Dindons aperçus sur la rue Verville. (Photo: Philippe Rachiele, jdv)

On remarque une présence accrue de dindons sauvages dans Ahuntsic-Cartierville depuis un mois environ. On les a aperçus sur les rues Lajeunesse, St-Hubert, Prieur, d’Auteuil, Verville, près du Provigo sur Henri-Bourassa Est, tout à côté de l’Hôpital vétérinaire du Nord et même dans les cours arrière de certaines résidences privées. Journaldesvoisins.com s’est penché sur ce drôle de phénomène.

D’abord soyez rassuré! Le dindon sauvage, malgré sa taille imposante (de 4 à 8 kg), est inoffensif. C’est un oiseau grégaire et craintif qui évite généralement de s’approcher des êtres humains, explique Linda Boutin, relationniste à la Ville de Montréal.

Il faut toutefois être vigilant au volant, le risque de collisions avec des véhicules peut être plus élevé sur les routes traversant des habitats où l’espèce est abondante.

Un oiseau étonnant

La présence inusitée du dindon sauvage à Ahuntsic-Cartierville n’est donc pas à craindre. Il s’agit plutôt d’une occasion unique d’observer cet oiseau étonnant.

C’est le plus gros des oiseaux sauvages de sa famille.

L’ornithologue Jean Poitras, collaborateur au jdv, le décrit ainsi :

« Le mâle mesure 1,15 m, a une tête déplumée rouge avec une excroissance de peau sous le menton et une autre à la base de la mandibule supérieure. Le corps trapu est couvert d’un plumage iridescent aux teintes vertes et cuivrées. Les ailes sont rayées de blanc et la queue est roussâtre. De plus, surtout en période nuptiale, il possède une grande plume qui lui pend de la poitrine. Les pattes sont osseuses comme ceux des poulets. La femelle est plus petite (1 m) et sa tête, plutôt grise, n’a pas les appendices rouges de son congénère. La grande plume poitrinaire du mâle est absente chez la femelle. »

Dindons aperçus sur la rue Verville (Photo: Philippe Rachiele, jdv)

Son milieu

Au Québec, le dindon sauvage est en croissance rapide dans le sud de la province surtout en Montérégie, en Outaouais et dans Chaudière-Appalaches. Il vit normalement dans des milieux forestiers où il trouve une nourriture abondante (fruits, graines, noix, pousses végétales, champignons ou insectes) et un couvert adéquat pour se protéger des prédateurs.

Il fréquente aussi les champs cultivés à la recherche de grains pour s’alimenter.

Le paysage idéal pour cette espèce est donc composé d’un mélange de forêts et de milieux agricoles.

Présence dans l’arrondissement

Mais qu’est-ce qui explique leur présence dans Ahuntsic-Cartierville?

« Les dindons, bien qu’ils aient l’air patauds, volent assez bien. Comme leur population est en croissance aux portes de Montréal, il est normal que l’on en voie chez nous, notre arrondissement étant assez bien garni en couvert arborestier qui leur est plus favorable que le béton du centre-ville », explique Jean Poitras.

Linda Boutin de la Ville de Montréal, elle, l’explique ainsi :

« La présence d’espaces verts et de corridors potentiels pour leurs déplacements, comme les rives de la rivière des Prairies et la voie ferrée, peuvent favoriser la présence de cet oiseau dans ce secteur. »

Près des habitations, les dindons peuvent aussi être attirés par les sources de nourriture comme les graines tombées au sol, sous les mangeoires d’oiseaux.

La relationniste de la Ville de Montréal indique qu’il n’y a pas d’outil particulier pour rapporter la présence de dindons sauvages.

On peut les prendre en photo pour son plaisir personnel puisque, comme le mentionne Mme Boutin, « ce sont des individus en déplacement qui quitteront rapidement le secteur ».

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