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Pour l'instant, les pistes cyclables d'ici ne donnent pas l'exemple, sauf une

Un congrès de vélo d’hiver sous changements climatiques

Du 8 au 10 février, à Montréal

Publié le 09/02/2017
par Philippe Rachiele

Quelques élus et personnalités au congrès international du vélo d’hiver. De g. à dr. rangée du haut : Denis Coderre, maire de Montréal; Suzanne Lareau, pdg de Vélo-Québec. Rangée du bas; Marc-André Gadoury, conseiller de ville et responsable du dossier cycliste à la ville-centre; et Sylvie Bernier, ancienne athlète olympique et ambassadrice des saines habitudes de vie. (Photo: jdv P. Rachiele)

Malgré le cocktail météo de pluie, grésil et regel, la Métropole a accueilli avec chaleur les participants au congrès mondial du vélo d’hiver du 8 au 10 février.  Selon les statistiques de Vélo Québec, 10 à 12% des cyclistes de l’été continuent de rouler avec leur vélo durant l’hiver à Montréal, a mentionné Suzanne Lareau, présidente du groupe cycliste. Plusieurs cyclistes roulent également l’hiver dans les rues et artères d’Ahuntsic-Cartierville selon Ahuncycle, un groupe de pression mis sur pied dans l’arrondissement, par quelques mordus de la bécane, il y a deux ans.

Les organisateurs du congrès international à Vélo Québec étaient heureux de mentionner qu’il y avait 375 participants à cette activité du 375e de Montréal, dont certains sont venus à vélo de Québec! Le maire Denis Coderre, invité à prendre la parole au début de la première journée, a souligné que le vélo faisait partie de la nouvelle ère de mobilité durable.  « La vision zéro, ce n’est pas juste un slogan », a-t-il affirmé aux congressistes venus de partout. Il a ajouté que, pour lui, la sécurité était une priorité.

Vélo qui roule sur neige tapée en Finlande

Plusieurs responsables de villes nordiques européennes et de villes nord-américaines étaient présents pour faire part de leur expériences sur le vélo en général et sur le vélo d’hiver en particulier.  En Finlande, dans la ville d’Oulu (201000 habitants), à 160 km du cercle polaire, 42% des citoyens utilisent leur vélos l’hiver.

La principale motivation des usagers, l’hiver, selon Pekka Tahkola, coordonnateur du vélo à Oulu:  la qualité des infrastructures cyclables, qui sont déneigées dès 7 heures le matin.  M. Tahkola a constaté que si l’utilisation du vélo se révèle plus rapide, facile et sécuritaire par rapport à d’autres modes de transport, les citoyens vont continuer de rouler à vélo même s’il fait -25°.  Dans leur cas, l’hiver est si rigoureux qu’ils roulent sur de la neige tapée (mais entretenue) tout l’hiver.

Pratiques d’entretien

Selon Bartek Komorowski, chargé de projets chez Vélo Québec, l’entretien des pistes cyclables est plus facile pour les travailleurs qui en sont responsables lorsque les pistes sont plus larges et en site propre (ndlr: seulement à cette fin). M. Komorowski a mentionné l’équipement spécialisé en utilisation dans l’arrondissement de Villeray-St-Michel-Parc Extension qui permet de brosser la piste et d’ajouter de la saumure (eau dont la concentration en sel est très élevée) qui donne de bien meilleurs résultats que le déneigement avec d’autres sortes d’équipements.  Les cristaux de sel habituels ne seraient pas très efficaces sur une piste cyclable car le poids des vélos serait trop minime pour les faire fondre.  En outre, les petites pierres qui sont également mélangées aux cristaux de sel ne seraient pas utiles dans le cas des pistes cyclables.

Un guide des bonnes pratiques

Le responsable du vélo à la ville-centre, Marc-André Gadoury, conseiller dans Rosemont-La Petite Patrie, a mentionné qu’il a compris l’importance du réseau protégé déneigé l’hiver. Selon M. Gadoury, grâce à la politique de centralisation du déneigement à la ville-centre, les arrondissements déneigent tous, en même temps, leurs portions des voies cyclables.

En entrevue avec le responsable du vélo, journaldesvoisins.com lui a demandé ce qui allait être fait pour les bandes cyclables « quatre saisons » dans lesquelles la neige de la rue est poussée par les charrues sur les côtés, ce qui rend les bandes cyclables impraticables entre les chargements de neige.  M. Gadoury a répondu que la ville était en train de revoir les méthodes et qu’un guide des bonnes pratiques pour les arrondissements serait prêt pour l’hiver prochain.

« On veut vraiment apprendre du congrès », a dit Marc-André Gadoury.

Le vélo au quotidien

Sylvie Bernier, ex-médaillée olympique et ambassadrice des saines habitudes de vie, était l’une des invitées au dîner- conférence.

«Mettez des pistes cyclables et des trottoirs sécuritaires et les gens marcheront et pédaleront!,  a-t-elle plaidé.  Il faut faire réaliser au gens l’importance de bouger plus et de manger mieux, a ajouté Mme Bernier, poursuivant: «L’une des meilleures façon de bouger plus est d’intégrer le transport actif dans la vie quotidienne!»

Virage vélo…après virage auto

Morten Kabell, maire adjoint de la ville de Copenhague au Danemark, a rappelé que sa ville comme de nombreuses autres avait pris le virage de l’automobile dans les années 60 et 70.  Après plusieurs décès accidentels, les citoyens ont manifesté pour améliorer la sécurité. Les autorités les ont écoutés, a ajouté M. Kabell.  Le deuxième magistrat de Copenhague a souligné qu’ils y a maintenant plus de cyclistes que d’automobilistes qui entrent dans la ville chaque jour. Les autorités ont fait le calcul qu’il est plus payant d’investir en infrastructures cyclistes qu’en infrastructures routières.

« Il faut tenir compte des coûts totaux de l’utilisation des voitures dans les villes, a-t-il-il.  Les coûts de construction de la chaussée, de la pollution, de la congestion…»

Plus d’emplois

M. Kabell a aussi donné un exemple ayant à la fois trait à la création d’emplois et aux pistes cyclables. Ainsi, a-t-il dit, un million de dollars en infrastructures routières permet de créer seulement sept emplois alors que la même somme permettrait de créer 9,9 emplois pour des infrastructures piétonnières et 11,4 emplois pour des infrastructures cyclables.

« Il faut envoyer des signaux clairs, dit-il, si on veut faire bouger les choses.»

Par exemple, a précisé Morten Kabell, à Copenhague, même s’il ne neige pas aussi souvent qu’à Montréal, les voies cyclables sont déneigées avant les routes utilisées par les voitures.  Selon lui, c’est ce qu’il faut faire pour avoir de meilleures villes viables (Better livable cities).

Le congrès qui a lieu au Regency Hyat au Complexe Desjardins se termine vendredi 10 février.

Ici, on peut faire mieux

Rappelons que, dans l’arrondissement, un automobiliste a perdu la vie sur le boulevard Henri-Bourassa à la hauteur du cégep Bois-de-Boulogne durant la période des Fêtes. Son véhicule est allé frapper une congère laissée sur la piste cyclable de l’artère lors du déneigement du boulevard.

Dans Ahuntsic-Cartierville, la piste cyclable de la rue Christophe-Colomb est la seule qui soit bien dégagée. D’autres pistes cyclables, dites « quatre saisons », dont la rue Berri et le boulevard Henri-Bourassa, ne le sont pas, ce qui pour l’instant contredit les intentions officielles de la ville-centre. Contrairement à d’autres arrondissements, Ahuntsic-Cartierville ne dispose pas encore d’un équipement spécialisé pour déneiger les pistes cyclables comme c’est le cas dans Villeray-St-Michel-Parc Extension.

 

Les bandes cyclables « quatre saisons » comme celle-ci sur Berri sur cette photo prise à 18 h 15 mercredi 8 février ne devraient plus être impraticables comme elles le sont quand elles sont remplies de neige, à partir de l’an prochain, car les bonnes pratiques d’entretien seront alors en vigueur, selon Marc-André Gadoury.

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