder et abdiquer à vos responsabilités envers le bien public et vous devez respecter vos promesses politiques.

    Ahuntsic-Cartierville doit faire sa part pour résoudre la crise du logement et freiner l’exode vers les banlieux.

    247 logements sur un terrain où il y en avait 0 est une belle contribution.

  4. Je suis contre cette construction. Trop haut. Enlève l’ensoleillement dans les environs. Des loyers beaucoup chers. On veux garder nos services à proximité. Et on va manquer de stationnement. Ils en ont pas prévus assez. C’est un îlot pour les riches….et des riches il y en a de moins en moins. Vive notre quartier tranquille de St-Sulpice.

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