Bénévoles assemblant des visières médicales de Communautique pour la COVID-19 (Photo : jdv – Philippe Rachiele)

Début avril, journaldesvoisins.com présentait l’initiative de l’OBNL Communautique qui avait commencé à confectionner des visières médicales pour le personnel du réseau de la santé, dans ses locaux. Après plusieurs démarches, l’organisme a poursuivi sa phase de production à grande échelle et c’est notamment au sous-sol de l’église Saint-Jude que s’attelle un petit groupe de résidants bénévoles. 

L’organisme Communautique s’était donné, dès le début de la crise sanitaire actuelle, le défi de pallier la carence en visières médicales pour les intervenants du réseau de la santé. Pour ce faire, il souhaitait produire lui-même 30 000 visières médicales.

Après plusieurs semaines de recherche et d’analyse, l’organisme s’est lancé dans la partie production de son défi.

L’objectif de Communautique: produire 30 000 visières en 30 jours. Optimiste, Monique Chartrand, la directrice générale de Communautique, pense qu’ils auront terminé plus tôt que prévu.

Bénévole assemblant des visières médicales de Communautique pour la COVID-19 (Photo : jdv – Philippe Rachiele)

Église Saint-Jude mis a disposition

Plusieurs groupes se sont mis à l’œuvre pour pousser à la roue de cet ambitieux objectif. Ils seraient une trentaine de personnes activement à la tâche sur l’île de Montréal.

C’est notamment le cas au sous-sol de l’église Saint-Jude qu’un petit groupe de  résidants de l’arrondissement a installé temporairement cette «usine» de fortune.

Sylvie Réhaume, résidante du quartier, s’est portée volontaire pour la fabrication dans le cadre de ce projet. À la suite de démarches personnelles, elle a réussi à rassembler un groupe de huit personnes bénévoles afin de participer à l’assemblage.

Le groupe de Mme Rhéaume a obtenu l’autorisation d’installer leur atelier temporaire au sous-sol de l’église Saint-Jude, située avenue D’Auteuil, dans Ahuntsic. Le lieu de culte a gracieusement mis à leur disposition un de ses locaux au sous-sol.

Vitesse de croisière impressionnante

Le groupe est à l’œuvre environ trois demi-journées par semaine. Une fois leur vitesse de croisière atteinte, ils peuvent produire 600 visières par quart de travail.

La dynamique équipe de bénévoles n’avait pourtant pas forcément d’expérience dans ce domaine avant d’accepter de relever ce défi. Certains membres du groupe sont retraités, d’autres encore actifs sur le marché du travail mais sans emploi à l’heure actuelle. Sylvie Réhaume est quant à elle enseignante à la retraite.

Il s’agit pour eux de faire leur part dans la situation actuelle, chacun souhaitant apporter sa petite contribution pour pousser à la roue et mieux équiper le personnel médical qui affronte tous les jours la situation actuelle de la pandémie, au risque de sa vie.

« Ils apportent leur contribution dans les limites de leurs moyens», souligne Mme Réhaume.

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La production de ces visières n’est pas aussi facile qu’on pourrait le croire. En effet, au-delà de l’aspect technique de fabrication, les bénévoles doivent aussi  se protéger et protéger les visières d’une contamination.

Communautique a donc mis en place un processus strict.

Une ligne sanitaire est notamment en place afin de stériliser les visières et les bénévoles doivent respecter un protocole pour limiter la propagation du site et des visières.

Pour Mme Chartrand, cette expérience aura permis à l’organisme de faire de nombreuses découvertes au cours de cette aventure.

En plus d’être devenu «experts» en plastique, l’organisme fait valoir que la gestion de ce projet équivaut presque à celle d’une grosse entreprise.

De la recherche au développement, jusqu’à la livraison en passant par la confection, ce serait près de 100 personnes qui font partie de ce projet.

De A à Z, l’organisme aura fait, en quelques semaines, ce que plusieurs grandes industries accompliraient en cinq ans.

Si cela peut rassurer les inquiets, l’organisme ne souhaite pas prendre la place des manufacturières déjà bien établies.

La directrice générale de Communautique précise notamment que les plans seront «open source», soit destiné à être accessible au public. Qui sait, cela permettrait peut-être de répondre plus vite à la prochaine pandémie.

Même si elle souligne que leurs doigts ressentent le travail accompli, Sylvie Réhaume souligne que le groupe de bénévoles qu’elle a formé garde son optimisme des premiers jours et souhaite poursuivre jusqu’à la dernière visière.

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