Photo: Google Earth

Situé au 12475 rue Grenet, le Diocèse De St-Maron Du Canada a fait l’objet de nombreuses plaintes de la part du voisinage au cours des derniers mois et les dernières années. On reproche entre autres aux occupants le bruit causé par la présence de nombreux véhicules à proximité de ce lieu qui sert en principe de résidence à Paul-Marwan Tabet, évêque de l’éparchie St-Maron de Montréal des Maronites depuis 2013.

Depuis le changement d’évêque il y a quatre ans, l’endroit accueille dans ses murs de nombreux visiteurs, souvent des évêques venus de l’étranger ou encore des personnalités importantes du diocèse. En plus du bruit des voitures, des citoyens se sont plaints de la présence de véhicules garés devant leur allée de maisons. Une pétition a été signée par 50 citoyens du voisinage pour dénoncer la situation.

Mais depuis maintenant trois semaines, c’est le calme plat. Il faut dire que l’histoire s’est ébruitée, puisque le journal The Montreal Gazette en a fait écho dans un article paru le 3 mai dernier.

Un manque de transparence

Les citoyens reprochent au diocèse un manque de transparence, car le lieu qui est censé être la résidence de l’évêque semble plutôt servir à d’autres fins.

« On a pu constater des réunions tard le soir. À un moment où les gens voulaient bénéficier d’un peu de calme à la maison, il y avait des activités fréquentes », explique Éric Thibaudeau, voisin du diocèse.

Depuis que la nouvelle a été rendue publique, il semble y avoir un changement de cap.

Déménagement en vue

La cathédrale St-Maron (anciennement l’église Sainte-Madeleine-Sophie-Barat) sur le boulevard Gouin Est. (Crédit: Patrimoine culturel du Québec).

Journaldesvoisins.com a contacté le diocèse qui l’a informé que les bureaux seraient éventuellement déménagés ailleurs afin de remédier à la situation. Située à bonne distance du diocèse, la cathédrale qui se trouve à proximité de l’école Sophie-Barat, sur le boulevard Gouin près de St-Hubert, accueillera les nouveaux bureaux.

« Nous souhaitons absolument avoir de bonnes relations avec le voisinage. Il va y avoir des changements. La cathédrale Saint-Maron est en rénovation et on pense déménager nos bureaux là-bas », dit Rola Sahlani, gestionnaire au diocèse.

Le déplacement des locaux serait prévu pour le mois d’octobre de cette année, mais il n’y a pas encore de date précise fixée.

Le diocèse se défend

Le diocèse se défend bien de tenir régulièrement des événements d’envergure.

« En tout et pour tout, nous avons deux ou trois événements par année », affirme Mme Sahlani.

Mais sur le site Web du diocèse, on indique la tenue de plusieurs réunions importantes ayant eu lieu dans les derniers mois. Seulement pour le mois de février, il y a eu pas moins de cinq rencontres réunissant parfois jusqu’à 35 personnes dans les murs du diocèse. Des photos des événements sont disponibles sur la page Facebook des Maronites du Canada.

Du côté de l’arrondissement, on affirme que le lieu de résidence comprend des bureaux, mais que leur usage est avant tout accessoire, ne changeant rien à la mission première de l’établissement. « Il n’est pas question d’entreposage de bureaux, mais plutôt d’un usage accessoire de bureau dans une résidence », affirme Marlène Ouellet, chargée de communication pour l’arrondissement.

Un lieu de résidence?

D’importants travaux d’aménagement ont été effectués au cours des dernières années. C’est ce qu’a constaté Rob Macdonald qui vit en face du diocèse. Après avoir fait une demande d’accès à l’information, il a obtenu les détails des rénovations qui ont été menées depuis 2013. En plus de l’agrandissement de l’arrière de la maison, les propriétaires ont procédé à un décloisonnement du hall d’entrée ainsi qu’au déplacement du bureau.

« L’usage administratif des lieux ne doit pas dépasser son usage résidentiel. Si personne ne reste là, alors c’est tout le bureau et la maison qui servent de salle de conférence », affirme quant à lui Éric Thibaudeau.

En effet, le règlement d’urbanisme 01-274 autorise l’usage complémentaire d’un bureau dans un lieu résidentiel. Cependant, cet usage ne doit pas représenter l’essentiel des activités ni produire un bruit pouvant déranger le voisinage. En dehors des rencontres, la présence de l’évêque à sa résidence se ferait plutôt rare selon le voisinage.

Le diocèse justifie cette absence par les responsabilités de l’évêque qui l’obligent à se déplacer sur une base régulière, et ce, surtout durant la période d’été.

« En tant qu’administrateur, l’évêque voyage beaucoup durant l’année. Il y a plusieurs missions au Canada et l’évêque va souvent les rencontrer. C’est pour ça qu’il n’est pas toujours là », explique Mme Sahlani.

Un retour au calme?

Maintenant que les choses se sont un peu calmées, on peut espérer que tout rentrera dans l’ordre.

« En règle générale, les cas de litige de ce genre se règlent à l’amiable entre les citoyens et le groupe religieux. C’est plutôt rare que les procédures vont plus loin », explique Frédéric Dejean, chercheur au Collège de Maisonneuve et spécialiste des enjeux de cohabitations.

Nous verrons, dans les prochains mois, si c’est bien le cas.

S'abonner
me prévenir de
guest
0 Commentaires
Commentaires en ligne
Voir tous les commentaires
Vous pourriez aussi aimer ces articles

Conseil d’arrondissement : un avant-goût de Noël

Avant d’ajourner ses travaux jusqu’en janvier, le conseil d’arrondissement s’est réuni lundi…

Parc Zotique-Racicot : vers un réaménagement au naturel…un bardeau de toit à la fois

Jusqu’au 24 juin, l’arrondissement procède à un inventaire de la faune dans…

Coups de feu tirés dans Bordeaux-Cartierville : l’enquête se poursuit

Des policiers du poste de quartier (PDQ) 10 sont intervenus à deux…

Le coin des commerçants – Semaine du 3 juin 2022

Quartier Fleury Ouest Des pique-niques à prévoir cet été! Les mercredis pique-nique…