Le 18 août dernier, se tenait la troisième édition du festival Vivre le Patrimoine. Cette année, le festival avait pour thème, le Sault-au-Récollet, un sujet quelque peu oublié dans les festivités du 375e de la Ville de Montréal. Une fois la rentrée universitaire passée, les organisateurs –tous étudiants à l’Université de Montréal– ont bien voulu commenter l’activité également couverte par journaldesvoisins.com, en ouverture.

Près de 80 personnes étaient présentes pour le lancement du festival qui avait lieu dans les jardins de l’école Sophie-Barat. Au cours de la soirée d’ouverture, se déroulait un tribunal du patrimoine, durant lequel avocats et témoins venaient défendre ou réfuter le statut de village du Sault-Au-Récollet.

Le Sault n’est plus un village

C’est sous la supervision du juge Denis Boucher, historien et conseiller en patrimoine culturel, que les avocats Stéphane Tessier et Jacques Gobeil ont présenté tour à tour leur argumentaire au public devenu jurés le temps d’une soirée. Une fois les plaidoyers terminés, le jury avait la lourde tâche de déterminer si oui ou non, le Sault-Au-Récollet était encore un village. C’est par une faible différence de sept voix que le camp du non s’est imposé face au oui.

« C’était un vote très serré, plusieurs personnes s’entendent toujours pour dire que le Sault est encore un village », souligne Mardjane Amin, co-fondatrice du festival.

Les participants au procès du vendredi soir : juge, témoins, avocats. (Photo: jdv Joran Collet)

Le public a répondu

Mme Amin se dit satisfaite de l’intérêt du public pour les différentes activités de la fin de semaine. Plusieurs dizaines de personnes se sont présentées au cours du festival pour participer aux différentes activités offertes.

« On ne s’était pas donné d’objectif, mais 80 personnes, c’est bien », souligne-t-elle en parlant de la soirée d’ouverture.

Dans la journée du samedi, près d’une trentaine de participants se sont présentés en matinée pour assister à la « Chasse à l’histoire ». Au cours de cette activité, le public était invité à redécouvrir les lieux phares du Sault-Au-Récollet à travers son histoire.

Différents points soulevés

Mme Amin souligne notamment la participation du public aux différentes discussions sur l’avenir du Sault-Au-Récollet. Au cours des activités, plusieurs éléments ont émergé des discussions.

 « Un des points qui est ressorti comme enjeu principal, c’est le besoin d’avoir un lieu de rassemblement ou un lieu dédié à la communauté », souligne Mme Amin.« [Il y a aussi] un besoin aussi d’avoir plus d’animation, de mise en valeur du patrimoine architectural », continue la cofondatrice.

Selon le public, ces éléments joueront un rôle majeur dans le rétablissement du Sault comme village.

 Et maintenant?

Le festival terminé, les organisateurs procéderont, dans les semaines à venir, à la réalisation d’un rapport qui fera un résumé des discussions qui ont eu lieu tout au long de la fin de semaine. Le document réalisé sera notamment remis à Lorraine Pagé, conseillère du district du sault-au-Récollet.

« Nous ne sommes pas maîtres de l’avenir du Sault, mais on souhaite que toute les discussions et tous les enjeux qui ont été formulés pendant les activités du festival aient des répercutions sur les mesures qui seront prises par les responsables de l’arrondissement », espère Mme Amin.

Une initiative en péril

Malgré l’intérêt pour le festival, cette édition était quelque peu assombrie par la décision de l’Université de Montréal de suspendre le programme de maîtrise en Conservation du patrimoine bâti. C’est de ce programme que sont majoritairement diplômés les membres de la relève à la base du festival.

« Il n’y aura plus de relève à la relève », se désole la cofondatrice du festival.

Cette dernière pense toutefois que la suppression ne signifie pas la fin d’un intérêt pour la conservation du patrimoine.

« L’étude du patrimoine, c’est très transversal. La relève, on peut aller la chercher dans d’autres domaines d’études », rassure Mme Amin.

Malgré la suppression du cursus de l’U de M, la relève ne compte pas baisser les bras. Interrogée à savoir si une destination était déjà prévue pour 2018, la cofondatrice indique qu’il est encore trop tôt.

« Nous avons plusieurs idées, nous annoncerons cela dans les prochains mois », précise-t-elle.

 

 

 

 

 

 

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