La Ville-Centre annonçait, en juin dernier, son intention de venir en aide aux commerçants affectés par les différents chantiers. Après avoir présenté le détail de son plan en novembre, elle vient maintenant de spécifier les secteurs concernés par ce programme et parmi ceux-ci, Laurentien-Lachapelle, situé dans Bordeaux-Cartierville.

À la fin de l’année 2018, l’administration Plante annonçait les détails de ce plan de compensation financière pour les commerçants qui ont subi les répercussions [pertes financières, notamment] causés par les chantiers majeurs un peu partout dans la métropole. La Ville-centre avait alors établi une liste de critères déterminants à qui s’adressait ce financement.

Promis lors de la campagne municipale de 2016, c’est la première fois au Canada qu’un tel programme de compensation est mis en place.

Secteurs annoncés

Si le programme avait déjà fait l’objet d’une présentation, les secteurs concernés eux devaient encore être dévoilés.

Dans ce but, les SDC et regroupement d’affaires étaient invités à déposer leur candidature avant le 14 décembre dernier et une analyse devait ensuite être faite avant le lancement officiel du programme. Fin janvier, le comité exécutif de la Ville de Montréal à finalement fait part de sa décision.

Un total de 21 secteurs de Montréal ont été identifiés comme étant admissibles à l’aide financière. Parmi ces derniers,  le secteur Laurentien-Lachapelle situé dans Ahuntsic-Cartierville. L’arrondissement y procède actuellement à d’imposants travaux de réfection et de réaménagement sur le boulevard Laurentien et la rue Lachapelle. Le périmètre désigné pour le secteur Laurentien-Lachapelle englobe une vaste zone.

Jusqu’à 30 000 $

La Ville-centre a prévu un budget de 25 millions de dollars jusqu’en 2021 pour répondre aux besoins que nécessite ce dossier.

Les commerçants pourront obtenir jusqu’à 30 000 $ en subvention, mais chaque cas sera évalué individuellement par la Ville de Montréal et les conditions pour bénéficier de ce financement sont rigoureuses.

Cette compensation est rétroactive et annuelle, les commerçants pourraient donc bénéficier de compensations pour chaque année durant lesquelles ils ont subi des pertes.

Chaque demandeur devra avoir eu des pertes financières d’au moins 15% de son chiffre d’affaires durant la période du 1er décembre 2016 au 1er juin 2019 pour demander cette compensation.Il s’agit là de dates propres au chantier du secteur Laurentien-Grenet, chaque chantier ayant ses propres périodes allant d’aussi tôt que le 1er janvier 2016 et aussi tard qu’avril 2023.

Les commerçants ne pourront pas non plus demander l’entièreté des pertes encourues durant la période des travaux.

«L’aide financière sera calculée en fonction de la perte du bénéfice brut des entreprises pour tout exercice financier admissible. Le premier 15% de la perte sera assumé par le commerçant et le reste de la perte sera versé en subvention, jusqu’à concurrence de 30 000 $ par exercice financier», souligne Camille Bégin, relationniste au service des communications de la Ville de Montréal.

S’ils souhaitent obtenir l’aide offerte par la Ville, les commerçants devront ouvrir leur livre comptable pour prouver l’impact d’un chantier sur leur commerce en comparaison avec leurs chiffres d’affaires des années antérieures aux travaux. Les commerçants qui se «qualifient» pour le programme devront toutefois faire preuve de patience puisqu’il faudra d’abord «monter» leur dossier, et celui-ci devra être évalué avant de procéder au premier versement.

Les commerçants en réflexion

Quelques commerçants contactés par journaldesvoisins.com ont souligné au jdv qu’ils regardaient si leur situation entrait dans les critères de la Ville ou encore étaient sur le point d’envoyer leur réclamation.

Michel Dagenais, du groupe Lallier Honda, souligne quant à lui que le dossier de son entreprise est déjà terminé et prêt à partir. Il n’a d’ailleurs aucun doute sur le fait qu’ils seront en mesure de faire la preuve que le chantier a eu un impact majeur sur le commerce.

Situé à la jonction de la rue Lachapelle et du boulevard Laurentien, le commerce a largement souffert du chantier non seulement, financièrement, mais aussi par la poussière et le bruit occasionnés.

Si les travaux lui ont causé de nombreux préjudices, il reconnaît que le chantier était nécessaire pour le secteur Laurentien-Lachapelle

«Une fois les travaux complétés, on est forcé d’admettre qu’ils font du sens […] l’accès au pont était tellement mal fait […] c’était une chose à faire depuis longtemps», précise M. Dagenais.

D’autres commerçants n’ont toutefois pas désiré faire de commentaires à ce stade du processus, préférant attendre que leur dossier de réclamation soit complété avant de répondre.

Ils comptaient toutefois fermement demander leur part dans la mesure où ils peuvent se qualifier pour ce programme. Une commerçante a toutefois souligné que même si son commerce n’était pas accepté, elle était déjà satisfaite que leurs démarches aient porté fruits.

Certains commerçants du secteur ne sont toutefois plus là pour demander une quelconque compensation financière. Le plan ne comprend pas de mesure pour les entreprises qui ont mis la clef sous la porte, ce qui fut le cas pour certains qui n’ont pas été en mesure de faire face au dérangement constant occasionné par les chantiers.

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