La ruelle verte entre la rue Michel Sarrazin et le boulevard Salaberry. (Photo: François Robert-Durand, archives JDV)

S’il y avait un exemple à citer quand il faut parler de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, ce serait certainement la zone de Revitalisation urbaine intégrée (RUI). Il en existe 12 à Montréal dont celle de Cartierville qui est active depuis 15 ans. Des moyens financiers y sont déployés pour ne pas laisser des gens fragiles livrés à eux-mêmes.

À Cartierville, la zone de Revitalisation urbaine intégrée (RUI) Laurentien-Grenet est une aire géographique de 800 000 m2 délimitée relativement par les boulevards Gouin Ouest et Henri-Bourassa et les rues Grenet et Cousineau.

Elle concentrait à l’origine des logements perclus de moisissure, d’un désert alimentaire et d’une insécurité chronique, attirant des gens vulnérables disposant de peu de moyens financiers. En 2022, la situation s’est améliorée.

En effet, une vingtaine d’organismes communautaires et instances diverses y interviennent pour améliorer la qualité de vie des résidants. Ce qui distingue leur travail c’est la progression, toujours lente, mais avec des résultats.

« Dans les différentes perceptions que nous avons du secteur depuis plusieurs années, je pense qu’il y a une évolution positive par rapport au sentiment de sécurité, par exemple », indique Guillaume B. Turenne, en entrevue avec le journaldesvoisins.com (JDV). Il était responsable jusqu’à tout récemment du dossier RUI au sein Conseil local des intervenants communautaires (CLIC), la table de concertation de quartier de Bordeaux-Cartierville.

Toutefois, cette perception ne signifie pas que tous les problèmes sont réglés. « Il faut continuer à intervenir sur des enjeux qui restent très présents quand on parle de logement ou d’alimentation », énumère-t-il.

Cette année, cinq projets dans la RUI de Cartierville ont profité de 40 000 $ du ministère des Affaires municipales et la RUI elle-même a bénéficié de 96 151 $ provenant de la base budgétaire du Service de la diversité et de l’inclusion sociale (SDIS) de la Ville de Montréal.

Avec un montant résiduel de 10 000 $, un projet a été monté avec la Maison des jeunes Bordeaux-Cartierville pour offrir du travail rémunéré à des jeunes du quartier, afin d’améliorer le cadre de vie dans le secteur.

Pour l’année prochaine, les budgets sont assurés. Toutefois, on ne parlera plus de la RUI. Elle deviendra le Quartier inclusif et résilient (QIR).

« Dans la forme actuelle de la RUI, un financement pour des projets en vue de lutter contre la pauvreté est renouvelé chaque année. Cela peut amener une certaine incertitude », admet M. Turenne au JDV.

Dynamisme du quartier

Après 15 ans, le quartier n’est plus synonyme de concentration de pauvreté et de problèmes sociaux.

La RUI avec ses programmes, ses projets et son financement ont changé l’image du quartier malfamé. Habiter la RUI n’est plus une infamie et ce n’est certainement pas une condamnation.

L’accès aux services est facilité. L’ouverture du nouveau Centre communautaire dans le quartier et avant cela la construction du YMCA de Cartierville au cœur même de la RUI contribuent à ce changement de vision.

« C’est une zone où il faut intervenir avec plus de force, mais ça génère justement un dynamisme qui fait que les citoyens prennent part aux projets, notamment les jeunes. Ils ont des contrats, travaillent sur les ruelles vertes, ce qui génère une dynamique et des engagements », convient Manuel Laugier, qui a pris le relais de Guillaume B. Turenne il y a quelques semaines.

Le secteur continue certes d’attirer de nouveaux immigrants, des réfugiés et des gens mal pris, mais pour d’autres raisons.

« C’est certain que le coût des logements sera peut-être moindre que dans d’autres quartiers et cela reste un élément d’attraction. Je pense aussi qu’on va voir beaucoup de demandeurs d’asile parmi le nombre d’arrivants qui vont s’installer dans le quartier parce qu’il y a un accès aux services qui répondent à leurs besoins », observe Guillaume B. Turenne.

Globalement, le quartier peut devenir attractif, plus diversifié, alors que se développe à proximité le Réseau express métropolitain (REM).

« On voit quand même de nouveaux développements qui sont dans le secteur autour du boulevard Gouin », note Manuel Laugier.

L’action du milieu communautaire a aussi favorisé le développement d’un réseau d’entraide. Les résidants du coin, à force d’être en contact avec les organismes communautaires et les services, conseillent à d’autres de venir les rejoindre, parce qu’il fait presque bon vivre dans la RUI.

Aujourd’hui, le 13 décembre, marque le 20e anniversaire de l’adoption de la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale, votée par l’Assemblée nationale à Québec. 

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