Nouvelle section à l’avant plan construite à l’hôpital Sacré-Coeur en prévision de la deuxième vague de la COVID-19 (Photo : jdv – Philippe Rachiele)

Malgré une légère baisse des cas enregistrée dans la dernière semaine, la pandémie continue d’exercer une très forte pression sur le réseau de la santé à Ahuntsic-Cartierville comme dans le reste de l’île de Montréal.

En conférence de presse avec la représentante du réseau de la santé montréalais, Sonia Bélanger, la directrice régionale de la santé publique de Montréal, docteure Mylène Drouin, a fait le point vendredi sur la situation dans la métropole.

Alors que le nombre de nouveaux cas est en diminution, même dans les quartiers chauds, la situation épidémiologique demeure préoccupante aux yeux de la Direction régionale de la santé publique (DRSP) de Montréal.

Des indicateurs à la baisse, mais des taux encore très élevés 

La docteure Drouin souligne que bien que les principaux indicateurs soient en baisse avec un taux de positivité moyen qui est repassé sous la barre des 10% à Montréal et un taux de reproduction du virus qui est redescendu sous la barre du 1, les taux d’incidence demeurent trois fois plus élevés que le seuil quotidien de 10 cas par 100 000 habitants établi comme barème par le gouvernement du Québec pour atteindre le pallier d’alerte maximale à l’automne dernier.

« Avec la réouverture des écoles, on voit déjà cette semaine une hausse chez les élèves du primaire », note la docteur Drouin.

La Santé publique souhaite d’ailleurs rehausser le dépistage « assez rapidement » chez les 12-17 qui ont des taux d’incidence très élevés, mais n’envisage pas pour l’instant de faire du dépistage massif dans les écoles ni d’inviter les personnes asymptomatiques à se faire dépister dans les quartiers chauds, contrairement à ce qu’a laissé entendre le premier ministre du Québec François Legault en début de semaine.

« Ça demeure très élevés et préoccupant chez les 85 ans et plus », s’inquiète surtout la docteure Drouin qui souligne que le taux d’incidence dans cette population vulnérable se reflète dans le nombre important de nouveaux décès survenus à Montréal depuis une semaine.

Sur les 93 décès liés à la COVID rapportés la depuis la semaine dernière, 13 sont survenus à Ahuntsic-Cartierville. De ce nombre, cinq sont survenus en CHSLD, quatre dans des Résidences privées pour aînés (RPA) et une en Ressource intermédiaire (RI), précise la DRSP au JDV. Ces décès sont attribuables à de multiples éclosions actives dans des milieux de vie et de soins pour aînés de l’arrondissement.

« Il faut vraiment demeurer très vigilants par rapport aux différentes ressources pour personnes âgées », commente d’ailleurs Sonia Bélanger, qui note une augmentation du nombre d’éclosions en CHSLD, en RPA et en RI à Montréal.

Selon l’état de situation des cas et des décès en CHSLD et en RPA tenu par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), la situation semble plutôt en voie de s’améliorer à Ahuntsic-Cartierville où, bien que certaines éclosions continuent de progresser, d’autres ont été maîtrisées dans les derniers jours.

« La distribution du vaccin devrait aider à mieux contrôler la propagation du virus dans les milieux de vie plus vulnérables », indique Séléna Champagne, conseillère aux relations médias et aux affaires publiques au Centre intégré universitaire de santé et services sociaux (CIUSSS) du Nord-de-l’Île-de-Montréal.

Le CIUSSS, qui dit avoir complété la campagne de vaccination dans les CHSLD et poursuivre la campagne dans les RPA et RI sur son territoire, avait vacciné 2197 résidents en CHSLD et en RI en date du 20 janvier.

« C’est très, très encourageant, on sent qu’on est plus en contrôle», se réjouit le président par intérim du Syndicat des travailleurs et travailleuses du CIUSSS du Nord (STT-CIUSSS-NIM), Alexandre Paquet en entrevue au JDV.

Il note toutefois que les quelques 36 lits dans la zone chaude du CHSLD Laurendeau étaient à pleine capacité plus tôt cette semaine, signe que la situation est encore fragile.

Les hôpitaux à pleine capacité

Alors que plusieurs installations pour aînés demeurent en situation critique ou sous haute surveillance, la situation est aussi extrêmement tendue dans les centres hospitaliers.

« Dans les hôpitaux, la tension est encore très présente », confirme Sonia Bélanger. Les hôpitaux sont à pleine capacité actuellement », précise-t-elle.

Sans commenter spécifiquement les importantes éclosions survenues à l’hôpital Fleury cette semaine, la représentante du réseau de la santé souligne qu’il y a des éclosions dans pratiquement tous les hôpitaux à Montréal et que la plupart sont sous contrôle.

« La situation qui se passe à Fleury, ça a rapidement dégénéré », observe pour sa part Alexandre Paquet qui confirme toutefois que l’éclosion est « suivie de près » par le CIUSSS.

En plus de cette éclosion importante qui a touché au moins 35 membres du personnel à Fleury, il rappelle d’autres éclosions qui se sont déclarées dans plusieurs unités de l’hôpital Sacré-Cœur ainsi qu’à l’hôpital Jean-Talon.

Le CIUSSS rapporte qu’en date du 20 janvier, 94 employés étaient absents en raison de la COVID. À la même date, près de 4243 employés avaient toutefois été vaccinés contre le virus.

 « Ce n’est pas terminé, malgré les bonnes nouvelles qu’on entend», prévient Sonia Bélanger.

Elle souligne que près de 700 personnes sont encore hospitalisées à Montréal, dont 112 aux soins intensifs, soit une « légère baisse » par rapport à la semaine dernière. Selon un tableau des hospitalisations actives tenu par le MSSS, 96 personnes étaient hospitalisées avec la COVID dans les trois centres hospitaliers du CIUSSS du Nord, dont 12 étaient aux soins intensifs en date du 21 janvier.

« On est encore dans une situation critique, donc on a probablement encore quelques semaines à faire des efforts », souligne Mylène Drouin.

Il semble en effet probable que la levée du couvre-feu et l’assouplissement des mesures de confinement soient repoussées au-delà du 8 février à Montréal.

« Il faut rester aux aguets des impacts collatéraux de ces mesures », insiste donc la directrice régionale de Santé publique qui dit s’inquiéter de l’impact de la solitude et de l’isolement, notamment chez les jeunes chez qui « on a des indicateurs de santé mentale très préoccupants ».

Les décès s’accumulent

Et c’est sans oublier les autres dommages collatéraux de la pandémie, comme les décès qui continuent de s’accumuler. Le cap des 400 décès à Ahuntsic-Cartierville a en effet été franchi cette semaine.

Le STT-CIUSSS-NIM rapporte par ailleurs qu’un auxiliaire aux services de santé et sociaux de l’équipe des soins à domicile du CLSC de Saint-Laurent, qui avait obtenu un résultat de test positif au début janvier, est décédé le 15 janvier.

Sans confirmer ni infirmer l’information, le CIUSSS indique qu’il n’est, à ce stade-ci, «pas possible de confirmer que la COVID-19 est la cause de son décès ».

Jean-Rigaud Fontaine, âgé de 72 ans, travaillait au CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal depuis 24 ans. Le syndicat a tenu une cérémonie en son nom vendredi.

« Une autre triste journée pour notre CIUSSS, (pour) les travailleurs de la santé », a déclaré Alexandre Paquet lorsqu’il a annoncé la nouvelle au JDV plus tôt cette semaine.

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