À la Clinique du sommeil du Centre d’études du sommeil (CÉAMS), les technologues observent les patients sur les écrans durant la nuit. (Photo: Loubna Chlaikhy, JDV)

Le Centre d’études avancées en médecine du sommeil (CÉAMS), situé à l’Hôpital du Sacré-Cœur, étudie et traite les troubles du sommeil depuis 1977. Plongée au cœur d’un fleuron québécois, internationalement reconnu pour son expertise.

Ce texte a été publié dans la version imprimée du Journal des voisins, le Mag papier de décembre 2023-janvier 2024, à la page 16. Il fait partie de notre dossier sur la santé.

À la fin de sa vie, une personne devrait avoir passé un tiers de celle-ci à dormir. Fondamental, le sommeil est pourtant devenu un enjeu majeur de santé publique. Aujourd’hui, les études scientifiques estiment que près de 50 % de la population canadienne souffre d’un trouble du sommeil.

Insomnie, narcolepsie, somnambulisme, hypersomnie… il existe 70 maladies du sommeil identifiées à ce jour. Autant de pathologies qui sont au cœur du travail du CÉAMS, composé d’une clinique du sommeil et d’un centre de recherche.

Haute surveillance

Chaque année, la Clinique du sommeil du CÉAMS reçoit plus de 2 500 patients. «Nous sommes spécialisés dans les maladies du sommeil non respiratoires, donc sans apnée, et plus rares. On reçoit des demandes de partout, du Québec, du Canada, mais aussi d’Europe. En moyenne, 75 % de nos patients ont déjà consulté dans une clinique du sommeil, nous sommes donc surspécialisés», explique Alex Desautels, directeur de la Clinique du sommeil du CÉAMS, neurologue et professeur adjoint, département de neurosciences, Université de Montréal. 

Son équipe est souvent celle de la dernière chance pour ses patients qui recherchent désespérément un repos salvateur…

Dans une salle à la lumière tamisée, des technologues ont les yeux rivés sur des écrans qui retranscrivent un drôle de spectacle. Les caméras installées dans chaque chambre retransmettent en direct sur un écran une vue sur un homme endormi dans un lit. Sur un autre, les tracés du moniteur médical évoluent en temps réel.

«Les patients sont référés par leur médecin, puis on communique avec eux pour venir passer une ou plusieurs nuits sous surveillance. À leur arrivée, les technologues en électrophysiologie médicale positionnent des électrodes de la tête aux jambes des patients afin de recueillir des données médicales. Cela permet d’avoir un tableau complet de leurs problèmes de sommeilavant de leur proposer une prise en charge si besoin», chuchote le directeur pour ne pas déranger les dormeurs.

Du lundi au vendredi, 24 heures sur 24, les patients défilent dans ce service pas comme les autres, porté par une équipe pluridisciplinaire. Technologues, neurologues, cardiologues, pneumologues et chercheurs œuvrent ensemble pour guider leurs patients vers les bras de Morphée.

Venus de partout

Le laboratoire de recherche du CÉAMS, dirigé par Nadia Gosselin, est renommé pour son excellence, d’autant plus qu’il abrite cinq chaires de recherche. Les 15 chercheurs qui y mènent des études sur des aspects très différents du sommeil viennent des quatre coins du globe. 

«Nous avons un collègue qui revient d’un séjour en Scandinavie, où il a étudié le sommeil des militaires dans des conditions extrêmes», cite en exemple Alex Desautels.

«Nous attirons des chercheurs de partout dans le monde», révèle Alex Desautels, directeur de la Clinique du sommeil du CÉAMS. (Photo: courtoisie CÉAMS)

Le centre est membre d’un consortium international qui mène actuellement un projet de grande ampleur sur le somnambulisme. Parmi les faits d’armes des chercheurs du CÉAMS, on note une première mondiale: l’identification des gènes associés au syndrome des jambes sans repos.

Autant de grandes avancées scientifiques qui permettent d’offrir une prise en charge de pointe aux patients atteints des troubles du sommeil les plus rares comme les plus communs. 

«C’est la synergie entre le centre de recherche et la clinique qui fait notre force. Quand les traitements usuels ne fonctionnent pas sur certains patients, on leur propose parfois d’intégrer l’un des protocoles expérimentaux menés par les chercheurs», assure le docteur Desautels. Un cercle vertueux, qui a fait ses preuves.

Une biobanque génétique nationale

Le CÉAMS héberge également la Biobanque canadienne pour la recherche sur le sommeil, dirigée par Julie Carrier, Ph. D. Plus de 40 000 échantillons biologiques et des données issues de plusieurs projets de recherche y sont stockés.

«L’objectif de la biobanque est de faciliter la recherche sur les marqueurs biologiques et génétiques dans le domaine du sommeil, des rythmes circadiens et des états de conscience ainsi que les troubles neurologiques et psychiatriques connexes», indique-t-elle.

Chaque échantillon est collecté sur des volontaires sains et/ou atteints de différentes pathologies du sommeil. Un objectif majeur est d’isoler les gènes responsables de certaines caractéristiques du sommeil normal et de certaines pathologies du sommeil. L’idée est de permettre l’amélioration des diagnostics et le développement de nouveaux traitements. 

Les conseils d’Alex Desautels pour retrouver le sommeil

Écrans, stress, changement d’heure… Nous avons demandé au directeur du CÉAMS ce qu’il recommande en cas d’insomnies récurrentes. Objectif: retrouver un cycle de sommeil normal et en finir avec la fatigue dès le réveil!

«Il faut mettre en place une routine de sommeil avec un horaire qui reste le même tous les jours. Un adulte d’âge moyen dort entre 7 h 30 et 8 h par nuit. Mais le plus important est de respecter nos besoins; il n’y a pas de problème à dormir 9 h.

Pour identifier la durée de sommeil qui nous convient, il faut comparer nos nuits. Si quelqu’un dort 7 h en semaine, et 10 h le week-end, c’est qu’il y a un déficit de sommeil en semaine», assure le docteur Alex Desautels.

Autres habitudes à prendre: arrêter les écrans au moins une heure avant de dormir; ne jamais faire de sieste de plus de 20 minutes, notamment après 15 h ; ou encore, s’exposer à la lumière naturelle tous les jours.

À la Clinique du sommeil du Centre d’études avancées en médecine du sommeil (CÉAMS), les patients sont observés sur les écrans durant la nuit. (Photo: Loubna Chlaikhy, JDV)

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