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À Ahuntsic-Cartierville, lit-on plus qu’ailleurs à Montréal?

Publié le 18/04/2019
par Stéphanie Dupuis

La bibliothèque temporaire (Photo: Jules Couturier, JDV)

Les bibliothèques d’Ahuntsic-Cartierville ne laissent pas leur place dans les plus hautes marches du palmarès des arrondissements où les livres sont les plus empruntés dans la métropole. Mais peut-on aller jusqu’à dire que les Ahuntsicois lisent plus que les autres Montréalais? Journaldesvoisins.com en a discuté avec Lucie Bernier, responsable de la bibliothèque d’Ahuntsic.

 Un million vingt-cinq mille neuf cent soixante-quinze (1 025 975): c’est le nombre total de prêts qu’ont effectué les résidants d’Ahuntsic-Cartierville dans les trois bibliothèques de l’arrondissement l’année dernière. L’année 2018 s’est clôturée avec quelque 31 859 abonnés actifs pour ces établissements. Sur ce nombre, 21 394 ont emprunté des livres; 26 % d’entre eux étaient des jeunes, 63 % des adultes, et 11 % des aînés.

Avec des chiffres qui font aussi bonne figure, l’arrondissement se classe parmi les trois bibliothèques qui prêtent le plus de livres. À ses côtés, Côte-des-Neiges, Rosemont-la-Petite-Patrie et Saint-Laurent font également bonne figure avec un nombre d’emprunts dépassant eux aussi le million.

La grande gagnante de l’arrondissement, c’est la bibliothèque Ahuntsic, située sur la rue Lajeunesse. Elle cumule à elle seule quelques 62 % des abonnements du quartier et 68 % des emprunts. Ces statistiques à en faire rougir plus d’un, Lucie Bernier, responsable de la bibliothèque d’Ahuntsic, les attribue à plusieurs facteurs.

« L’un des avantages de la bibliothèque, c’est qu’il y a peu d’offres autour. Il y a peu d’abondance en la matière », soulève-t-elle.

Et comme il y a peu de bibliothèques pour une population plutôt élevée, soit environ 137 000 habitants pour l’arrondissement, la bibliothèque devient un centre névralgique communautaire de culture.

« On dessert un territoire beaucoup plus large que ça le serait naturellement », précise-t-elle.

L’ouverture éventuelle d’une bibliothèque interarrondissements, tout près de la frontière d’Ahuntsic-Cartierville dans Montréal-Nord, vise justement à augmenter l’offre culturelle près du quartier.

Un lieu central pour les écoles

La bibliothèque de la rue Lajeunesse est aussi très fréquentée par les écoles du quartier. À un point tel qu’elle peine à répondre à la demande.

«Nous avons décidé d’imposer des restrictions. On accueille les jeunes après la 4e année pour faire un travail d’éveil de l’écriture et de lecture, précise-t-elle. […] Nous recevons 37 groupes scolaires aux quatre semaines. Deux groupes le matin, et un en après-midi », explique Lucie Bernier.

Cet achalandage est aussi dû au fait que des bibliothèques scolaires ont eu à fermer pour pallier la surpopulation des écoles. Des locaux qui servaient de bibliothèques dans plusieurs écoles ont été réaménagés en classes pour accueillir plus d’élèves.

« On devrait être complémentaire et non remplacer les bibliothèques scolaires », dénonce Mme Bernier.

Par contre, cette clientèle jeune et plus nombreuse engendre des conséquences positives.

« Il y a un effet d’entraînement chez les parents des enfants qui viennent à la bibliothèque avec leur école », a-t-elle remarqué.

Et que lisent-ils? Parmi les documents les plus empruntés, on trouve des livres de recettes, des romans policiers, des livres à succès, des guides de voyage, des bandes dessinées et des livres historiques, notamment.

Mais pour Lucie Bernier, la lecture, ce n’est que la pointe de l’iceberg.

Une bibliothèque renouvelée

Au-delà de tous ces lecteurs, de nombreuses personnes fréquentent la bibliothèque d’Ahuntsic pour l’ensemble de son offre. Des ateliers et des formations peuvent être suivis à cet endroit. Le club de lecture, la bibliothèque mobile et les collaborations avec les organismes communautaires de l’arrondissement font également partie de cette offre.

Sa nouvelle grainothèque ne laisse pas sa place. Depuis 2017, le lieu est devenu une référence en matière de patrimoine horticole.

C’est un fait: la bibliothèque a su tirer son épingle du jeu à de nombreuses reprises à travers les années.

« C’est toujours en train de bouger, de changer. Une bibliothèque, ce n’est pas stable », dit Lucie Bernier.

Et cette mouvance compte justement se poursuivre. Depuis février, ce havre de culture se refait une beauté. Des rénovations à hauteur de deux millions de dollars permettront la modernisation des installations.

Plus de prises électriques, des salles de travail fermées, des chutes de livres automatisées… Lucie Bernier est convaincue que cet investissement sera payant pour les bibliophiles.

Une nouvelle section jeunesse sera aménagée pour mieux servir la relève des petits rats de bibliothèque! Les enfants pourront même dessiner sur les murs, une idée qui a de quoi rendre jaloux plus d’un adulte.

Pas tout de suite!

Il faudra attendre encore sept mois pour voir la nouvelle couleur des lieux.

En attendant la fin des rénovations, une section a été réaménagée pendant les travaux pour continuer de desservir la population. Vingt pour cent des ouvrages, les plus empruntés, se trouvent dans un espace temporaire réduit à l’étage au-dessus de la Maison de la culture, à la même adresse. Le Café de Da fait également partie de l’offre transitoire. Pour continuer de répondre à la demande, les heures d’ouverture ont aussi été prolongées.

« S’il y a un intérêt de la population pour conserver les heures prolongées, nous verrons à garder ça », soulève-t-elle.

Si on ne peut affirmer hors de tout doute que les Ahuntsicois lisent plus qu’ailleurs, on peut certainement s’avancer en disant que ce sont des bibliophiles enthousiastes!