Couple de Canards pilets – photo: J. Poitras – (Northern Pintail) (Anas acuta)

Parmi les nombreux palmipèdes qui nous arrivent au printemps, il y a un canard qui, malgré qu’il ne soit pas aussi coloré que ceux d’espèces cousines, frappe par son apparence, du moins pour le mâle.

Le Canard pilet, qui migre en grands groupes, attire l’attention au premier coup d’œil. Vous n’avez qu’à regarder les photos qui accompagnent ce texte pour vous en convaincre.

Description 

Le Canard pilet mâle a une tête brun chocolat, une poitrine blanche avec une pointe qui se prolonge derrière la tête, un corps gris, des ailes dont l’extrémité des plumes sont noires lisérées de blanc. Le bas du ventre est blanc, le croupion noir, et il exhibe une longue queue pointue qui lui a donné son nom. En effet «pilet» est un terme de vieux français qui veut dire javelot; ce mot est directement dérivé du pilum des légionnaires romains.

Son nom scientifique comporte en deuxième place le mot acuta qui veut dire aigu, pointu ce qui caractérise bien ce canard.

La femelle possède une tête et un cou d’un brun moins prononcé que chez le mâle, et son corps est moucheté de teintes de brun. Le miroir, cette tache qui borde les ailes des canards barboteurs, est d’un brun roux bordé de blanc chez la femelle, et verte bordée de roux chez le mâle, bien qu’elle soit peu visible lorsqu’il ne sont pas en vol. Les deux sexes ont le bec gris. Étant donné sa queue, le mâle surpasse la femelle d’un bon 15 cm en longueur.

Nidification et alimentation 

Le Canard pilet commence tôt à nicher. Dès le début mai, on voit certains couples préparer leur nid fait de duvet, d’herbes, et de certains autres matériaux d’origine végétale. Il cherche à construire ce nid sous des buissons, des arbustes, ou dans les hautes herbes bien que celles-ci n’aient pas poussé à leur pleine grandeur si tôt en saison. Il préfère la proximité de l’eau mais on a trouvé des nids en plein champ agricole.

La femelle pilet pond généralement huit œufs qu’elle couve pendant une vingtaine de jours. Les canetons quittent le nid moins de 24 heures après l’éclosion et sont menés par la femelle vers l’étendue d’eau favorable la plus près qui servira de site d’élevage. Cette dernière élève seule ses petits jusqu’à leur envol, environ une quarantaine de jours plus tard.

Les mâles quittent les femelles dès le début de la couvaison pour entreprendre leur mue qui, à son terme, lui fera perdre sa belle apparence du printemps la remplaçant par une livrée plus terne qui le fait ressembler à la femelle. Cette mue, comme chez plusieurs autres espèces de canards, le rend incapable de voler pendant deux à trois semaines.

C’est pourquoi il se regroupe en bandes sur des étendues d’eau assez larges pour le mettre à l’abri des prédateurs. La femelle commencera sa mue après l’envol des jeunes et suit le même processus de regroupement sur plan d’eau. Les femelles rejoindront les mâles vers la fin de l’été pour entreprendre la migration d’automne.

Femelle pilet qui s’alimente à gauche – photo: J. Poitras

Le Canard pilet est un canard barboteur, c’est-à-dire qu’il s’alimente en eau peu profonde, en basculant la tête dans l’eau ne laissant que le postérieur en l’air, bien qu’ils puissent plonger à l’occasion.

C’est un omnivore mais sa préférence va aux végétaux aquatiques et aux grains. Il s’accommode fort bien d’invertébrés aquatiques surtout au printemps.

Répartition et territoire 

Son territoire de nidification s’étend de l’Atlantique au Pacifique, du bord de l’Océan Arctique jusqu’à la moitié nord des États-Unis. On en retrouve aussi dans le nord de l’Europe et de l’Asie.  Il est plus commun dans l’ouest que dans l’est de l’Amérique du Nord. Il préfère de beaucoup les étendues d’eau douce plutôt que les océans salés.

Au Québec, il niche le long du Saint-Laurent, de l’Outaouais, du Saguenay, des côtes gaspésiennes et aux Iles-de-la-Madeleine. On le retrouve très peu en milieu forestier, il est donc absent des Laurentides, mais il abonde dans la toundra et la taïga québécoise. Il niche dans la région de Montréal ce qui fait que l’on peut en observer dans notre arrondissement à l’occasion des périodes migratoires.

Migration et tendance 

Le Canard pilet arrive en grandes bandes en avril et s’installe dans des champs inondés ou des grands étangs avant de continuer son périple nordique. Saint-Barthélemy, entre Berthierville et le lac Saint-Pierre, est un endroit de prédilection pour en observer un nombre impressionnant dans les champs inondés.

Canards Illimités y a d’ailleurs fait installer un observatoire entre l’autoroute 40 et ces champs, bien qu’à notre dernière visite, la route d’accès avait besoin d’une réfection pour combler les gros nids-de-poule qui rendaient la circulation pénible pour véhicule. Le chemin Saint-Laurent qui longe aussi ces champs en direction du fleuve fut une meilleure alternative.

Il quitte nos régions en octobre et en novembre pour aller hiverner au sud des États-Unis, au Mexique et en Amérique Centrale.

Le dernier Atlas des oiseaux nicheurs du Québec méridional, classe ce canard comme « nicheur migrateur rare » et indique que tant son aire que ses effectifs seraient possiblement en contraction du moins dans le territoire d’étude couvert par cet Atlas. Il faut dire que la majorité des Canards pilets au Québec nichent plus au nord que le territoire étudié.

Des études canadiennes montrent aussi un déclin depuis les années 1970. La perte d’habitat propice par la destruction des milieux humides dans les zones habitées par l’homme, en est la principale cause, comme c’est malheureusement le cas pour d’autres espèces animales.

Groupe de Canards pilets au repos – photo: J. Poitras

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