Au moins 15 nouveaux cas se sont déclarés à l’école de La Visitation, ce qui a forcé la fermeture de l’établissement jusqu’au 5 novembre, indique le Centre de Services scolaire de Montréal (CSSDM). Mise à jour, ici.⌋ 

Selon des informations qui ont été obtenues par le JDV, l’éclosion aurait commencé la semaine dernière quand un groupe de quatre ou cinq enfants de 5e année aurait été contaminés au service de garde du dîner.

D’autres cas se seraient ajoutés en début de semaine chez des élèves de 3e et 4e année, rapporte un parent qui a requis l’anonymat.

Un premier cas a été rapporté le 26 octobre à l’école de La Visitation, indiquent les données de la collecte nationale du ministère de l’Éducation du Québec (MEQ), compilées par le JDV.

« Depuis les 10 derniers jours, plusieurs membres du personnel et élèves de votre école ont reçu un diagnostic de COVID-19 », indique une lettre de la direction régionale de la santé publique (DRSP) de Montréal, rendue publique par COVID Écoles Québec mardi soir.

COVID Écoles Québec avance par ailleurs que l’origine de l’éclosion remonterait possiblement à une éducatrice qui « enlevait volontairement son masque chaque fois qu’elle parlait aux élèves », une information que le JDV n’a pas été en mesure de confirmer de façon indépendante.

« Vous êtes le premier à m’en avoir parlé », commente le parent d’un élève qui était dans le premier groupe à avoir été informé de l’éclosion la semaine dernière.

Ce parent précise cependant qu’une seule éducatrice s’occupe des enfants qui ont été infectés.

« Nous ne commentons pas les rumeurs », se contente de répondre le porte-parole du CSSDM, Alain Perron.

Rebond des cas dans les écoles d’Ahuntsic-Cartierville

L’éclosion à l’école de la Visitation survient alors que le nombre de nouveaux cas se maintenait autour de 50 cas par semaine, en moyenne, dans l’arrondissement depuis quatre semaines où le taux d’incidence oscille entre 30 et 45 cas par 100 000 habitants.

Près de la moitié des quelques 55 cas rapportés dans la dernière semaine dans l’arrondissement sont d’ailleurs concentrés dans le secteur du Saut-au-Récollet, où se situe l’école de la Visitation, qui affiche un taux d’incidence plus de deux fois supérieur à la moyenne, soit 108 cas/100 000.

Si, dans l’ensemble, la situation est relativement stable à Ahuntsic-Cartierville depuis un mois, la COVID-19 continue de se propager dans les écoles.

En date du 27 octobre, le CSSDM rapportait moins d’une demi-douzaine de cas confirmés dans les écoles du quartier. Une semaine plus tard, ce nombre avait bondi à 25 cas.

Les données de la collecte nationale du MEQ indiquent d’ailleurs qu’au moins une demi-douzaine d’écoles du CSSDM dans Ahuntsic-Cartierville rapportent de nouveaux cas en date du 1er novembre. Plusieurs écoles, dont la Visitation, faisaient encore état de nouveaux cas le 2 novembre.

Les écoles primaires sont d’ailleurs désormais le principal foyer d’éclosions sur le territoire du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Nord-de-l’Île-de-Montréal, selon le dernier rapport sur les éclosions actives de la DRSP.

Vaccination : du rattrapage chez les jeunes et des ratés chez les aînés

Alors que le gouvernement du Québec espère pouvoir commencer la vaccination chez les 5 à 11 ans d’ici la fin de l’année, la vaccination des 12-17 ans accuse toujours du retard sur l’objectif de 75 % de couverture vaccinale adéquate.

Si le trois quart des jeunes de ce groupe d’âge ont désormais reçu leur première dose dans Ahuntsic-Cartierville, le taux de couverture à deux doses ne s’élève pour l’instant qu’à 70,2 %.

Quoi qu’il en soit, le gouvernement Legault a annoncé des allègements dans les mesures sanitaires au secondaire, où le port du masque ne sera plus obligatoire à compter du 15 novembre.

Le taux de couverture adéquate atteint ou dépasse largement les 80 % chez les adultes dans l’arrondissement, mais on rapporte certains ratés dans l’administration des doses de rappel.

La semaine dernière, les résidents de la résidence les Deux aires ont par exemple été informés qu’il n’y avait pas suffisamment de personnel pour offrir la vaccination sur place et qu’ils étaient invités à se déplacer dans un centre de vaccination pour obtenir leur troisième dose.

Éclosion dans Sault-Au-Récollet
Message affiché à la résidence les Deux Aires la semaine dernière (photo : Philippe Rachiele – JDV)

« Nous disposons de tout le personnel nécessaire pour la vaccination en RI/RPA des 3e doses contre la COVID, ainsi que contre la grippe et le pneumocoque », affirme Marie-Hélène Giguère, conseillère-cadre au bureau des relations avec les médias et affaires publiques du CIUSSS.

Le CIUSSS n’était pas en mesure d’expliquer pourquoi la résidence avait affiché le message. [Précision ajoutée le 4 novembre à 10h : ] Le CIUSSS indique que 112 résidentes et résidents vulnérables ou à mobilité réduite ont été vaccinés lors d’une clinique de vaccination mobile tenue le 1er novembre à à la résidence les Deux Aires.

« Nous faisons actuellement le tour de toutes les RI/RPA de notre territoire pour vacciner, en conformité avec les directives ministérielles, tous les résidents vulnérables et à mobilité réduite. Si des résidents ont manqué la clinique mobile, ils peuvent le signaler à leur direction de RPA et nous verrons ensuite comment nous assurer qu’ils puissent recevoir leur vaccin», fait valoir la porte-parole du CIUSSS.

Taux de mortalité : quelques précisions

Si on n’a rapporté aucun nouveau décès dans l’arrondissement depuis bientôt trois semaines, une vingtaine de personnes demeures hospitalisées dans les trois hôpitaux du CIUSSS-NIM, soit Sacré-Coeur, Fleury, et Jean-Talon, dont la moitié aux soins intensifs.

Le JDV a par ailleurs demandé à la DRSP des précisions concernant les données présentées dans le feuillet « Inégaux face à la pandémie » qui indiquent que le taux de mortalité dans Bordeaux-Cartierville a été inférieur à la moyenne montréalaise, alors qu’il s’agit d’un secteur qui présente un indice de défavorisation élevé, généralement associé à une plus forte mortalité due à la COVID-19.

« Une hypothèse explicative serait que les personnes ayant contracté la COVID-19 dans Bordeaux-Cartierville présentaient moins de caractéristiques susceptibles d’augmenter le risque de décéder de la COVID-19 après l’avoir contractée », indique Danny Raymond, conseiller aux relations médias à la DRSP.

Le JDV a également cherché à savoir si le fait d’avoir exclu les milieux fermés (CHSLD, RPA) pouvait expliquer le fait qu’Ahuntsic et Bordeaux-Cartierville présentent des taux égaux ou inférieurs à la moyenne alors qu’Ahuntsic-Cartierville présente l’un des taux de mortalité cumulative les plus élevés à Montréal.

« Comme l’âge et les comorbidités augmentent le risque de décès et que les personnes vivant en milieux fermés tendent à être plus âgées et à souffrir de comorbidités, l’exclusion des personnes vivant en milieu fermé peut expliquer les différences entre les taux cumulatifs rapportés pour l’ensemble de la population et les taux présentés dans le feuillet “Inégaux face à la pandémie” », confirme le porte-parole de la DRSP.

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