Après avoir longtemps été parmi les arrondissements les plus touchés, Ahuntsic-Cartierville s’en tire mieux que la moyenne montréalaise, mais n’échappe pas pour autant à la hausse des cas de COVID-19 observée depuis la fin octobre.

Avec 58 nouveaux cas confirmés dans la dernière semaine, l’arrondissement affiche un taux d’incidence de 43,2 cas par 100 000 habitants, soit une légère hausse par rapport à la semaine précédente.

Le secteur du Saut-au-Récollet, où une importante éclosion en milieu scolaire s’est déclenchée il y a deux semaines, affiche quant à lui un taux plus de deux fois supérieur, à 104 cas/100 000.

Le taux de positivité des 28 derniers jours est également remonté sensiblement pour s’établir à 2,3 %. Il s’agit d’une hausse moins marquée que celle observée dans l’ensemble de la métropole qui affiche désormais un taux de positivité de 2,7 %, selon l’état de situation hebdomadaire de la direction régionale de la santé publique de Montréal (DRSP).

En début de semaine, à l’émission Midi Info, la docteur Mylène Drouin expliquait:

« C’est vraiment depuis deux semaines qu’on voit vraiment une pente. On se demandait si ça allait être un plateau, mais non, ça se confirme, c’est vraiment une hausse. »

Les hospitalisations demeurent relativement stables depuis la mi-novembre avec une vingtaine de personnes hospitalisées dans les trois hôpitaux du Nord de l’île et aucun nouveau décès ne s’est ajouté au bilan depuis le mois dernier.

C’est que la hausse est particulièrement marquée chez les moins de 11 ans, précisait la docteure Drouin.

Jugée moins à risque de complication, il s’agit de la seule tranche de la population qui n’a pas encore accès aux vaccins.

Santé Canada doit d’ailleurs se prononcer d’ici la fin du mois sur la vaccination dans ce groupe d’âge qui est parmi les plus touchés actuellement.

Ça chauffe dans les écoles

« Chez les 5 à 11 ans, au primaire, c’est vraiment une hausse assez importante », affirmait la directrice de santé publique au micro de Radio-Canada lundi, en notant qu’une hausse chez les adultes en âge d’être les parents d’élèves du primaire était également constatée.

Les éclosions dans les écoles primaires comptent pour près de la moitié des éclosions actives à Montréal, selon le dernier rapport de la DRSP sur le sujet. Dans le Nord de l’île, les éclosions en milieu scolaire représentent également près de la moitié des cas actifs liés à des éclosions.

L’éclosion à l’école de la Visitation à elle seule comptait 38 cas, selon les données fournies lundi au JDV par le Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM). Selon les données de la collecte nationale compilées par le JDV, il n’y a pas eu de nouveaux cas confirmés à cette école depuis le début de la semaine.

Au moment de publier, le CSSDM n’avait pas confirmé si la fermeture de l’école qui avait été prévue jusqu’au 5 novembre, puis prolongée jusqu’au 12 novembre, serait maintenue.

« Nous informerons les parents d’abord pour l’ouverture ou non de l’école », fait savoir le porte-parole du CSSDM, Alain Perron.

⌈Mise à jour, 2021-11-12, 16 h 40⌉ : Le porte-parole du CSSDM a fait savoir au JDV:

«L’école La Visitation ouvrira comme prévu lundi prochain. »

Dans son rapport, la Santé publique ne comptabilise que 14 cas liés à cette éclosion fait savoir le porte-parole de la DRSP, Jean-Nicolas Aubé, qui explique que les 24 autres cas rapportés par le CSSDM seraient liés à de la transmission communautaire et non à l’éclosion en milieu scolaire.

Au total, le CSSDM rapportait que 46 élèves et 4 membres du personnel étaient infectés dans l’ensemble des écoles d’Ahuntsic-Cartierville (incluant La Visitation), soit deux fois plus que la semaine précédente.

Un employé infecté à la prison de Bordeaux

Après avoir finalement réussi à endiguer une importante éclosion à la prison de Rivière-des-Prairies, le ministère de la Sécurité publique (MSP) a déclaré cette semaine qu’un membre du personnel de l’établissement de détention de Montréal (NDLR : Bordeaux) avait été testé positif à la COVID-19.

Le MSP n’était pas en mesure de dire si l’employé infecté était vacciné contre la COVID-19 ni quelle proportion des membres du personnel est vacciné.

« Le ministère de la Sécurité publique ne détient pas de données du taux de vaccination du personnel de ses établissements de détention », explique la relationniste du ministère, Marie-Josée Montminy.

Les autorités carcérales ne peuvent non plus dire si le membre du personnel infecté a pu être en contact avec des collègues ou des personnes incarcérées, mais assure qu’un protocole d’isolation et de traçage de contacts est en place dans l’établissement.

Aucun cas n’a jusqu’ici été déclaré parmi la population carcérale, qui a déjà connu deux éclosions majeures depuis le début de la pandémie et qui affiche un taux de vaccination largement inférieur à la cible de 75 %.

Il est impossible de connaitre le taux de vaccination précis des personnes incarcérées, car les données du Ministère indiquent le nombre cumulatif des personnes incarcérées vaccinées dans l’établissement sans préciser le nombre de doses et ne précise pas combien des personnes actuellement incarcérées sont adéquatement vaccinées.

Une deuxième dose qui manque aux jeunes, une troisième dose pour les aînés

Dans l’ensemble de l’arrondissement, la couverture vaccinale au sein de la population adulte dépasse maintenant largement les 75 %, avec une couverture à deux doses qui atteint plus de 80 % dans tous les groupes d’âge de 18 ans ou plus.

La vaccination chez les 12-17 ans progresse, quant à elle, au compte-goutte. Tout juste plus de 75 % des adolescents ont eu leur première dose, tandis que la couverture vaccinale à deux doses atteint à peine 70 % dans ce groupe d’âge.

Le Centre universitaire de santé et de services sociaux du Nord-de-l’Île-de-Montréal réitère que des cliniques mobiles de vaccination ont été déployées dans « presque l’ensemble des établissements », et que les infirmières scolaires sur place continuent à offrir de l’information sur la vaccination aux jeunes qui souhaiteraient se faire vacciner dans un centre de vaccination.

« Il est maintenant possible de prendre rendez-vous en CLSC », précise par ailleurs, Séléna Champagne, conseillère aux relations médias et aux affaires publiques du CIUSSS.

Les personnes âgées de 70 ans et plus et qui sont adéquatement vaccinés depuis six mois ou plus peuvent désormais prendre rendez-vous pour une dose de rappel.

Déjà recommandée pour les personnes dialysées ou immuno-supprimées et aux personnes hébergées en milieux de vie ou de soins de longue durée, la troisième dose est maintenant proposée aux aînés.

Aucune campagne d’information ciblée pour le groupe des 70 ans et plus n’a encore été entamée, les autorités se fiant au fait que les individus visiteront les réseaux sociaux ou le site Web du CIUSSS-NIM.

« Concernant la troisième dose, une nouvelle a été publiée sur notre site Web et une publication a également été diffusée sur notre page Facebook », indique la porte-parole du CIUSSS en réponse à une question du JDV à ce sujet.

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