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Les automobilistes devront toutefois se plier aux changements

Dans Ahuntsic-Cartierville, pas de tarification de rues, «pour l’instant»

Publié le 14/06/2019
par Alain Martineau

Les automobilistes d’Ahuntsic-Cartierville, et d’ailleurs, devront éventuellement se plier aux nouvelles décisions politiques de l’arrondissement et de la Ville qui risquent d’en faire tiquer plus d’un.

On le sait, la présence de nids-de-poule et de nombreux chantiers avec leurs cônes oranges (il faut dire que, souvent, on en profite pour refaire les égouts et aqueducs) ne font pas nécessairement le bonheur des automobilistes, ni des cyclistes.

Mais ce n’est pas tout : la mise en place du Réseau express vélo (REV) et d’autres voies cyclables, des mesures phares du parti Projet Montréal au pouvoir vont certes réjouir les adeptes du vélo. Mais il y aura impact dans le quotidien de ceux qui se déplacent en auto, aux heures de pointe notamment.

En plus du retranchement d’une voie de stationnement (le long de Berri et de Lajeunesse), on devrait confirmer à l’automne la mise en place de sens unique sur les rues Sauriol et Prieur. Toutefois, l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville ne compte pas faire comme Outremont, du moins «pas pour l’instant»,  en tarifant tout espace public servant au stationnement.

Coup de barre

Les mesures qui sont ou seront mises de l’avant par la Ville de Montréal ou l’arrondissement n’ont pas de quoi surprendre; les citoyens ont voté en toute connaissance du programme ambitieux de l’équipe qui a pris le pouvoir en délogeant le parti de Denis Coderre en 2017: baisse de la vitesse sur nos rues et artères, ajout d’autobus (300),  réseau de voies cyclables express protégées, etc.

Un «plus», entre autres, pour faciliter les déplacements et accroître la sécurité des piétons et des cyclistes, notamment.

Récemment, Outremont a imité plusieurs pans de mesures «à la Plateau Mont-Royal» et implantera partout d’ici l’automne la tarification sur rue (vignette dont le prix variera de 100 à 140$ par année). Mais Ahuntsic-Cartierville ne compte pas faire de même, du moins pas dans un proche avenir.

« Ce n’est pas quelque chose qu’on explore pour l’instant, la tarification mur-à-mur, a confié Jérôme Normand, conseiller du district du Sault-au-Récollet, dans l’extrême Est d’Ahuntsic-Cartierville, et aussi membre de la Commission sur l’eau, l’environnement, le développement durable et les grands parcs. Outremont vit avec un problème de vignettes avec du stationnement trois jours par semaine d’un côté, et trois jours de l’autre, en alternance.  C’est complexe en termes de gestion. Ils ont voulu uniformiser avec un stationnement avec vignettes, mur-à-mur. Mais ici, on n’en est pas là. Toutefois, on aura à développer un système plus poussé pour maximiser les espaces et le transport public », a-t-il averti.

Pistes cyclables

Les élèves de l’école Sophie-Barat utilisent en masse leurs vélos pour se rendre en classe. (Photo: archives jdv)

Entretemps, comme nous l’avions déjà annoncé, la Ville ira de l’avant avec son REV sur Berri (vers le sud) et Lajeunesse (vers le nord), et l’on devrait enlever une voie de stationnement sur deux sur ces deux rues entre l’autoroute Métropolitaine et le pont Viau.

Des cinq projets lancés récemment par la Ville, le premier qui verra le jour est celui dans le nord de Montréal, ce segment, qui débouchera par la suite sur la rue Saint-Denis, avec le centre-ville comme destination.

M.Normand se réjouit du fait que de petits commerçants, en restauration notamment, ont dit voir ce projet de manière positive, «s’il contribue à une meilleure qualité de vie à échelle humaine».

« Plusieurs études démontrent que la déambulation plus lente en vélo (comparativement à l’auto) les incite à arrêter. C’est sûr que plusieurs relèvent des préjugés défavorables pour l’auto. Mais prenez sur Lajeunesse, si l’on voit plein de magasins électroniques, on pensera de s’arrêter 50 mètres plus loin, mais en vélo c’est immédiat, avec le mobilier urbain, les supports pour vélos dans l’environnement. Oui globalement, il y aura des habitudes à changer. Mais les commerces ne voient pas leurs chiffres d’affaires baisser en général »,  a mentionné le conseiller Normand.

Au sujet de l’hypothèse des sens uniques à venir sur Sauriol et Prieur évoquée dans le Plan local de déplacements (PLD), tout porte à croire que la mesure sera implantée quand le produit final sera adopté quelque part à l’automne.

« C’est toujours à l’étude, de dire Jérôme Normand, mais le signal est positif. On l’a vu dans les sondages, on a même demandé aux gens quelle formule ils préféreraient pour son implantation et l’appui est de 60%. La consultation a permis de recueillir les opinions pour savoir si une voie cyclable était mieux du côté sud ou du côté nord… On a des alignements précis, mais depuis le début, on veut deux sens uniques et deux voies cyclables protégées ».

Concernant la présence de deux écoles (Louis-Colin et Regina Assumpta), M. Normand dit ne pas craindre d’éventuelles plaintes.

« Le parc automobile stagne ou décroit (à Montréal), et il y a un aussi un désengagement de l’auto. On se trouve dans un cercle vicieux. Les gens veulent des occasions  pour se rendre de façon sécuritaire au parc ou à l’école. Alors on pense qu’il y aura de moins en moins d’autos qui se déplaceront avec nos mesures», a-t-il indiqué.

Si tout se confirme dans quelques mois, il y aura un côté de stationnement en moins sur Prieur et Sauriol et un débarcadère pourrait être prévu devant les écoles, a indiqué M. Normand.

«Il faut un contexte plus favorable aux piétons et cyclistes » a-t-il conclu.

Mais lors du dernier PLD il y a dix ans, l’arrondissement avait dû faire marche arrière et mettre un terme à des changements de sens unique à l’est de l’avenue Christophe-Colomb.

Statistiques de la SAAQ

Récemment, les données 2018 dévoilées par la Société d’assurance-automobile du Québec (SAAQ) indiquaient une baisse du nombre de véhicules immatriculés à Montréal. Mais impossible de savoir si cela se répercute directement dans Ahuntsic-Cartierville.

« Il n’y a pas de données propres à chaque arrondissement, a déclaré le conseiller  du Sault,  interrogé par journaldesvoisns.com. Par contre, ces informations nous  interpellent. Mais reste à voir si l’on peut parler d’une tendance, c’est virgule 1 pour cent,  c’est pratiquement une stagnation alors qu’ailleurs, on parle d’une hausse d’un pour cent. Ça nous interpelle sur les mesures d’atténuation que l’on peut mettre ne place…», a-t-il noté.

Les données de la SAAQ signalent qu’entre 2017 et 2018, le nombre de véhicules au Québec a augmenté de 0,9 %. Il est passé de 6,5 millions à 6,6 millions.

Par ailleurs, des données collectées par une firme de recherche et rendues publiques récemment au sommet sur la mobilité durable Movin’On, à Montréal, indiquent que les décideurs politiques auront à mettre les bouchées doubles pour faire valoir leurs points de vue en faveur du transport en commun.

Selon la firme Kanrar, il faudra «ramer fort» pour augmenter l’utilisation du transport en commun dans la grande région de Montréal, où les gens souhaitent notamment diminuer leur recours au transport collectif dans les prochaines années.

auto-mobile

Les véhicules auto-mobile –un système de partage de voitures– se retrouvent désormais sur rue dans l’arrondissement.

On signale que les personnes qui habitent à Montréal et la banlieue souhaiteraient «utiliser beaucoup moins leur voiture individuelle, mais aussi diminuer leur utilisation du transport en commun».

Bref, idéalement, les répondants ont suggéré vouloir faire plus de déplacements comme passagers dans une voiture qui ne leur appartient pas.

Toutefois, ils plaident pour marcher davantage, faire plus de vélo et utiliser plus de taxis. Et aussi, l’auto en solo est encore le mode de transport préféré des répondants, selon ce qu’a rapporté le Journal de Montréal.